Philippe Lacube : pressions, soutien et détricotage

Ours disparus : l'omerta des montagnes

L'enquête judiciaire se poursuit aujourd'hui au sujet de la mort éventuelle d'un ou deux plantigrades. Producteur et éleveur aux Cabannes, en Haute-Ariège, Philippe Lacube, par ailleurs membre fondateur de l'ASPAP (Association pour la défense du patrimoine d'Ariège-Pyrénées), est convoqué aujourd'hui, à 9 heures, chez les gendarmes de Foix. Objet de cette convocation ? C'est lui qui a déclaré en septembre à «La Dépêche du Midi» qu'au printemps dernier deux ours ont été abattus en Haute-Ariège. Une déclaration retentissante qui a généré une enquête d'abord administrative puis juridique demandée par la secrétaire d'État à l'Ecologie, Chantal Jouanno. C'est dans le cadre de cette enquête que Philippe Lacube sera entendu, après des dizaines d'éleveurs ariégeois passés dans le bureau des gendarmes.

Philippe Lacube l'omerta des Pyrénées «J'ai été appelé sur mon portable pour venir à la gendarmerie de Foix. J'y serai. Mais je continue à assumer ce que j'ai dit et je ne lâcherai rien par rapport au fait qu'un ou deux ours aient été tués. C'est l'omerta des montagnes qui prévaut en la matière. En revanche, je considère la disproportion des moyens déplacés face à l'événement comme énorme. Pendant plus d'un mois, les gendarmes ont entendu les éleveurs ariégeois qui sont tous restés sous la loi du motus et bouche cousue. J'espère qu'ils ont compris qu'il ne fallait pas s'attendre à quoi que ce soit de notre part (...) »

Hier, un comité de soutien à Philippe Lacube s'est constitué immédiatement. Il viendra manifester ce matin devant la gendarmerie de Foix pour soutenir le producteur. Une nouvelle priorité après la manifestation monstre des chasseurs ariégeois sur les allées de Villote? Certainement. Car tous les agriculteurs du département ont décidé de soutenir leur chef de file. Nous ne saurons toujours pas ce soir si quelqu'un a tué « Boutxy » et un autre ours.

Source : extrait de la DDM

Détricotage

Philippe Lacube va avoir besoin de soutien. Sa sortie imprévue annonçant la disparition de deux ours en Haute Ariège, ce qu’il appelle "faire le ménage" a provoqué un beau désordre. Avait-il besoin d’un peu de publicité supplémentaire? Que pensent les autres éleveurs, les chasseurs et les ariégeois de l'opportunité et des conséquences de son annonce? Ils ne le diront pas, car les fortes pressions font peser la loi du silence. L'omerta n'existe que parce que parler présente un risque. Son "J'espère qu'ils ont compris qu'il ne fallait pas s'attendre à quoi que ce soit de notre part" ne s'adresse pas aux pandores, mais à ceux qui attendent leur audition dans un couloir, cette phrase, à mon avis, relève bien de la pression et de l'avertissement à ceux qui pourraient parler. 

L’ASPAP comme l’ASPP65 semble étonnés que la gendarmerie enquête et connaisse qui fait partie de quoi, de quelle association. Marie–Lise Broueilh déclarait à propos des chiens errants : «Ce sont des chiens qui ont des maîtres, il est facile de faire une enquête». Ne faisant pas partie d'espèces protégées, «il est plus facile de s'en débarrasser». Se débarrasser d’ours est illégal. Philippe Lacube, a force de prétendre que «la colère des Pyrénées est légitime» croit sans doute que les excès ne seront pas poursuivis et que tuer un ours est sans conséquence dans leur «territoire» au dessus des lois.

Il semble que le petit monde professionnel et public de Philippe Lacube se détricote peu à peu, et qu’il va finir par se retrouver seul, car il agasse tant de monde. Ce n’est pas une éventuelle manifestation bruyante de soutien qui y changera quelque chose, cela soutiendra encore un peu la facade. Pour combien de temps : trop, c’est trop, à jouer avec le feu on se brûle.

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