L'encéphalite à tiques, l'ours et Super Berger

L'encéphalite à tiques va être le nouveau lapin que les ultra-pastoraux vont sortir de leur chapeau pour combattre l'ours des Pyrénées. je vous l'annonçais dans "Louis Dollo missionnaire chez les chasseurs".

Encéphalite à tiques :Kesako ? Un peu de culture que diable, aujourd'hui la buvette étudie des petites bêtes, les tiques, pour désamorçer la nouvelle bombe de Bruno Besche-Commenge, en réalité un pétard mouillé.

l'Encéphalite à tiques ou la Méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE)

Extrait du site de l'Office fédéral de la santé publique

Agent infectieux et transmission

L'encéphalite à tiques (encéphalite = inflammation du cerveau) ou méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) est une maladie infectieuse provoquée par le virus de la MEVE et transmise par la morsure d'une tique infectée.

Tableau clinique

Dans la première phase de la maladie, soit 7 à 14 jours après la piqûre d'une tique infectée, des symptômes d'allure grippale apparaissent chez certaines personnes. La plupart des personnes cependant ne présentent aucun signe de maladie. Après une période asymptomatique, une atteinte du système nerveux central se manifeste chez 5 à 15 % des malades par des symptômes tels que maux de tête, sensibilité excessive à la lumière, vertiges ainsi que troubles de la concentration et de la marche. Ceux-ci peuvent persister des semaines, voire des mois. Des paralysies des bras, des jambes ou des nerfs du visage peuvent survenir chez une partie de patients et entraîner une invalidité durable. La maladie est mortelle dans environ 1 % des cas. Il n'existe aucun traitement spécifique de la MEVE, seuls les symptômes peuvent être traités.

Répartition géographique et fréquence

encéphalite à tiques La méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) est largement répandue en Russie et en Extrême-Orient. Elle est en progression en Europe. La fréquence de l'infection a nettement augmenté en Suisse ces dernières années, passant d'environ 100 cas par an (durant la période 2000-2004) à 200, voire 250 cas en 2005 et 2006. Les tiques qui hébergent le virus de l'encéphalite à tiques ne se trouvent que dans des foyers naturels (zones d'endémie). En Suisse, presque tous les cantons du Plateau sont concernés. Dans ces zones, env. 1 % (0,5 à 3 %) des tiques sont porteuses du virus. A ce jour, on ne connaît pas de régions comptant des tiques infectées par la MEVE au-dessus de 1000 mètres d'altitude.

Prévention

Il existe un vaccin sûr et très efficace pour se protéger de l'encéphalite à tiques. Celui-ci est recommandé pour toutes les personnes, généralement dès l'âge de 6 ans, qui habitent ou séjournent temporairement dans des régions comportant des foyers naturels (zones d'endémie, voir aussi publications correspondantes).  Il faut, en outre, respecter les mesures générales de protection contre les tiques : porter des vêtements couvrant la peau et fermant bien et éviter les sous-bois. Les produits répulsifs pour la peau et les insecticides pour les vêtements sont utiles. Après être allé en forêt, il faut examiner la totalité du corps à la recherche d'éventuelles tiques et, le cas échant, retirer celles-ci le plus rapidement possible avec une pincette. Désinfecter ensuite l'endroit de la piqûre.

Source : Confédération helvétique, Office fédéral de la santé publique.

La Suisse serait donc un pays dangereux, les 0,5 à 3% de tiques du valais porteuses du virus vont-elles traverser la frontière, accrochées aux poils de mollet des randonneurs et des investisseurs de retour en France ? Le suspens est terrible. La montagne tremble sur sa base (puisqu’au dessus de 1000 mètres, on ne connaît pas de régions comptant des tiques infectées, parait-il).

Une faute par imprudence et omission volontaire ?

Et bien, non, le danger de l'encéphalite à tiques ne viendrait pas des Alpes, mais des Pyrénées. Louis Dollo en avait déjà parlé sur son site pyréniais et sur le forum "ours" de sangliers.net : Les ours sont-ils porteurs de maladies ? On y apprend qu'un dossier va bientôt sortir. J'imagine que Bruno Besche-Commenge, leur scientifique bien connu, le militant ultrapastoral qui parle aux oreilles des brebis, ex-enseignant pensionné y travaille. Pour que dire ?

