Vautour fauve et pastoralisme : une cohabitation difficile

Laurence Cabrol publie un très bon article et reportage sur la cohabitation difficile entre les vautours fauve et le pastoralisme sur le site d'AriègeNews. Il explique bien la situation actuelle et permet de mieux se rendre compte des exagérations de certains responsables de l’IPHB ou communicateurs pastoraux.

Le berger est mesuré dans ses propos. Julien Vergne, chargé de mission au conservatoire naturel des espèces naturelles de l'Ariège (ANA) explique bien l'origine et le type de pression exercée par les vautours sur les bêtes d'élevage ainsi que le temps qui sera nécessaire pour que la réouverture des "placettes" ait des conséquences positives sur le comportement des vautours qui se sont adaptés.

Pourquoi ne pas, comme dans la Drôme, organiser le dépôt des carcasses sur un emplacement déterminé, toujours le même, pour ne pas "polluer" différentes zones de l'estive ? Je mets polluer entre guillemets par ce que la décomposition lente d'un cadavre est bien plus polluante pour le sol, les ruisseaux ou la nappe phréatique que l’effet rapide du passage des nécrophages emplumés.

L'organisation de « placettes de dépôt » est une solution :

  • économique (faible coût),
  • propre (limitation de la surface puante où les bêtes refusent de pacager),
  • sure (sans danger pour le bétail, il suffit de choisir l'emplacement)
  • qui favorisera la diminution de pression comportementale sur les bêtes en difficultés ou en situation de fragilité.

Disposer les carcasses sur une placette fixe est un choix judicieux préférable à l'abandon de la bête sur l'estive, dans les bois,une grotte, que de l'enterrer et bien moins couteux que de se déplacer pour porter la bête au centre d'équarrissage souvent éloigné.

Une fois de plus, c'est une décision humaine (la fermeture des « muladares » en Espagne) qui a modifié l'e fragile équilibre existant. Le vautour, afin de ne pas mourir de faim, n'a fait que s'adapter à un décision humaine irréfléchie. Cette décision faisant elle même suite à la maladie de la vache folle, une autre conséquence d’erreurs humaines, on ne nourrit pas des herbivores avec de la viande !

Un bel exemple de déni de responsabilité humaine où la faute est mise à tort sur le dos de l'animal sauvage qui joue une fois de plus le rôle de bouc émissaire. Difficile pour l'homme de reconnaître ses torts, son manque de bon sans, sa peur de la nature et de changer de comportement en respectant la nature et ses délicats équilibres.

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