Tchéquie : chasseurs et écologistes à la chasse aux braconniers

L'Union tchéco-morave des chasseurs, mais aussi le Mouvement écologique Duha tirent le signal d'alarme: il est indispensable de mettre un terme au braconnage et de protéger les fauves qui vivent dans les bois et forêts tchèques.

Les chasseurs ont décidé de faire la chasse à certains de leurs «collègues», disons plutôt les braconniers, qui abattent les grands fauves vivant en Tchéquie. L'Union tchéco-morave des chasseurs a mis à prix la tête des braconniers : 10.000 couronnes (plus de 300 €) de récompense à toute personne qui contribuera à l'arrestation de celui qui abattra un lynx, un loup ou un ours.

Les fauves de Tchéquie ? Combien sont-ils ? Les études réalisées indiquent dans la centaine de lynx, deux hordes de loups de sept membres chacune et six ours. Il y a une dizaine d'années encore, 150 lynx vivaient sur le territoire tchèque. L'Union des chasseurs a aussi décidé de coopérer plus étroitement avec le mouvement écologique Duha en apportant son aide aux patrouilles qui surveillent les fauves. Ce mouvement a déjà offert quelque 1.600 euros de récompense pour la dénonciation d'un braconnier, mais sans résultat jusqu'à maintenant.

Que risque le chasseur qui braconne ? La perte de son permis de port d'armes et de son arme et jusqu'à trois ans de prison.

La protection des fauves est-elle vraiment indispensable ? Certainement, car ils contribuent à la régulation et la sélection du gibier, ne chassent en général que les individus faibles, malades ou trop âgés.

Aujourd'hui, en Tchéquie, il existe une surpopulation de sangliers par exemple, même si le nombre de bêtes abattues par les chasseurs est en hausse (plus de 100.000 l'année dernière). Jaroslav Kotecka, de l'Union tchéco-morave des chasseurs confirme la nécessité de la présence de fauves dans les terrains de chasse, mais aussi de la régulation des effectifs par la chasse, car le gibier menacent souvent l'existence même des cultures agricoles : «Si les chasseurs ne participaient pas à la réduction des effectifs des sangliers, il pourrait devenir impossible, dans quelques années, de cultiver quoi que ce soit dans les champs.»

Le trop grand nombre de sangliers est un problème européen et bon nombre de pays commencent aussi à veiller à l'augmentation des effectifs de fauves, du lynx surtout, en punissant sévèrement les éventuels braconniers.

15-02-2007
Alain Slivinský

A la lecture de cet article qui date de février 2007, je ne peux m'empêcher de regretter qu'en France, dans le cas de la chasse, on puisse à nouveau parler d'exception française.

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