Gérard Bailly : Aurais-je gaffé?

Suite à l'amendement Grands Prédateurs du Sénateur Bailly et à la réaction de FNE (Lire : "Gérard Bailly, le sénateur Boomerang aveuglé"), l'anti-prédateur a écrit à FNE pour mettre son nez dans les comptes. France Nature Environnement lui a répondu le 18 décembre 2009, en conseillant au sénateur Gérard Bailly de passer à la Buvette. Géraaaaaard !

Amendement Grands Prédateurs : FNE répond au Sénateur Bailly

Le 1er décembre 2009, sur la proposition du Sénateur Gérard Bailly, le Sénat a voté dans le cadre des discussions sur le projet de loi de Finances pour 2010, un amendement qui réduit de 500 000 euros le budget consacré aux grands prédateurs. FNE répond au sénateur Bailly. 


Dès le lendemain de la parution de notre communiqué de presse «Le Sénat contre l’élevage extensif», par messagerie électronique, le sénateur Bailly sollicitait notre fédération pour avoir de plus amples informations quant à la ventilation des divers crédits concernant les plans de restauration, le soutien aux associations, les indemnisations au titre des dégâts attribués aux grands prédateurs (ours, loup, lynx) et les études relatives aux espèces.



Voici ce que notre fédération a apporté comme réponse : 



"Monsieur le sénateur, 



Notre fédération France Nature Environnement tient en préambule à vous préciser qu’elle ne bénéficie d’aucun soutien de la part du Ministère de l’Écologie sur la ligne de crédits que vous avez proposée de diminuer. L’essentiel de ces financements dont vous avez obtenu la diminution sont destinés au soutien des éleveurs dont les troupeaux sont victimes d’attaques de grands prédateurs certes, mais aussi des chiens en divagation, comme d’ailleurs vous l’avait précisé Mme Jouanno. 



Les soutiens apportés aux associations membres de notre mouvement dans le cadre des actions qu’elles mènent en faveur de la biodiversité et les financements portant sur les plans de restauration émargent sur d’autres budgets qui ne sont pas touchés par la baisse budgétaire que les sénateurs viennent de voter.


Concernant les questions que vous soulevez dans votre message portant sur la ventilation des crédits du ministère, nous sommes assez surpris que vous ne vous les posiez que maintenant. Malheureusement, les financements qui nous sont alloués au titre des actions pour la meilleure acceptation des grands prédateurs, ne peuvent être utilisés pour conduire le travail de recherche que doit mener un parlementaire dans le cadre des décisions responsables qu’il doit prendre.

Nous vous invitons donc à vous rapprocher du gouvernement afin d’obtenir les réponses à vos questionnements. Néanmoins, afin d’alimenter votre réflexion, vous trouverez dans le dossier ci-joint, le travail conduit par Baudouin de Menten et Marc Laffont sur la traçabilité des financements concernant les grands prédateurs et le coût qu’ils représentent pour notre société, chiffres à rapporter à l'ensemble des sommes dévolues au soutien à l'agriculture dans notre pays.



Enfin, nous rappelons une fois encore que nous ne plaçons pas les grands prédateurs au-dessus de toute autre considération et que nous ne menons pas de lutte contre le monde de l’élevage. Persuadée que la cohabitation entre les grands prédateurs et le pastoralisme est possible, notre fédération est bien consciente que ce choix de la société n’est pas neutre pour les éleveurs et les bergers. Notre fédération et ses associations des Alpes et des Pyrénées ont d’ailleurs été les premières à venir en aide aux éleveurs et aux bergers en finançant, grâce aux soutiens de leurs généreux donateurs, des postes d’aide-berger et en mettant à leur disposition des chiens de protection des troupeaux.

Notre fédération a aussi accepté, et cela n’a pas été facile à faire admettre à certains de nos adhérents, que des tirs de loups soient possible en dernier recours et dans le strict cadre donné par la convention de Berne et la directive Habitats. 



Nous regrettons également que les parlementaires, tous bords confondus d’ailleurs ne proposent, comme solution aux difficultés rencontrées par la filière ovine, que l’éradication des grands prédateurs. Chaque année, la perte de 3.000 brebis suite à des attaques attribuées au loup et d’à peine 300 brebis attribuées à l’ours sont constatées.

Objectivement, pensez-vous que supprimer ces pertes effacera tout d’un coup, les difficultés du monde pastoral ? Est-ce vraiment ces pertes qui ont entraîné la baisse conséquente du cheptel ovin comme vous le sous-entendez dans votre argumentaire ?



Il est vrai que placer les grands prédateurs comme boucs émissaires des problèmes de la filière est bien plus simple que de se confronter aux vrais problèmes que sont la concurrence des importations de la viande néo-zélandaise entre autres, les ravages causés dans les troupeaux ovins par la brucellose ovine et l’action insuffisante des pouvoirs publics pour valoriser la production ovine. 

Les politiques et les syndicats ne peuvent laisser croire plus longtemps que l’éradication des prédateurs, à poils ou à plumes d’ailleurs, est LA solution de leurs problèmes. Cette option ne contribuera qu’à laisser le pastoralisme s’enfoncer encore un peu plus dans l’ornière et entraîne auprès de nos concitoyens la plus grande incompréhension.

Notre fédération est persuadée que la valorisation de l’image des productions agricoles issues des zones de présence de grands prédateurs peut contribuer à améliorer la situation des éleveurs et des bergers. Par ailleurs, l’attrait touristique que constituent ces grands prédateurs est largement sous estimé, tout comme d’ailleurs le rôle positif qu’ils jouent en faveur de la biodiversité. 

En espérant avoir répondu à certaines de vos questions et restant à votre disposition pour tout échange sur le sujet, nous vous prions d’agréer, Monsieur le sénateur, l’expression de notre très haute considération."

Source : FNE

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