Le gouvernement français aurait fauté par imprudence et par omission. On nous aurait encore menti ! C'est une manie. La santé publique serait en danger, rien de moins. Qu’elle serait la cause de cette nouvelle grave menace ? Quelques hypothèses s'imposent au vu de l'actualité :

  • La fièvre catarrhale ovine (FCO) qui ravage et continue de ravager les troupeaux des pyrénées ? Non, ce n'est pas la FCO qui menace la France.
  • La «tremblante du mouton», une maladie mortelle qui se caractérise par l'apparition de troubles du comportement liés à une atteinte du système nerveux central. Les prions infectieux font partie des «agents transmissibles non conventionnels (ATNC)» et sont dits «prions pathogènes». La «tremblante du mouton» fait partie du groupe des encéphalopathies spongieuses transmissibles qui atteignent les moutons, les chèvres, les chats, les bovins (la vache folle) et autres cervidés ? Non, la tremblante du mouton n'y est pour rien.
  • La kérato-conjonctivite, maladie transmise par les moutons qui ravage la faune sauvage pyrénéenne et qui rend les animaux aveugles. Non plus.

Le danger viendrait des ours slovènes infestés de tiques!

Le danger de l'encéphalite à tiques viendrait des ourses Palouma et Hvala en particulier. Les analyses de sang effectuées lors de la capture de ces deux des ourses importées de Slovénie montreraient la présence d’anti-corps de l’encéphalite à tiques. La dépouille de l’ourse Palouma repose dans un congélateur. Pour elle, il ne reste plus qu’à envoyer un scientifique en combinaison anti NBC (nucléaire, bactériologique et Chimique) récolter les tiques congelées pour les analyser.

L'ourse Hvala quant à elle est dans la nature au grand dam des éleveurs qui la prennent en grippe. La grippe ? Ach grosse malher! Les premiers symptômes de la MEVE sont justement une «grippe estivale»...

Certains éleveurs qui ont participé aux traques d'ourse auraient donc été sucés par de sauvages tiques slovènes avides du sang des montagnards (de pure souche pyrénéenne). Moi qui croyais qu’on faisait lâcher prise aux tiques en les imbibant avec de l’alcool, il semble que ce ne soit pas suffisant!

Après, se déclarent «des troubles de l’équilibre, de la conscience, l’altération des capacités intellectuelles.» Je vois ce que vous allez dire... Certains ultrapastoraux sont déjà gravement touchés. Tûtut ! Pure conjecture ! Les analyses scientifiques n’ont pas encore été effectuées, les spécialistes cherchent des volontaires.

Comme pour les virus d'Ebola ou du VIH, il n’existerai aucun traitement spécifique!L'Office fédéral (suisse) de la santé publique précise cependant : «Il existe un vaccin sûr et très efficace pour se protéger de la maladie.» Ouf, il existe une parade. Il suffirait donc d'une simple visite de médecin pour mettre à l’abri l’ensemble des coureurs de bois et d'estives pyrénéens. On pourrait profiter du passage des spécialistes qui vaccinent le bétail contre la FCO.

Je ne suis pas spécialiste de ces petites bestioles, mais après avoir crapahuté pendant 10 jours au cul des ours bruns en marchant et en rampant dans les forêts slovènes de jour comme de nuit, et après une vérification «par précaution», pas la moindre petite hausse de ma température corporelle. J’aurai donc échappé à une mort atroce. Imaginez à la une de la Dépêche-du-Midi : «Le webmaster belge cohabitationiste touché par la tremblante de la tique de l'ours» ! Mes limbes en cervelle éponge de tarasconnaise, mon Dieu, quelle horeur!

Il est probable que les tiques slovènes ne soient pas différentes des tiques suisses. Encore faudrait-il que les 0,5 à 3% des tiques porteuses du virus présentes dans le pelage de Hvala aient résisté au traitement effectué avec un insecticide à effet rémanent lors de sa capture. Ce traitement préventif est décrit en détail à la page 104 des annexes du plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009. 

Toutes ces actions préventives seraient-elles balayées d'un trait par le professeur tournesol pyrénéen trop occupé à chercher une nouvelle bombe pour ouvrir les yeux?

