Le Grenelle de la mer

Par Yves Paccalet

Le Grenelle de la mer a commencé sans moi ; et finira probablement de même.

Le ministère de l’Ecologie (MEDAD) a jugé que ma participation n’était pas indispensable. Certains lui avaient fait observer que j’étais, depuis des années, l’un de ceux qui connaissaient le mieux le milieu. Que j’avais été, pendant plus de quinze ans, le “bras droit du commandant Cousteau”. Que j’avais écrit des centaines d’articles et des dizaines de livres sur le sujet (plus de vingt bouquins et deux encyclopédies comme co-auteur avec Cousteau, et bien d’autres ensuite :  Secrets de corail, Lions de mer, Baleines, Méditerranée : le miracle de la mer, La Mer et la vie, Voyage au pays des mers, La Vie secrète des requins, La Vie secrète des dauphins, Mystères et légendes de la mer, etc).

Mais, comme disent les bureaucrates du MEDAD, mon nom "n’est pas remonté..." En fait, comme me l’ont suggéré quelques bons connaisseurs de la cuisine gouvernementale, il a été éjecté. Ce qui ne plaisait pas, c’était mon état d’esprit, mes prises de position radicales contre la surexploitation des richesses marines (la pêche industrielle, mais pas seulement), mes indignations contre le saccage des côtes et les pollutions de toutes origines (notamment industrielles et agricoles), mes vitupérations contre l’irresponsabilité historique des autorités françaises dans cette matière.

Dommage. J’étais sans illusions, mais non sans bonne volonté (comme je l’avais montré au Grenelle de l’environnement). Le Grenelle de la mer n’a pas besoin du "principal collaborateur du commandant Cousteau". On verra ce qu’il en sortira. Je continuerai, quant à moi, d’écrire mes articles et mes livres, obstiné comme l’arapède sur son rocher battu par les vagues.

Yves Paccalet
20 avril 2009.

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