Oncle bien aimé

Extraits du Livre de Yaak, de Rick Baas

A propos des grizzlys

« Les Indiens avaient pour coutume de ne jamais prononcer les noms des morts ni ceux de leurs compagnons des bois respectés. Ils appelaient le grizzly « Grand-père », ou « Oncle bien-aimé », ou « Vieil homme valeureux ».

« Comme les ours, dont on dit qu’ils savent habiter deux mondes – le nôtre et celui de l’esprit – parce qu’ils  s’enfoncent chaque année sous le sol, parfois six mois de suite, je crois que l’art, s’il ne peut être mesuré, repose quelque part entre le monde de la science, des faits et des mathématiques, et le monde de l’esprit. Je crois qu’il représente une transition, comme lorsqu’un ours s’éveille fin avril ou se met à hiberner en octobre ou novembre. On mesure le diamètre d’un arbre. On ne mesure pas la magie d’une forêt, ni l’effet produit sur l’esprit par une forêt saine et vigoureuse, qui croît de toutes ses forces naturelles. Où l’art existe, l’esprit d’un lieu existe. »

« Les grizzlys ne posent pas de problème à cette altitude. Ce qui porte sur le système, ce sont les sangsues, les mouches noires, les hordes de moustiques et les huit espèces de taons (dont l’un, gros comme un clou de voie errée, vous pique avec autant de force qu’une pince coupante). »

Rick Baas, Le Livre de Yaak
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