Extrait : "Actions préventives : chaque ours capturé fera l’objet des mesures récapitulées dans le paragraphe “Cestodes et trématodes”: injection d’avermectines + pulvérisation insecticide. Une prophylaxie médicale anti-infectieuse doit aussi être appliquée à l'ours, suite aux nombreuses manipulations parfois délabrantes infligées aux animaux capturés (extraction d'une prémolaire vestigiale, pose probable d'un émetteur intra-abdominal...). On pourra opter pour une suspension injectable de Benzathine-Benzylpénicilline (Pénicilline G retard ) ou d’Ampicilline (Clamoxyl retard ND.)"

Ouf ! En imaginant que ce traitement de choc soit efficace à 85% et que Hvala était porteuse de 3 tiques, cela donne moins d'une demi-tique rescapée ou 2 millièmes de tique porteuse du virus. Vu le poids de la tique, le danger pyrénéen ne pèse pas bien lourd face au danger alpin : «En Suisse, presque tous les cantons du Plateau sont concernés».  Il faudrait mieux mettre les suisses et les alsaciens en quarantaine, mais la Suisse et l'Alsace sont loin de Tarbes, surtout quand on cherche des pouls aux ours réintroduits.

Pour les ultra-pastoraux, le danger vient des ours !Je souhaite bien de la persévérance aux avocats de l’ASPAP et une montagne de dons supplémentaires offerts par un Président de Conseil Général pour financer cette action en justice contre l’imprudence des importateurs d’ours et de l'Etat. Faut dire que c’est une belle bande de petits rigolos qui se sont occupés de l'état sanitaire des ours importés et de la gestion des risques :

  • le Dr Alain Arquillière (chargé de l’aspect sanitaire de la réintroduction d’ours slovènes en 1996-1997, membre-expert de l’UICN),
  • le Dr Nicolas Delamarche qui a suivi les opérations de capture, puis autopsié l’ours Papillon en 2004 dans le Béarn,
  • les Drs Jacques Barrat, François Moutou et Bruno Garin-Bastuji de l’AFSSA,
  • le Pr Djuro Huberde la faculté vétérinaire de Zagreb,
  • Le Pr Peter Hostnick de la faculté vétérinaire de Ljublana,
  • Le Pr Hervé Zeller du CNR Arboviroses de l’Institut Pasteur.

...que de petites pointures. Ok, laissons à BBC le soin de soigner son dossier, c’est un spécialiste des tiques reconnu mondialement.

La faute en reviendrait au gouvernement

On leur aurait caché le risque ! C’est le retour (le nième retour) de la théorie du grand complot. Il n'y a pas de fumée sans feu. Dépression paranoïaque ou paranoiä dépressive ?

Le «protocole sanitaire relatif à la translocation d’ours bruns dans les Pyrénées» date de mars 2005 et a été complété en janvier 2006. Avant les captures ! Il comprend "l’analyse du risque sanitaire", "l’inventaire des pathologies à risque pour l’ours, l’homme et les autres espèces animales", et une analyse complète de différentes maladies. En voici quelques extraits :

l’encéphalite à tiques (pages 94-95) : «Les encéphalites à tiques représentent un danger pour l’homme en Slovénie et il faudra en tenir compte en terme de prévention des morsures de tiques pour les agents appelés à séjourner de manière prolongée dans le pays pour les opérations de captures (période à risque : printemps, été, automne). L’ours est potentiellement exposé à cette infection dans ce pays, si bien que le risque d’introduction d’un ours infectieux n’est pas nul. Mais la virémie étant très courte, le risque d’émergence de cette infection dans les Pyrénées est négligeable. Les individus capturés devront par contre être traités contre les tiques

la Maladie de Lyme (page 97) : «La maladie de Lyme est présente en Slovénie, en Croatie et en France. L’introduction d’ours en France est à priori un facteur de risque négligeable vis-à-vis de cette infection. Par mesure de précaution maximale, les individus capturés devront par contre être traités contre les tiques

Gestion du risque : Encéphalites à tique et autres arboviroses (page 101) :«Le risque d’introduire un ours virémique en France est quasi-nul. Comme le suggérait déjà le Dr Arquillière, si on pratique un traitement antiparasitaire avec une certaine rémanence, ce risque devient vraiment négligeable. Le traitement adapté est a priori, comme lors de la première réintroduction, une injection d’avermectines. Plusieurs spécialités sont disponibles dans le commerce.

