Chantal Jouanno : le GIEC de la biodiversité

Chantal Jouanno annoncé que le GIEC de la biodiversité devrait voir le jour en 2010.

La création d'un mécanisme international d'expertise sur la biodiversité, à l'image de ce qui existe pour le climat avec le Giec, devrait être effective en 2010, a estimé jeudi la secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouanno.

"Je suis très confiante sur la possibilité de créer l'Ipbes (Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) en 2010", a déclaré Mme Chantal Jouanno.

"Le coup est parti, les oppositions maintenant sont très ténues, ce ne sont que des petites questions de forme", a-t-elle estimé, en marge d'une conférence sur le sujet à Paris.

"Il n'y a plus d'opposition de fond dès lors que l'on a bien expliqué qu'il s'agissait d'une plate-forme de scientifiques qui était d'abord à la disposition des pays du Sud, que ce n'était pas un instrument de pays du nord pour regarder à la loupe ce qui se passait chez eux", a-t-elle ajouté.

L'idée d'un "Giec de la biodiversité" avait été approuvée en mai 2008 lors d'une réunion des Nations unies, mais de nombreux blocages sont apparus depuis, certains pays du Sud craignant une ingérence des pays du nord dans la gestion de leur patrimoine naturel.

Les négociations internationales sur le climat s'appuyent sur le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui a obtenu le Prix Nobel de la paix en 2007 avec l'ancien vice-président Al Gore.

Mais il n'existe à ce jour aucun mécanisme similaire pour dégager un consensus sur l'érosion de la biodiversité, "tissu vivant de la planète" et enjeu crucial sur des problématiques telles que l'alimentation, la santé ou encore l'approvisionnement en eau potable.

Pour nombre d'experts, c'est l'une des raisons pour lesquelles la perte de la biodiversité peine à susciter une mobilisation similaire à celle qui entoure la question du réchauffement climatique.

"Le problème central est qu'on a pas encore clairement expliqué à la société quel était l'impact pour elle de la disparition de la biodiversité - son impact économique, son impact sur l'alimentation - donc il y a une moindre mobilisation autour de cette question", estime Mme Jouanno.

Source : AFP

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