André Berdou : anthropocentrique anti ours

André Berdou est médecin, ancien maire PS de Laruns et président du Parc National des Pyrénées. Le 13 mars, André Berdou manifestait à Tarbes au côté de l'ASPAP contre l'Ours des Pyrénées !

«L'activité humaine prévaut»

André Berdou anthropocentrique anti ours André Berdou, président du Parc national des Pyrénées, a participé, hier, à la manifestation anti-ours. Une présence que d'aucuns qualifient d'aussi incompatible que l'ours et le berger pour reprendre le credo des opposants à la réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées. André Berdou s'explique et tient, en substance, le même discours que Jean Lassalle, l'opposant le plus farouche au Parc national des Pyrénées.

Il n'y a pas d'incompatibilité à être président du Parc national des Pyrénées et à participer à cette manifestation anti-ours?

André Berdou : "Je suis là en mon nom personnel. Maintenant, les Pyrénées ne sont pas les savanes du Kenya et les bergers ne sont pas des tribus Massaï. Les Pyrénées ne sont pas un désert. L'activité humaine prévaut sur nos territoires.

Et la défense de la biodiversité dans tout ça?

André Berdou : "Je crois qu'il y a un malentendu dans ce domaine. L'ours, sur la planète, ne se trouve pas en perdition. Cela relève de la malhonnêteté intellectuelle d'avancer la biodiversité pour justifier la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. Les activités humaines, économiques de ce territoire sont à prendre en compte. Le Parc et ses partenaires aident les agriculteurs, à valoriser leurs filières de productions, afin qu'ils aient une rémunération décente. On fait des efforts de ce côté-là. On ne va pas se mettre un handicap avec l'ours."

A la veille des Régionales, votre posture n'est-elle pas politique?

André Berdou : "C'est plutôt la ministre Chantal Jouanno qui essaie de draguer les voix des écologistes."

Cette Interview surprenante était dans la Dépêche.

Anthropocentrisme

L'anthropocentrisme est une conception qui considère l'homme comme le centre du monde et la fin de tout le reste de l'univers. On est en droit de se demander si, avec de telles idées, André Bertou est à la tête du Parc National des Pyrénées ou à la tête d'une fédération agricole ou pastorale ? En manifestant avec l'ASPAP, André Berdou n'est-il pas incompatible avec sa mission? Sur sa page "Nous connaître/Missions", le site du Parc National enfonce le clou. ..

Le Parc national des Pyrénées a trois missions

  1. Connaître les patrimoines naturel, culturel et paysager et préserver la faune, la flore, les habitats et le patrimoine culturel,
  2. Favoriser un développement durable et une gestion conservatoire des patrimoines naturel, culturel et paysager du territoire du Parc national des Pyrénées,
  3. Mettre le patrimoine à la disposition de tous.

Connaître

La connaissance du patrimoine du territoire du parc national est une priorité essentielle pour l’établissement car c’est elle qui permet d'évaluer le caractère exceptionnel de celui-ci. Le parc national travaille l’approfondissement des connaissances en matière d’habitats naturels, de milieux et d'espèces, par la réalisation d’inventaires et de cartographies. 

L’objectif est de mieux connaître la répartition (géographique et écologique) et la situation (abondance, état des populations, menaces …) de nombreux taxons.

Le faible recul dont nous disposons ne nous permet pas d’identifier les tendances démontrées pour une grande partie des espèces hormis sur les espèces phares (ours, isards, rapaces, grand tétras). 

Parmi les invertébrés des groupes entiers restent méconnus. La répartition en espèces rares et menacées se révèle partielle. Par ailleurs, le patrimoine végétal n’est à ce jour pas connu dans son ensemble. Pour tous ces taxons, la compréhension du fonctionnement de leurs populations reste un préalable indispensable à la définition de pistes de gestion.

Préserver

La meilleure connaissance de la biodiversité sur le parc national permet de mettre en place des actions de gestion conservatoire destinées à préserver le patrimoine exceptionnel et à le rendre compatible avec l’activité des hommes sur le territoire.


Il s’agit notamment de favoriser la conservation de certains habitats à haute valeur biologique qui peuvent être menacés (boisement de tourbières, déprise agricole, piétinement, surpâturage…). 

