Ossau et Aspe : Vallées de Liberté ?

L'Association Ossau et Aspe, Vallées de Liberté a été créée officiellement par une annonce au journal officiel le 1er août 2009. Une association au cœur de l'enjeu des régionales. 

Quel sigle va t-elle choisir: OAVL ?

L'Association "Ossau et Aspe, Vallées de Liberté" a été déclarée à la sous-préfecture d’Oloron-Sainte-Marie. Elle dit avoir pour objet "d'unir les forces vives pour la défense de l’intégrité des territoires, la sauvegarde de nos droits et usages pour le développement équilibré de nos territoires et la sauvegarde de leurs qualités culturelles, humaines et naturelles, et pour la gestion en bien commun de nos vallées sous l’autorité des responsables valléens élus au suffrage universel; à cette fin et sans que cette énumération soit limitative, elle peut procéder à des études, contribuer à la définition et à l’application de mesures, juridiques et administratives....., mener des campagnes de formation, d’information ou de sensibilisation, fédérer toute initiative qui pourrait être prise en la matière, prendre l’initiative et assurer la mise en œuvre du développement durable et équitable de nos territoires, dans le respect de la biodiversité dont l’homme est l’élément essentiel; le tout en étroite collaboration avec toutes les parties intéressées par son but, notamment les pouvoirs publics."

Son siège social est établit à la mairie de Laruns. Le maire de Laruns, Robert Casadebaig est aussi le frère de l'avocat, président de l'association.

Ossau Aspe Vallées de Liberté Remarquez la patte de Jean Lassalle dans ce texte. On y retrouve le vocabulaire typique de l'IPHB. La note "Parlez-vous Ipéhachebé" que j'avais écrite en 2006 reste parfaitement d'actualité : vallées, forces vives, intégrité des territoires, sauvegarde des droits, développement équilibré, pourvu que l'homme central écrase le reste, valeurs, traditions, développement, gestion en commun, procéder à des études, désinformer... euh campagnes d'informations etc. Le blabla habituel du député chanteur béarnais est de retour. Il y a surement des subsides à aller quérir, le contraire me surprendrait. L'association a déjà édité et diffusé un journal en 10000 exemplaires. Pas mal pour ce rassemblement d'une soixantaine d'opposants au Parc National des Pyrénées qui a pour mission de lutter contre le décret du 15 avril 2009 portant sur la réforme des Parcs Nationaux. «L'enjeu de la planète, ce n'est pas dans nos vallées qu'il se joue. Par contre, la vie de l'homme, elle, se joue dans ces vallées » a déclaré Robert Casadebaig, président de l'association "Ossau et Aspe, vallées de liberté".

Et que vont-il faire? Devinez..., comme dans le cas de l'IPHB, ils vont pondre une charte, un papier plein de bonnes intentions mais que l'on ne respecte pas, comme la charte de l'IPHB. La république bananière des Pyrénées est de retour avec les barons locaux à leur tête.

Suite à la gestion scandaleuse du dossier ours par l'IPHB, cette association a perdu tout crédit. État et région ont retirés leurs billes (nombreuses) et Jean Lassalle ne peut plus utiliser l'Ours pour remplir ses caisses et lancer sa campagne électorale. Qu'à cela ne tienne, du haut de sa nouvelle tribune, il crée une nouvelle association; surement qu'elle va se déclarer verte, durable, écologiste, respectueuse des traditions et tout ce qui est dans l'air du temps pour promouvoir sa place en tête de liste pour les prochaines élections en Aquitaine. «Au fil de ces réunions, nous essayons de mettre l'homme au centre de notre projet, contrairement au Parc national», rajoute le président de l'association "Ossau et Aspe, vallées de liberté", sans se douter que tout le monde sait depuis le début que leur seule vision des Pyrénées est un paradigme où l'homme centré écrase son environnement. Les mêmes belles paroles, la même propagande a déjà fait fureur lors de la création du parc national, dans l'affaire du tunnel du Somport, dans la gestion de la population d'ours en Béarn, dans l'annonce des lâchers d'ourses, parole qu'il n'a jamais tenue. Du déjà vu.

Dans Sud-Ouest, Marcel Bedaxagar interviewe le nouveau porte parole des "territoires opprimés",des "valléens écrasés par Paris", des "politiciens bafoués" ... Une nouvelle paranoïa pastoraliste locale? :

"Établir une charte des Pyrénéens, tel est l'objectif que se fixe l'association. «Nous y arriverons avant la charte du Parc qui est prévue pour 2011», estime Robert Casadebaig. Les antiparc renouvelant leurs griefs : un zonage avec une zone coeur et une zone optimale d'adhésion qui ferait passer le Parc de ses 40 000 hectares actuels à 250 000 hectares ; des pouvoirs «exorbitants» conférés par le décret honni au directeur du Parc national.

