ASPP65 : déguisement et leçons d'écologie

ASPP65: déguisement, leçons d'écologie et greenwashing Serge Moscovici : "Tout le monde s'est mis à suivre des cours accélérés d'écologie et a convoqué les couturiers publicitaires pour se déguiser en  chaperon vert. On a fourbi les vélos! Planté des arbres, peinturluré  en vert le vocabulaire et les affiches. (…)

De la droite à la gauche, les gens ont d'abord été verts de rage, puis ont prêté le serment vert: “Nous sommes tous des écologistes, nous l'avons toujours été”. (…)

Mais soyons-leur reconnaissants: ils ont fait un admirable travail de diffusion de nos idées et de nos symboles, un travail de professionnel, bien plus efficace que nos discours et nos brochures. Les divers virages auxquels nous assistons sont un hommage involontaire à nos thèses. Malheureusement, ils ont une fâcheuse tendance à nous faire la leçon (…) en nous reprochant un dangereux passéisme, une incurable innocence politique: on fait main basse sur nos idées, après quoi on joue au mentor philosophique et politique. La chose s'est déjà produite avec un certain nombre de mouvements, dont le mouvement étudiant et le mouvement féministe. (…) On n'a pas changé la société mais on a libéré des énergies pour changer de société."

Louis Dollo et son récit de la passionnante saga de Marie-Lise Broueilh au CA du Parc National

En reprenant cet extrait qui traite du greenwashing dans le livre de Serge Moscovici, (lire : Serge Moscovici : De la nature pour penser l'écologie),  je ne peux m’empêcher de faire le lien avec la prose "verte" de Marie-Lise Broueilh, la jument de Troie, présidente de l’ASPP65 qui désirait se faire passer pour “une véritable écologiste” à la tête d’une “association environnementale”.

On a vu avec son éviction du CA du Parc National des Pyrénées que la tentative de l’association de parachuter ses troupes derrière les lignes environnementales a été un échec: «Je suis quelqu'un d'indésirable car je représente une autre force de proposition de développement durable. (...)  Les associations de défense de l'environnement n'ont pas  pris la mesure de ce qu'était le développement durable : l'environnement, l'économie, le social et le culturel. Ils ne voient l'écologie que par le prisme de l'ours, de l'ensauvagement des territoires».

La syndicaliste agricole militante et corporatiste se transforme en écologiste visionnaire, humaniste et généreuse. Greenwashing on disait. Un lecteur de Tarbes-Infos, sous le pseudonyme symptomatique de "bérêt 65" de ne s'y est pas trompé, mais son humour corrosif n'a pas plu, il a été censuré et son commentaire a disparu sous l'article de Tarbes-Infos. Heureusement j'en avais fait une copie pour l'utiliser plus tard que voici. Marie-Lise Broueilh a raison de se plaindre. Elle a perdu sa proie pour l'ombre.

"Bérêt 65" à Marie-Lise Broueilh

"Je vous soutient totalement! C’est quand même ubuesque ce qui se passe : voilà une dame qui souhaite siéger au collège «environnement»et qu’on voulait imposer au collège «agriculture».Elle a eu raison de refuser ce poste que voulaient lui imposer les zécolos : elle ne va quand même pas s’occuper d’un sujet qu’elle ne maîtrise pas du tout, preuves chiffrées à l’appui!

Car si cette dame avait eu une quelconque compétence dans le domaine de l’élevage, alors en tant que digne représentante des éleveurs de son secteur, elle aurait développé leur activité. Or c’est le contraire: le nombre d’éleveurs transhumants ovins en Hautes-Pyrénées a diminué d’un tiers depuis 1995! Et encore, cette baisse est-elle limitée par une augmentation du nombre d’éleveurs extérieurs au département sur la même période…

Faut arrêter les frais ! Cette dame a prouvé que sauver les éleveurs, c’était pas son truc. Elle en souffre, se contrarie facilement, et répercute son malaise tout autour. La situation pourrait très vite virer à la France Télécom...; faut la mettre ailleurs. Et vite, l’avenir des éleveurs ovins transhumants, auxquels chaque haut-pyrénéen est attaché, en dépend.

Alors pourquoi pas à l’environnement? Ce serait une initiative novatrice qui ouvrirait, par la même occasion, des opportunités de réinsertion à nombre de personnalités : dans le même ordre d’idée, on pourrait très bien voir Marc Dutroux nommé à la protection de l’enfance ou bien Emile Louis, Haut-commissaire à l’insertion des handicapés.

A titre personnel, je propose qu’on remplace au Louvre le très sclérosé tableau de «La Joconde», triste représentant de l’idéologie picturale sectaire très en vogue dans les palais ministériels, par le dernier tag du petit Kevin, 2 ans ½ et déjà très doué. Cela témoignerait d’une volonté d’équilibre dans la représentation des sensibilités artistiques, jusqu’alors trop cantonnée à la récitation du bréviaire du parfait bobo citadin.

En tout état de cause, je vous remercie pour cette authentique leçon de journalisme documenté, objectif et visionnaire. Continuez sur cette voie, c’est la seule qui soit efficace!"

L'article était signé Louis Dollo, ce qui ne surprendra personne.

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