Le parc national cherche également à limiter les destructions et perturbations de la faune liées à l’aménagement des espaces et à leurs infrastructures.

Le parc national participe ainsi à la préservation des espèces en atténuant, par exemple, les impacts des aménagements et le dérangement dans les zones sensibles, en maîtrisant les alevinages, en matérialisant les câbles et pylônes électriques.

Favoriser un développement durable

Le Parc national des Pyrénées n’est pas un sanctuaire. C’est un lieu vivant où de nombreuses activités économiques sont exercées. 

Il participe à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine, au maintien des populations dans un cadre de vie exceptionnellement préservé et au développement durable des activités économiques.



En été, les bergers mènent leurs troupeaux en estives. Par cette activité, ils contribuent aujourd’hui encore à préserver la biodiversité du parc national par l’exploitation des prairies et des landes et l’utilisation des estives.


Ils entretiennent également un riche patrimoine bâti (granges, murets, rigoles d’irrigation) et perpétuent pratiques et traditions (transhumance, fauche pédestre). Ils œuvrent également à la conservation des races traditionnelles et des variétés locales.
 Toutes les actions mises en place par le Parc national des Pyrénées en partenariat avec la profession agricole doivent concilier rentabilité économique et respect de l’environnement : aide à l’acquisition de matériel de fauche, aménagement des cabanes pastorales, réhabilitation des granges foraines. 
Le parc national encourage également l’exploitation durable de la forêt et la protection de la ressource en eau.


Les vallées du Parc national des Pyrénées présentent une richesse et une diversité de sites naturels, culturels et paysagers. L’existence du parc national a confirmé cette reconnaissance de qualité et participe à l’image de marque de ce territoire. C’est pour les visiteurs l’assurance de disposer d’une offre touristique de qualité, de structures d’accueil, d’activités et d’animations développées sur le thème du patrimoine naturel et culturel. 


Cette image de qualité bénéficie à l’activité économique locale.
 Un des objectifs majeurs du parc national est de préserver le patrimoine naturel et culturel tout en faisant la promotion d’un tourisme durable et en gérant la fréquentation.

Pour cela, les initiatives de développement d’un tourisme de découverte et de valorisation du patrimoine naturel et culturel dans le respect de ce patrimoine et réparti au mieux sur toute l'année et sur toutes les vallées, sont soutenues. La qualification des professionnels et de l’offre s’inscrit dans cette même logique.

Accueillir

Avec 1,5 million de visiteurs par an, le Parc national des Pyrénées est le plus fréquenté des 9 parcs nationaux français. Les multiples formes que revêtent les activités, sportives, de loisir ou de découverte environnementale et culturelle constituent un enjeu économique déterminant mais aussi une menace potentielle pour les milieux d’altitude fragiles dont la gestion est confiée au parc national.

La concentration dans le temps et dans l’espace (notamment sur les grands sites du parc national) des visiteurs impose d’imaginer des dispositions originales et respectueuses du patrimoine tout en favorisant une découverte pédagogique de qualité de la nature.


Lorsque l’accueil des visiteurs est de qualité, le public est plus attentif à la nécessité de préserver l’environnement. Toute l’année, des animations (expositions, conférences, projections, soirées contes) sont organisées dans les maisons du Parc national. Au cœur des vallées, il participe à des nombreuses manifestations et fêtes en partenariat avec la population locale.


Il mène aussi des actions pédagogiques pour les scolaires avec les équipes enseignantes. Une politique d’accueil des publics en difficulté est également mise en place : label «Tourisme et Handicap» pour les maisons du parc national, réalisation de documents adaptés, création de sentiers d’interprétation, sorties sur le terrain.

Réaction

Quelles actions de gestion conservatoire le Parc National des Pyrénées a t-il mis en place pour l'ours ? Le Parc National des Pyrénées n'est pas un sanctuaire, on le sait depuis sa création et l'exclusion des zones à ours des limites du Parc. On comprend mieux l'absence totale de l'ours "espèce phare" dans les préoccupations du PNP.