Pour s'en expliquer auprès des "valléens", l'association a édité un petit journal de quatre pages qui sera distribué à 10 000 exemplaires d'ici à la Noël. «Résister» : le titre est évocateur. «Nous y faisons notamment parler un homme de loi sur ce décret que par ailleurs nous combattons en Conseil d'État, nous y comparons l'ancienne mouture du Parc et la nouvelle», souligne le président de l'association. Outre la présentation de ce journal, les membres de l'association se sont organisés en trois groupes de travail devant obligatoirement déboucher sur des propositions. Organisation du territoire, vie dans les vallées et gestion du patrimoine pyrénéen étaient à l'ordre du jour. «Nous allons ensuite mettre ces idées en commun et bâtir un projet», espère Robert Casadebaig."

Trois groupes de travail ! La réunionite ipéhachebéenne est de retour : paroles, paroles, paroles.  Faut-il encore vous proposer de lire l'analyse du fonctionnement de l'IPHB par Laurent Mermet? Il y analyse la rhétorique anti-environnementale de cette association haut-Béarnaise.

Le schéma type de la rhétorique anti-environnementale des années 90

Ce discours est articulé autour de quatre volets.

  1. Il commence par installer les populations locales dans la position de victimes et les protecteurs de l’environnement en position de persécuteurs, faisant porter à ces derniers toute la responsabilité des problèmes sociaux et économiques rencontrés par les populations rurales. Puis il s'attache à récuser les constats scientifiques et à déconsidérer les experts.
  2. Ensuite, il propose un concept «nouveau» de gestion des ressources. Aux Etats-Unis, par exemple, le «partage» (share), qui consiste à partager les espaces protégés avec les acteurs qui veulent les exploiter économiquement, ou l’utilisation rationnelle (wise use), qui revient à ne pas laisser des ressources économiques se perdre pour des motifs de protection de l'environnement.
  3. Ces concepts sont affichés comme «éclairés» dans la mesure où ils reposent sur un principe auquel il est difficile de s’opposer, et «équilibrés» en ce sens qu’ils considèrent la poursuite de la dégradation de l’écosystème à un rythme raisonnable comme le bon compromis entre ceux qui veulent stabiliser la situation de conservation et ceux qui veulent continuer à exploiter ou transformer les écosystèmes concernés.
  4. Sur cette base, enfin, les partisans d’une politique claire de conservation, qui rende compte de ses résultats, sont présentés comme des extrémistes auxquels on attribue souvent des visées cachées, marxistes ou mondialistes, par exemple. (d'après A. Rowell)

 

Bis repetita encore une fois. Mais le problème, c'est que l'IPHB et ses méthodes sentent le souffre. Dans les universités, les méthodes de l'IPHB servent d'exemple de manipulation, ce qu'il ne faut pas faire. L'État l'a enfin compris.

En 2009, on a vu aussi comment l'ASPP 65, une association pastorale a essayé de se faire passer pour une association environnementale, comment sa présidente Marie-Lise Broueilh, la jument de Troie pastorale a essayé d'infilter le parc sur un nouveau siège en montrant patte verte. Cela à presque marché... alors ils vont recommencer avec cette Association "Ossau et Aspe, Vallées de Liberté", on parie ? Pour Jean Lasalle, c'est un nouveau tremplin électoral, habitué qu'il est à renvoyer l'ascenseur à ses électeurs. La France a les hommes politiques qu'elle mérite.

Sur Revues-Pyrénées.com, vous pouvez-lire...

André Berdou, nouveau président du Parc

Le docteur André Berdou, médecin généraliste à Laruns (Pyrénées-Atlantiques), ancien maire de cette commune et actuel conseiller général du canton correspondant, a été élu le 9 octobre, pour six ans, président du Parc national des Pyrénées occidentales. Comme le veut la règle (non écrite) de l’alternance instituée tacitement entre Bigourdans et Béarnais, l’élu ossalois était le seul candidat à la succession de Georges Azavant, conseiller général du canton d’Argelès-Gazost (Hautes-Pyrénées). Le Parc national retrouve donc un président après dix moisde vacance puisque le Conseil d’aministration avait démissionné en décembre 2008 et était géré depuis cette date par un Comité provisoire.

L’élection a eu lieu dans le climat de polémique suscité par le nouveau décret qui transforme l’établissement public. Quarante-quatre des cinquante-deux membres du Conseil d’administration ont participé au scrutin dans les locaux de la villa Fould, nouveau siège du Parc, à Tarbes. André Berdou a été élu à bulletins secrets par quarante trois voix et un bulletin blanc. Georges Azavant et Bernard Souberbielle ont été élus vice-présidents. Pendant ce temps, une cinquantaine de personnes (élus valléens et sympathisants), qui s’opposent en Béarn au nouveau décret, s’étaient rassemblées à Buzy (Pyrénées-Atlantiques), sous la bannière de l’association "Ossau et Aspe, vallées de liberté", pour marquer leur désaccord avec ce texte qui, selon eux, les "dépossède". Arrgh!

A suivre

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