Le sanglier devient l’ennemi public n° 1

Dans "Le parisien"

Ils causent des accidents, ravagent des cultures, les sangliers, qui s’aventurent jusqu’en ville, sont la bête noire des assureurs, des agriculteurs et des chasseurs.

Vendredi, en Seine et Marne, un automobiliste de 23 ans est mort après avoir percuté avec sa voiture un sanglier. Au moins 25 000 accidents de la route corporels et matériels ont été causés en 2008 par les animaux sauvages (sangliers, cerfs, chevreuils, renards, blaireaux…) selon le Fonds de garantie automobile (FGA).

La Seine-et-Marne, en raison de ses nombreuses zones boisées et de son réseau routier dense, est restée en 2008 le département le plus concerné suivie de près par le Bas-Rhin, la Moselle, la Gironde et le Haut-Rhin.

Les sangliers sont les plus prolifiques de ces animaux sauvages : leur nombre aurait été multiplié par huit depuis les années 1990 pour une population estimée à un million aujourd’hui. Des bêtes qui hésitent de moins en moins à se nourrir directement dans les champs pour un montant de 20 millions d’euros annuels remboursés aux agriculteurs par les chasseurs.

En 2007, neuf personnes sont mortes et 216 ont été blessées lors de collisions avec des animaux sauvages. «Une statistique sous-évaluée selon Bison Futé car elle ne prend pas en compte les manœuvres d’évitement qui se terminent contre un arbre, dans un fossé ou un autre véhicule.» Les dégâts matériels ne sont pas négligeables non plus. Dans 45% des chocs, le véhicule est irréparable. Ce qui oblige les Directions départementales de l’équipement et les sociétés d’autoroute, notamment, à agir. Les Autoroutes du Sud de la France ont ainsi créé 101 passages pour le grand gibier sur ses 2 606 km de réseau. Et 5 238 km de clôtures ceinturent les chaussées.

L’explosion du nombre de ces suidés s’explique par la tempête de 1999 qui a rendu plus difficile l’accès à certaines zones et permis aux bêtes de se multiplier en toute tranquillité. Les derniers hivers, très doux, à l’origine d’une diminution de la mortalité des marcassins, les lâchers massifs effectués dans les années 1990, le croisement avec des cochons, voire la volonté de certains de favoriser ce gibier très prisé, n’ont rien arrangé.

Les fédérations départementales de chasse encouragent pourtant leurs adhérents à prélever plus pour… réguler plus, en particulier dans les 10 % des communes qui concentrent 75 % des dégâts.

En France, 522 174 sangliers ont été abattus pendant la saison 2007-2008 (soit 55 000 spécimens de plus qu’en 2006-2007). Trois départements se distinguent : le Gard (20 994 sangliers prélevés), l’Ardèche (19 313) et la Haute-Corse (1 900). Pas de quoi rassurer les associations de protection de la nature comme la Frapna Ardèche qui déplore «l’absence de plan national».

Source : Le Parisien

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