On perçoit bien dans cette présentation que le "développement durable" est perçu d'abord comme le développement de l'économie et des activités humains (pastorales) : "...le développement durable des activités économiques".

 le pilier économie est dominant pour tous les anthropocentriques. L'homme dominant exploite, utilise, rentabilise au mépris de l'équilibre avec les autres piliers du Développement Durable qui pourtant n'existe et n'a de sens que quand les 4 piliers sont équilibrés : économie, social + culturel, environnemental et éthique. La nature se transforme en "environnement" :ce qu'il y a autour de l'homme, toujours situé au milieu.

Il ne s'agit pas de protéger la nature. Protéger étant perçu négativement (sanctuariser, transformer en sanctuaire) mais de "gérer" (agir, ne pas laisser la nature faire), "aménager" (construire des chemins d'accès, des parkings, bétonner : fournir un disneyland pyrénéen : "l’assurance de disposer d’une offre touristique de qualité, de structures d’accueil, d’activités et d’animations développées sur le thème du patrimoine naturel et culturel.", "valoriser" (donner de la valeur, rendre utile, rentable et uniquement économiquement parlant bien entendu). L'environnement étant mis au service de l'économique, il doit être utile. Ce qui n'est pas utilitaire est inutile : les mauvaises herbes, les espèces nuisibles, les prédateurs. On parle bien "d'exploitation des prairies" et "d'encourager l’exploitation durable de la forêt". Le PNP n'est plus qu'une grande exploitation agricole, une ferme à brebis, une ferme d'Etat, une grande coopérative pastorale, une réserve de bois.

L'important c'est de protéger "un riche patrimoine bâti : granges, murets, rigoles d’irrigation" qui sont j'imagine à l'origine de ce qui fait la beauté des Pyrénées. Un patrimoine bien évidement anthropique et pastoral.

L'important c'est de perpétuer pratiques et traditions (transhumance, fauche pédestre, chasse, écobuages), des traditions et des pratiques de "gestion" anthropiques et pastorales.

L'important c'est que les hommes "œuvrent également à la conservation des races traditionnelles et des variétés locales." On croirait entendre Bruno-Besche-Commenge de l'ASPAP. Le PNP est un grand salon de l'agriculture à ciel ouvert, un inventaire des races domestiques. A croire que la mission du PNP est de tenir le "flock-book" des racines ovines.

Flock-book

Pourquoi faire évoluer une race domestique ? Voilà un texte pour mieux comprendre la vision "utilitaire" de ceux qui "exploitent" une espèce animale domestique.

"Si les accouplements entre les animaux étaient confiés totalement au hasard dans une race, celle-ci n’évoluerait pas sensiblement et seule, la sélection naturelle éliminerait ceux qui sont inadaptés aux conditions d’environnement actuelles. Pour qu’une race évolue, il faut que certains animaux, choisis par leurs détenteurs. (l'homme étant le propriétaire) aient plus de descendants que les autres. Le but de la qualification sera d’attirer l’attention sur les «meilleurs animaux» afin que ceux-ci soient plus largement multipliés que les autres. Les «meilleurs animaux» sont ceux dont les performances mesurables (il s'agit bien d'une exploitation par l'homme à des fins économiques) correspondent le mieux aux conditions économiques du futur proche. Leur choix procède donc de trois étapes successives:

  1. La première est prédictive : il s’agit pour les professionnels d’imaginer la demande du marché consommateur et les conditions de production des 10 années à venir.
  2. La seconde est calculatrice et consiste à analyser les possibilités d’amélioration de chaque caractère influençant le niveau de production et à en quantifier l’importance dans le revenu final.
  3. La troisième enfin consiste en l’appréciation du potentiel des animaux pour chaque caractère en séparant dans cette évaluation ce qui est issu du patrimoine génétique et sera transmis aux descendants de ce qui est dû aux bonnes ou mauvaises conditions d’environnement au moment de la mesure.

Ce texte, issu du "herd-book" de la race charolaise montre bien ce que le parc et les éleveurs entendent par la conservation des races traditionnelles et des variétés locales et par exploitation. Est-ce bien là, la mission d'un Parc National en général et du PNP en particulier?
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La présence d'André Berdou à cette manifestation et le discours qu'il a tenu sont inadmissibles. Il devrait être démis de ses fonctions de président du Parc National des Pyrénées.

Ecrivez au Parc National des Pyrénées !  ([email protected]).

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