Le département de l'Ariège pourra-t-il encore se payer l'Ours des Pyrénées ?

Depuis 1984 avant J.C. on ne compte pas moins de 859.732 naissances et 859.720 morts d’ours dans le département de l’Ariège...



Mais avec les récentes réformes «qui réduisent de manière drastique le budget du Conseil Général», Augustin Bonrepaux le président de l’assemblée départementale reste dubitatif.

 C’est en tout cas la question qui se posera sous peu et qui a été abordée hier au Conseil Général avec Chantal Jouanno du "Ministère 2010, année de la Biodiversité" venue préparer les lâchers 2010 du "Plan de restauration de la population d'Ours brun dans les Pyrénées" qui passeront une fois encore par les Pyrénées ariégeoises… mais pour combien de temps ?



C’est donc en présence d’Henri Nayrou, vice-président  du Conseil Général, de Pierre Bertrand, directeur de l’office de Tourisme des Vallées d’Ax, et de Dominique Fourcade, premier adjoint de la cité thermale, que s’est tenue une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur les conséquences indirectes de ces réformes.



Le département de l'Ariège pourra-t-il encore se payer l'Ours des Pyrénées ?
«Nous allons avoir des difficultés, nous avons déjà prévenu les associations mais aujourd’hui avec la suppression de la taxe professionnelle et la baisse de la TVA, nous n’avons plus les moyens de faire venir l'ours en Ariège»

 Un accord tacite lie le Conseil Général avec le gouvernement et les bonnes relations entretenues par Henri Nayrou, tout comme l’amitié qu’il cultive depuis de longues années avec les associations de protection de la nature, constituent un élément favorable à la poursuite de cette belle aventure.



Cependant, tout a un coût: cette année le Conseil Général a mis sur la table 200.000 euros et la CCI 23.000 euros, sans compter la participation des communes visitées (au bas mot 22.000 euros pour Ax et Pamiers).

 «Nous avons investi une bonne part de notre communication institutionnelle sur cette image de l’Ariège, département nature, explique Henri Nayrou, et ‘Ours des Pyrénées fait la promotion de nos montagnes»

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Que faire donc pour continuer à faire rêver ces milliers de visiteurs qui chaque année pendant des jours attendent la sortie de tûtes sur les bords des routes ariégeoises ?

 Les élus présents ont évoqué la possibilité de trouver d’autres financements: «j’ai écrit au président Maurat pour lui demander de doubler sa participation» indique Augustin Bonrepaux.

 Avant d’ajouter: «il a certainement autant de difficultés que nous […] Alors peut être faudrait-il faire participer tous ceux qui bénéficient de cette manne que représente l’Ours […]

 Les collectivités sont également impactées par la baisse de ces recettes mais les éleveurs et les agriculteurs qui bénéficient de subsides et de primes directes et indirectes, ne pourraient-ils pas apporter une contribution ?

 Car si les entreprises paient moins d’impôts par voie de conséquence, le Conseil général a moins de recettes car rappelons que 73% de l’investissement global dans le département est assuré par les collectivités.»



Un survie du plantigrade sur fond d’interrogation, des menaces planent sur le grand prédateur…


Mais peut-on envisager les Pyrénées, ses montagnes, ses forêts sans l’animal mythique qui a fait la popularité du massif depuis ses débuts ?

 Une présence qui date d’au moins 15.000 ans pour Ursus arctos et 32.000 ans pour l’ours des cavernes dans les Pyrénées.

Sur base d'un article de Laurence Cabrol publié le 07/01/2010 sous le titre original de "Le département de l'Ariège pourra-t-il encore se payer le Tour de France ?"

Le tourisme en Ariège a vraiment le sens des priorités. Je viens d'entendre à la RTBF : "Plus un phénomène tend à disparaître dans une société, plus son reliquat semble intolérable." Cela me semble approprié au cas de l'Ours des Pyrénées...

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