Sécurité routière : 25000 accidents avec des animaux en 2008

Sangliers, cerfs, chevreuils, renards… rares sont les automobilistes qui n’ont pas croisé au moins une fois sur leur route ces animaux "sauvages". Et si ce n’est pas déjà fait, le risque que cela arrive est de plus en plus sérieux. Au moins 25.000 accidents de la route ont été causés l’an dernier par ces rencontres fortuites. Un chiffre qui a plus que doublé par rapport à 2007.

Le Fonds de garantie automobile (FGA), qui depuis 2003 indemnise les victimes d’accidents de la circulation provoqués par les animaux sauvages, a enregistré l’an dernier au moins 25.888 accidents, dont 664 corporels et 24.924 matériels, causés par ces animaux.

Un chiffre en forte augmentation puisqu’il n’était que de 11.223 accidents l’année précédente. Des accidents qui peuvent être dramatiques. En 2007, les collisions avec du gibier ont fait 9 morts et 216 blessés, indique Bison Futé.

Dans la très grande majorité des cas, c’est le gros gibier qui est en cause. A l’origine d’un peu plus de 9.000 des 11.223 accidents de 2007, il a représenté l’an dernier 20.655 dossiers d’accidents. L’animal le plus accidentogène est le chevreuil, devant le sanglier et le cerf. Très loin derrière, on trouve les renards ou les blaireaux.

Chevreuils, sangliers, et cerfs prolifèrent

Les populations de grand gibier (cervidés, sangliers) "continuent à suivre une courbe ascendante" sur le territoire, indique l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). On estime aujourd’hui à 1 million le nombre de sangliers sur le territoire français, contre 250.000 il y a dix ans. La population des chevreuils atteint quant à elle près de deux millions de têtes, en forte progression également. Quant aux cerfs et aux biches, ils sont passés de 40.000 en 1985 à 170.000 en 2008.

Une prolifération due notamment, selon l’ONCFS, à des conditions climatiques plus douces et à la tempête de 1999 qui a couché des pans entiers de forêts qui ont servi de "réserves" au gibier. Un gibier qui pourrait bien se multiplier encore après le passage de la tempête Klaus en 2009.

Trois conseils pour éviter la collision

Même s’il est impossible d’éviter tout risque de collision, surtout face à un animal le plus souvent effrayé et donc incontrôlable, certains comportements peuvent permettre d’en éviter beaucoup. Le premier conseil est de tenir compte des panneaux signalétiques "Animaux sauvages" indiquant les zones à risque, y compris sur l’autoroute, rappelle Bison Futé.

Il est aussi fortement recommandé de redoubler de vigilance, de surveiller les bas-côtés et de ralentir lors de la traversée de massifs forestiers, notamment à la tombée de la nuit et au lever du jour. Et ce, même en l’absence de signalisation.

Enfin et surtout, respecter les limitations de vitesse. En cas de freinage d’urgence, cela peut éviter la collision.

Source : Cécile Mimaut, avec agences France-Info

Cette info de l'AFP a permis à Vincent Pialat de titrer dans la Dépêche du Midi : "Les animaux sauvages, un danger sur la route". Ah, les bestes sauvages n'en finissent pas de nous nuire! La route n'est-elle pas aussi un danger pour les animaux sauvages? Une question de point de vue en quelque sorte. Que pensez aussi de l'utilité des fermes d'élevage de sangliers en France. Si c'est à des fins gastronomiques, passe encore, mais quand elles servent à des lâchers pour la chasse...

Les chasseurs ne parviennent pas à contenir la progression des sangliers et des cervidés. (Télécharger  "Cochons et sangliers en France et dans le Var" ). On pourrait leur donner un coup de main en réintroduisant ou en facilitant le retour des prédateurs :

  • la forêt serait moins surpeuplées,
  • les agriculteurs auraient moins de dégâts à rembourser
  • les chasseurs pourraient gérer les surpopulations et bien plus tard "réguler" les prédateurs
  • les assurances, les automobilistes seraient gagnant financièrement
  • les prédateurs auraient une nourriture abondante
  • les troupeaux seraient moins attaqués

et pourtant, personne n'y pense, curieux non; les chasseurs n'aimeraient-ils pas la concurrence?

Lire l'article de l'ONCFS sur les responsabilités du gestionnaire du territoire (du fait de l'action de chasse, surdensité des populations, gardien de l'animal, sur une autoroute ou une route ordinaire, en cas de lâcher...)

 

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