Ourse Cannelle : René Marquèze condamné à 11.000 euros d'amendes en appel

René Marquèze, le chasseur qui a tué en 2004 l'ourse Cannelle, la dernière ourse de source pyrénéenne, a été condamné jeudi en appel à payer près de 11.000 euros d'amendes à plusieurs associations écologistes, a-t-on appris de sources judiciaires.Le chasseur avait été relaxé en première instance par le tribunal correctionnel de Pau, en avril 2008, pour "destruction d'espèce protégée".

Mais la cour d'appel de Pau a examiné en mai dernier les demandes de dommages et intérêts des parties civiles et condamné le chasseur à un total de quelque 11.000 euros à sept des huit parties civiles, selon son arrêt rendu jeudi en délibéré.

La défense de René Marquèze, qui avait soutenu que "l'intéressé avait agi en état de nécessité", n'a "pas exclu un pourvoi en cassation".

"Il est difficile pour un profane de comprendre qu'on puisse être complètement innocenté sur le plan pénal et qu'on puisse, pour d'autres motifs, être déclaré responsable de la mort de l'ourse", a déclaré à l'AFP Me Jean-Pierre Casadebaig, avocat du chasseur.

Me François Ruffié, avocat de trois associations de protection de l'environnement, a affiché sa "grande satisfaction", lisant dans cette décision "un appel à la responsabilité individuelle" des chasseurs qui doivent "apprendre à s'autoréguler".

"Rien ne remplacera l'ourse qui a disparu", a-t-il dit à l'AFP, mais "le délit de destruction d'espèce protégée est constitué".

M. Marquèze n'écopera "d'aucune sanction mais il a commis un délit, pour nous, c'est essentiel", a-t-il dit.

"Il faut que les chasseurs évoluent dans leur comportement, collectivement mais surtout individuellement", a ajouté l'avocat, estimant l'arrêt de la cour d'appel "porteur d'avenir pour préserver la chasse elle-même mais aussi pour les autres espèces qui restent", comme le loup et le lynx.

La mort de l'animal, en novembre 2004, avait provoqué une vague d'indignation en France, incitant le gouvernement à mettre en place un plan de "renforcement de la population d'ours bruns" dans les Pyrénées avec l'introduction de plantigrades slovènes. Ce plan avait été vivement contesté par les éleveurs de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées.

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