En Ariège, on aime ou on n'aime pas

L'Ariège, c'est un peu la France profonde, on y fait de la politique d'une manière différente, très très loin des valeurs partagées. Ici Paris est au diable vauvert. L'Ariège, c'est une république dans la république. Il y a bien une frontière entre l'Ariège et le reste de la France, serait-ce la dernière frontière sauvage ?

Dans l'actualité ariégeoise de cette semaine...

Un élu PS gay écarté dénonce une «l'homophobie silencieuse» d'Augustin Bonrepaux

On savait le potentat Président du Conseil Général de l'Ariège oursophobe, le voilà qui serait aussi homophobe. Est-ce à cause de la moustache de Michel Teychenné ? Outré le seul député qui se couche sur les routes à l'arrivée d'ours a décidé de l'attaquer en diffamation.

«Pour Augustin Bonrepaux, les gays sont faits pour travailler dans la culture et pour vivre dans le Marais, mais pas pour être élus en Ariège». L'élu de Pamiers vidait son sac mercredi devant la presse. Car ce ne serait pas la première fois. Le Collectif contre l'homophobie de Montpellier rappelle la condamnation du président du Conseil général de l'Ariège par le tribunal administratif de Toulouse, le 27 octobre dernier, pour avoir refusé à un gay vivant en couple un agrément d'adoption, en dépit des avis favorables des services compétents.

«Je me suis tu pendant longtemps» a déclaré Michel Teychenné qui s'exprimait à Toulouse lors d'une conférence de presse dans les locaux de la fédération socialiste de la Haute-Garonne. «Augustin Bonrepaux ne me supporte pas. Pendant mon mandat de député, j'étais interdit de séjour dans son canton. Je me suis tu pendant longtemps, jusqu'à aujourd'hui. Je pense qu'il s'agit d'homophobie silencieuse: pour lui, les gays sont faits pour travailler dans le domaine de la culture et pour vivre dans le Marais, mais pas pour être élus en Ariège. Il y a sa difficulté à me parler et à me regarder en face, et des propos qui m'ont été rapportés. J'espère que sa plainte pour diffamation ira jusqu'au bout parce que j'ai beaucoup de choses à dire, j'ai l'intention de lever le voile sur un certain nombre de comportements. Si j'ai manifesté en Europe où j'ai laissé des vestes dans les gays-pride interdites, ce n'est pas pour me faire discriminer en Ariège!». Il précise : «La fédération PS de l'Ariège est relativement sous tutelle du groupe socialiste au Conseil général, où il détient 18 sièges sur 21. Des gens de pouvoir régalien tentent de s'opposer à ma candidature que j'estime légitime. Je dénonce un mur!» et de remarquer au passage l'absence de femmes siégeant dans cette assemblée –«un cas unique en France»– et le non renouvellement des élus.

Les ariégeois découvrent-ils le mode de fonctionnement de leur Président du Conseil Général? Un autre exemple?

La réintroduction du bouquetin en Ariège

Une petite perle dans AriègeNews par Anne-Sophie Terral sous le titre de "La réintroduction du bouquetin en Ariège, Pourquoi pas?" Elle relate sans rien en dire la mauvaise foi et l'Alseimer galopante qui ronge le département quand on parle de l'Ours, de la chasse ou du tourisme, domaines contrôlés par le Seigneur local.

Citation : "Elle a été évoquée plusieurs fois lors de la signature de la Convention du Parc Naturel Régional ariégeois vendredi dernier. Elle ne fait même pas bondir les «anti» d’une réintroduction précédente dont on taira le nom.

 "On les retrouve sur les murs de la grotte de Niaux!"  a même argumenté Augustin Bonrepaux (président du Conseil Général de l’Ariège). Cette bête étonnamment consensuelle est évidemment le bouquetin, disparue de nos montagnes sous la pression de la chasse au début du XIXème siècle.



Et même si le mot «réintroduction» provoque encore des sueurs froides chez certains, celle là fait de plus en plus parler d’elle, et en bien. C’est que l’animal est partout dans les pages de l’histoire ariégeoise. Il trône dans la grotte de Niaux (depuis plus de 12 000 ans). Il gambade dans le livre de la chasse de Gaston Fébus (1331-1391). Et on a retrouvé des ossements (à Aliat, au Mas d’Azil, à Lasserre, etc). 

