Supprimer l'ours pour améliorer le pouvoir d'achat

 

Coup de gueule d'une pyréniaise contre le coût de la politique de sauvegarde de l'ours des Pyrénées.

Courrier à l'attention de Madame la Ministre de l'Économie et des Finances à propos de l'ours des Pyrénées.

 «Madame la ministre, je me permets de vous écrire afin de vous faire part d'un gaspillage inadmissible des deniers publics. En effet chaque années, près de 2 millions d'€uros sont purement et simplement gaspillés pour maintenir artificiellement une population d'ours slovènes dans les Pyrénées.
 
Bien que 76 % des français et 69 % des habitants des départements pyrénéens soit favorable a la présence de l'ours, ne pansez vous pas qu'il serait préférable de mettre fin à cette gabegie, alors quand période de crise, le porte-monnaie des français est déjà suffisamment malmené.

Ne seraient-ils pas mieux utilisés ces 2 millions, pour assurer l’éducation de nos enfants, dont le niveau scolaire c'est bien détériorer par rapport à celui de leur parents ?

Madame MB
Contribuable pyréniaise, en mal de pouvoir d'achat et de reconnaissance.
» (sic)

Réponse de l'Administration du Ministère des Finances

 "Madame MB,

Nous n'avons pas l'habitude de répondre aux lettres anonymes. Cependant, le caractère poignant et le bien-fondé de votre requête, associés à de remarquables perspectives d'économies pour le contribuable, ont retenu l'attention de Madame la Ministre en personne.

Madame la Ministre de l’Économie et des Finances a usé de son influence auprès du Chef de l'Etat et du Premier Ministre, afin d'aboutir sur ce dossier à un résultat probant le plus rapidement possible.

C'est ainsi que j'ai le plaisir de vous annoncer, qu'à partir de 2009, les crédits habituellement budgétisés pour la préservation de l'ours brun seront définitivement supprimés, pour être affectés à un nouveau dispositif baptisé « Prime au Pouvoir d'Achat ». Le montant de cette prime, 2 millions d'euros donc, sera restitué aux 20 millions de contribuables assujettis à l'Impôt sur le Revenu, sous la forme d'un crédit, déduit du montant de l'impôt acquitté annuellement.

En conséquence de quoi, j'ai l'honneur de vous annoncer que chaque foyer fiscal se verra crédité, dès 2009, de la remarquable somme de 10 centimes d'euros brut par an!

Il s'agit d'un montant brut, duquel doivent être retranchés, évidemment, certains frais annexes. Il n'a malheureusement pas été possible de récupérer in extenso les 2 millions d'€uros précités.

La moitié de cette somme bénéficiait en effet directement au pastoralisme pyrénéen. L'état de délabrement de cette filière, consécutif à la médiocrité de sa gestion par ceux qui en ont la charge, n'aurait pas supporté d'être amputé de la somme d'1 million d'€uros annuels.

Par ailleurs, la suppression des 300 000 €uros versés chaque année à divers acteurs locaux, au titre du développement rural, se serait traduite par la disparition de plusieurs dizaines d'emplois, devenus impossibles à préserver sans cet appoint. Disparition particulièrement malvenue en période de crise, notamment dans une région où les créations d'emplois sont rares.

Il n'a pas non plus été possible de récupérer les 600 000 €uros correspondant, pour l'essentiel, au traitement des fonctionnaires en charge du programme «Ours». Ces agents vont être réaffectés à d'autres missions auprès de la DIREN à Toulouse. Leur déménagement en banlieue toulousaine est prévu pour le premier semestre 2009, aux grands regrets des commerces pyrénéens, qui perdent ainsi de la clientèle.

Une fois retranchées ses quelques retenues, j'ai l'honneur de vous annoncer que le montant annuel net de la Prime au Pouvoir d'Achat s'élève à 0,5 centime d'€ net par an et par foyer fiscal !

C'est à dire, le coût de l'indemnisation des prédations imputées à l'ours, bénéfice du doute compris. Soit environ 100 000 €uros par an. Il semble en effet vraisemblable, qu'une fois l'ours exterminé, ses prédations doivent tendre vers zéro. D'où le reliquat budgétaire mentionné ci-dessus.

Compte tenu de la somme ainsi économisée sous l'impulsion de votre initiative, Madame MB, l'administration du Ministère des Finances a décidé de verser la Prime au Pouvoir d'Achat tous les 2 ans. Soit 1 centime d'€ net tous les 2 ans et par foyer fiscal.

Cependant, et afin de ne pas pénaliser davantage le pouvoir d'achat des contribuables actuellement anémique, ce judicieux dispositif, à la fois efficace et novateur, entrera en vigueur dès le versement de l'Impôt sur le Revenu 2009, et sans attendre la disparition effective de l'ours brun. Il sera reconduit ensuite pour 2011, 2013 etc, sous réserve de perpétuation du dispositif par les prochains gouvernements.

Tranche gigot 

Il n'appartient pas à l'administration de décider à la place du contribuable de ce qu'il sera en mesure d'acquérir grâce à l'économie engendrée. Néanmoins, Madame MB, comme vous semblez attachée aux produits de terroir, nous nous permettons de vous suggérer l'utilisation suivante :

  1. A 24,90 € le kilo sous Indication Géographique Protégée, il vous sera possible, en même pas 1 000 ans d'économies sur le budget ours, de vous offrir une savoureuse tranche de 200 grammes de gigot d'agneau (avec os).
  2. Si vous préférez un agneau au goût moins typé, du tout venant d'origine française à 18,90 € le kilo, cette remarquable pièce de viande vous sera accessible en 756 ans d'économies sur le budget ours.
  3. Enfin, si vous cédez, et on peut le comprendre en période de crise, aux sirènes de la tranche de gigot d'agneau néo-zélandais, à 10,90 € le kilo, alors la friandise sera vôtre en encore moins de temps : à peine 436 ans d'économies sur le budget ours !

En espérant avoir répondu à vos attentes, en matière d'économies substantielles et d'augmentation du pouvoir d'achat, veuillez agréer, Madame MB, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Pour Madame la Ministre de l'Economie et des Finances,
Le Directeur de cabinet

Post Scriptum

Le Ministère de l'Environnement n'était initialement pas très favorable au fait de voir la France devenir le premier pays européen, depuis plus d'un siècle, à faire disparaître l'ours brun de son sol.
Néanmoins, le pragmatisme, induit par les prodigieuses économies ainsi réalisées, a eu raison du positionnement souvent trop dogmatique de ce ministère.

Par ailleurs, encouragé par votre initiative, le Ministère de l’Economie et des Finances a décidé de prendre l'attache du Ministère de l'Agriculture, afin d'étudier, à moindre inconvénient, les possibilités de diminuer la charge fiscale constituée par les subventions agricoles (12 milliards d'€uros/an, dont 600 millions d'€uros pour la seule filière ovine).

Ce qui représente tout de même 600 €uros par an pour chacun des 20 millions de foyers fiscaux français. Et pèse, en ces temps de crise, lourdement sur le pouvoir d'achat de nos compatriotes.

Au plaisir, Madame MB, de vous relire."

M.L.
(NDLB : toute ressemblance entre ... bla bla... fortuite. That's all folks)

 

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