La filière ovine en Ariège

Marc Laffond m’a fait parvenir un lien vers un document trouvé sur le site de la chambre d’Agriculture ariégeoise qui parle (peu) de «La filière ovine en Ariège». Il a été rédigé par Nadège Bellot en mai 2009.

"L'élevage ovin en Ariège, c'est : 

  • l'utilisation de races locales : Tarasconnaise, Castillonnaise, Montagne Noire
  • Environ 750 éleveurs en 1991, 538 en 2008. Mais 78 785 brebis en 1991, et 75557 brebis en 2008 (des troupeaux de plus grande taille par élevage).
  • Situation géographique des élevages : 31% sont situés dans la zone pyrénéenne, 34% en zone sous pyrénéenne, 26 % en coteaux, 9% en plaine. 
  • Age des éleveurs :
    3% entre 20 et 29 ans,
    12% entre 30 et 39 ans,
    31% entre 40 et 49 ans,
    31% entre 50 et 59 ans,
    23 % de plus de 60 ans.
  • 52% du cheptel transhume
  • 62% des éleveurs produisent des agneaux Label Rouge sélection des bergers".

Plus de 4 pages de document, mais seulement 9 lignes, les premières, sur l'Ariège. Et bien sûr, un petit passage, extrait du célèbre rapport des sénateurs Bailly et Fortassin, (un peu du même tonneau que le rapport sur le loup à l’Assemblée nationale), sur les "attaques délétères des prédateurs. Insuffisamment indemnisées, elles écœurent les éleveurs". D'où la nécessité de les réguler. Les prédateurs, pas les éleveurs.

Notons aussi qu'ils ont osé nommé leur Label Rouge "sélection des bergers", alors que le mot de berger n'apparaît même pas une seule fois dans les 4 pages de leur document, si ce n'est dans le nom du label. Louons cependant leur cohérence : s'il n'est pas question de bergers dans leur présentation, c'est pour masquer le fait qu'il n'est pas question de bergers non plus...dans les estives. "sélection des bergers", pas bien original, c'est le "vin du patron" en quelques sortes, une "cuvée tradition", le tout venant.

Ce qui est rigolo aussi, c'est que ça illustre caricaturalement ce que Marc LAFFONT a écrit hier dans "L'iceberg du concept de biodiversité à visage humain, variation sur le syndrome du Titanic?" sur la satisfaction de voir le nombre de brebis se maintenir, même si le nombre d'exploitations baisse franchement.

Extrait : "Environ 750 éleveurs en 1991, 538 en 2008, mais 78.785 brebis en 1991, et 75.557 brebis en 2008."

Une diminution de presque 30 % du nombre d'exploitations en moins en 17 ans, pour une diminution de seulement 4 % du cheptel ovin ! Les exploitations «traditionnelles» ont furieusement tendance à s'agrandir (+34%) ! CQFD.

En plus, avec 15 % d'exploitants de moins de 40 ans, et 54 % de plus de 50, l'avenir leur appartient. Cela dit, c'est légèrement mieux qu'au niveau national. Ne manquez pas de lire la longue liste des problèmes de la filière. On n'en parle jamais. Juste de l'ours.

Marc Laffont et Baudouin de Menten

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