Alors après tout, pourquoi pas?

 «En Ariège, on a bien réintroduit le mouflon, le cerf, le chevreuil, la marmotte» précise Michel Sébastien, ardent défenseur de l’animal depuis plus de 20 ans. Selon lui, le bouquetin a plusieurs arguments à son actif:

  • Tout d’abord, c’est un animal qui a besoin de rochers, ce qui ne manque pas dans les montagnes ariégeoises.
  • Il est un chainon de la biodiversité locale pyrénéenne. Il s’adapte facilement à différents milieux.
Et surtout, il n’est pas dangereux et pas concurrentiel.

  • Il y a aussi pour les plus «terre à terre» des arguments plus pragmatiques: il peut être un facteur de développement économique à travers le tourisme, et la chasse au trophée (source de revenus pour un parc, possible après 10 ans de réintroduction).



Mais c’est aussi à cause de cette dernière, que la réintroduction est difficile côté français.
Car la chasse du bouquetin est une manne de revenu jalousement gardée par les Catalans. Explication: le dernier bouquetin «pyrénéen» est mort il y a 10 ans environs. (NDLB: Ils ont été exterminés jusqu'au dernier pour leur trophée).

Pour la réintroduction, il faudrait donc aller puiser en Espagne, et ramener des bouquetins ibériques. Mais problème, en Espagne, les parcs refusent cette idée pour des raisons économiques. Chaque trophée (c'est-à-dire chaque animal chassé) leur rapporte entre 10000 et 40000 euros. Vue de l’autre côté de la frontière, la réintroduction du bouquetin en France constituerait donc une concurrence vue d’un très mauvais œil.

 Même si officiellement, ils revendiquent leur bouquetin comme «patrimoine national»! Non sans ironie, Michel Sébastien précise d’ailleurs, «l’Espagne est entrée dans le marché commun (1986) avec des règles simples: la libre circulation des hommes, des marchandises, des capitaux, des idées, des images, télévision, d’internet… sauf des bouquetins»! (NDLB: Et des Ours!)

Une des solutions (si ce blocage perdure) serait d’aller chercher des spécimens dans les Alpes.
 Mais étant génétiquement plus éloignés des bouquetins pyrénéens, certains biologistes n’y sont pas franchement favorables, «le dogmatisme du gêne» selon Michel Sébastien, qui les ferait volontiers venir, passant outre leurs petites différences.

 (NDLB : Rappelez vous la polémique sur la différence génétique des ours pyrénéens et slovènes. Les gênes en provenance de Slovénie seraient génétiquement pollués contrairement à ceux en provenance d'Espagne? Racisme ordinaire ou manipulation?) Mais il y a tout de même de bonnes nouvelles pour les pro-bouquetins: l’entreprise Veolia (qui a une fondation dédiée à l’environnement) serait intéressée pour participer au financement (même si rien n’est confirmé). De plus, avec la mise sur pied du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises (inauguré en septembre), le bouquetin dispose désormais d’un allié institutionnel solide.

 André Rouch, président du parc, a d’ailleurs confirmé lors de la signature de convention vendredi dernier: «cela fait partie d’une des actions dont le parc sera porteur». Reste à savoir où aller chercher les bouquetins." (NDLB: En Slovénie?) (Fin de citation)

L'ours! Le quoi?

Dans la grotte de Niaux, il y a 13000 ans, les magdaléniens ont peints tout le bestiaire pyrénéens, enfin presque tout. Seuls des animaux de grandes dimensions semblent représentés, de préférence ici des herbivores. L'ours ou le loup ne sont pas représentés alors qu'ils étaient présents dans la région. Ostracisme ? On ne le saura jamais. Mais cette absence est bien pratique pour le président de région qui se couche en travers des routes quand arrivent les ours.

Montreurs d'Ours en Ariège et cela ne date pas d'hierOfficiellement, l'Ours ne fait pas partie de l'histoire de l'Ariège, oubliés les montreurs d'ours, pas politiquement ou pastoralement correct! Balayés, oubliés les plantigrades pyrénéens.

Silence dit le Président du Conseil Général. Le bouquetin l'intéresse par contre, Augustin Bonrepaux est chasseur et parfois braconnier; de l'histoire ancienne, comme celle de l'ours en Ariège. Une hypothèse? Augustin Bonrepaux serait phanérophobe, en plus!

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