La Moxidectine semble être la molécule possédant la rémanence la plus longue pour lutter contre les tiques (Arquillière, 1995a): Cydectine  injectable (Fort Dodge). Pour augmenter les chances de débarrasser l’animal de ses parasites externes, il pourra être pulvérisé aux endroits «stratégiques» (Cou, aisselles, plis de l’aine…) une solution insecticide à base de Deltaméthrine : Butox  (Intervet) ou Versatrine  (Shering  Plough). Il faut noter que les tiques représentent en fait un véritable réservoir d’agents pathogènes viraux, bactériens et rickettsiens et que ce déparasitage administré par voie générale préviendra également l’introduction de tiques porteuses de Borrelia, de Coxiellaou de rickettsies, même si comme nous l’avons vu, l’importation de ces germes comporte peu de risques car certains sont déjà présents de manière endémique sur le territoire français

Malgré qu’avec ce mode d'emploi, vous et moi sommes armés s’il nous vient l’idée farfelue de capturer un ours slovène pour le ramener dans notre jardin, pour les mono-maniaques de l'extermination des ours, l’information et la transparence ne sont pas suffisantes. Ce ne seraient que des mensonges pour cacher les risques : "Les responsables du plan ours connaissaient la situation en Slovénie, ils ont volontairement caché le risque et les analyses ne permettaient pas de savoir si les ours étaient ou non porteurs du virus lorsqu’on les a transférés dans les Pyrénées. (…) On a volontairement supprimé les arbovirus, l’encéphalite à tiques dans les documents soumis à concertation, on a volontairement caché les risques !»

Que vont faire les ultra-pastoraux de ce dossier brulant, de cette "enième bombe" ?

Pour eux, les analyses scientifiques ne permettraient pas d'avoir une certitude du non risque sanitaire à 100%. Les éleveurs, forestiers, pêcheurs, chasseurs, cueilleurs de myrtilles ou de champignons seraient en danger grave et mortel ! Vont-ils utiliser l'arme de la panique sanitaire ? Vont-ils à nouveau essayer de terroriser l'opinion publique, faire croire que les premières victimes des tiques arrivent (après la fièvre aviaire transmise par les ours, les ours qui descendent dans les villages, les loups mangeurs d'enfants...) La peur du sauvage est inépuisable chez eux ! Vont-ils attendre qu’une personne soit atteinte de la maladie et meure dans d'atroces souffrances ? C’est possible partout où un ours est passé, partout où il y a des tiques (autant dire dans toutes les Pyrénées, que dis-je, dans toute la France vu qu'une femelle tique infectée transmet le virus à ses œufs. Elles vont pulluler, comme les loups, inombrables ! Non répond en coeur la foule d'éleveurs apeurés, impossible d'attendre cette apocalypse pyrénéenne sans dénoncer...

Alors, ils vont demander des explications et une analyse de la situation "par des experts indépendants" désignés par la FDSEA et l'ASPAP sans doute. Après ils chercheront "la moins mauvaise solution" pour sauver la France de ce fléau terrifiant. "Super Berger" au secours de la France, les français sont ses brebis. Il faudra demander que les responsabilités soient recherchées, et sanctionnées avec force, avec justice. Une main de fer dans un gant de laine ! Il ne leur sera pas difficile de suggérer la «moins mauvaise solution» : la régulation de ces salles bêtes ! Les ours, pas les tiques ! Suivez, bon sang.

Après l’espionnage de WWF par EDF, voilà une autre Affaire avec un grand A, révélée par la mouvance ultrapastorale toujours là pour sauver le patrimoine pyrénéen. Que ferions nous sans eux ? 2 millièmes de tique, un petit morceau de tique, un poil de patte de tique (je reste poli) menacent la France par le sud en dessous de 1000 mètres d'altitude. Tous aux abris ! Et que dire de la Suisse et des travailleurs transfrontaliers ? Que fait le gouvernement ?

Merci Super Berger ! Vous avez vraiment cherché la petite bête. Avec tout ce qui se passe dans les Pyrénées, nous aurions pu passer à côté de la menace : 

Je me demande si la haine des prédateurs ne vous aveugle pas un peu mais vous n’êtes pas le seul.

Ce "dossier" de l'Encéphalite à tiques représente un bel effort. Je ne suis pas sûr qu’il soit reconnu à sa juste valeur par le peuple français, ni reconnu scientifiquement. Le monde est injuste et le peuple ingrat. De toute façon, dites vous bien, Super berger, que si l’affaire est classée sans suite, vous pourrez toujours dire que le grand complot continue. Quel feuilleton ! Vivement la suite des révélations de Louis Dollo, l'avant garde de Super Berger.

Commentaires