Le parc National des Pyrénées, enjeu des régionales

Ce jeudi 24 décembre, Jean Lassalle, candidat tête de liste du Mouvement Démocrate pour les élections Régionales d’Aquitaine, lançait symboliquement sa campagne à Bordeaux. Forte d’un soutien de 86,6% des membres du MoDem, sa candidature est pourtant fragilisée en son fief par sa campagne contre la réforme du Parc National des Pyrénées. Certains de ses alliés, comme le Conseiller général René Rose ou encore le maire de Lees-Athas, M. Loustau-Chartez, s’opposent au député Basco-Béarnais sur ce dossier. Une position d’autant plus fâcheuse que Jean Lassalle fait de ce combat un thème de campagne qui divise largement la population.

Le parc National des Pyrénées, enjeu des régionales pour Jean Lasalle
Pourtant, lorsqu’en juillet 2006 un décret visant à redéfinir le rôle du Parc National est voté à l’assemblée, le député Jean Lassalle s’abstient de s’exprimer. Il faut dire que le Parc National des Pyrénées est alors régi par un décret datant de sa création, le 23 mars 1967. Cette volonté de faire évoluer le statut du parc s’accompagnera d’une  «charte» qui devra être appliquée avant le 1er avril 2011. C’est là que le bât blesse. 

Car si le contenu de cette charte n’est pas encore défini, Jean Lassalle s’y oppose déjà et conteste désormais le nouveau décret régissant le parc National, jusqu’au Conseil d’État auprès duquel il a demandé un recours avec le concours de l’avocat Maître Casadebaig, mieux connu au Pays Basque pour avoir représenté la chambre d'agriculture de Pau contre Laborantza Ganbara.

Connu pour ses interventions hautes en couleurs, le député de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, mis en ballottage lors des dernières législatives, pourrait cette fois, cesser de faire sourire ces administrés. Et si à Bordeaux, il arborait le béret de son terroir pour déclarer sa candidature de la Région, dans la vallée, le message passe moins bien.«Avec son chant en Béarnais dans l'hémicycle ou sa grève de la faim pour faire pression sur le groupe Toyal Europ, le député réagit souvent sur le tard et de manière caricaturale» estime ainsi Marise Casasus une habitante de la vallée d’Ossau.

Si les réunions des opposants aux nouvelles législations du parc peinent à réunir plus d’une soixantaine de personnes, c’est aussi que le propos est flou, sans perspectives sur le contenu de la charte en préparation. D’où l’accusation des partisans du nouveau décret qui accusent Jean Lassalle de cultiver la peur d’une ingérence d'État afin d’asseoir son pouvoir localement. Le monde agropastoral, qui bénéficie de subventions et d'aide techniques conséquentes de la part du Parc National, est d’ailleurs plutôt favorable à ce nouveau décret. «Les touristes voient le parc comme un sanctuaire, ici ils ne font pas n'importe quoi. C'est une chance pour nous et nos troupeaux» confie Laurent Paroix, berger ossalois. Au regard des effets bénéfiques sur le développement économique et par son caractère attractif, certains regrettent même que le Parc ne s’étende pas dans les montagnes de Soule.

Ancien président du parc National, Jean Lassalle dénonce pourtant la «dépossession du pouvoir décisionnel par l'institution de L’État». Pourtant, si le contenu de la Charte est encore à définir et interdit toute spéculation, en revanche, «le nouveau décret donne plus de représentation aux élus locaux dans le Conseil qui va élaborer la charte» explique Philipe Ospital, sous-directeur du parc national. Un Conseil auquel Jean Lassalle a justement refusé de siéger.

 Pour André Berdou, Conseiller général PS et président du conseil d'administration du Parc National, l’explication de cette position, apparemment paradoxale, est simple : «Lassalle a utilisé la réforme du parc pour préparer les régionales. Il a voulu faire de son opposition une tribune. Il a loupé son coup». De fait, même la FNSEA et son représentant au Parc, Jean-Marc Prim n'ont pas réellement d’avis sur le contenu de la nouvelle Charte et participe aux débats sur son élaboration.

Pour Jean Lassalle en revanche, l’enjeu est presque romantique et il n’hésite pas à invoquer la «dépossession de nos terres» en tentant d’exalter rien moins que la «Liberté éternelle des montagnards». On croirait un discours contre la LGV qu’il défend pourtant. Dans son sillage, Robert Casadebaig, maire de Laruns et frère de l’avocat de la Chambre d’Agriculture de Pau (NDLB: L'avocat de René Marquèze, le monde des anti-ours est petit), est à l'origine d'une association «Ossau et Aspe, vallée de liberté». Il prétend en effet que le nouveau décret lui interdit de gérer de manière «libre» et responsable son territoire.

 Sans plus de références aux point précis régissant la gestion du territoire, on peut s’interroger. S’il s’agit des deux carrières qui sont en projet dans sa vallée, ou de l’expansion immobilière qui contraint le milieu pastoral, il se peut effectivement qu’il ait raison.

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