"Grande marche des Pyrénées" : le bide

Aujourd'hui à Tarbes a eu lieu la "Grande marche des Pyrénées", une "Grande Marche POUR une montagne vivante et préservée, et contre l'ensauvagement et la sanctuarisation des Pyrénées."

Cette manifestation était organisée par l'ADDIP, la FRSEA et les Jeunes agriculteurs. Faut dire qu'un salon de l'agriculture se tient à Tarbes jusqu'à demain. Les agriculteurs visitant le salon pouvant passer pour des sympathisants, presque des manifestants, l'occasion était bonne, un jour d'élections.  Les anti-ours organisateurs avait parait-il le soutien :

  • des "élus de la Montagne",
  • des Chambres d'Agricultures des Pyrénées,
  • des forestiers,
  • des Fédérations des Chasseurs,
  • des pécheurs,
  • des représentants des activités économiques et de tourisme,
  • des associations de défense du libre accès à la montagne,
  • des Associations de la Coordination Pyrénéenne ASPAP09, ADIP31, ASPP65, FTEM64.

Grande_marche_tarbes
La presse locale Pyrénéennes avait chauffé à blanc tous les adeptes du "développement durable" du pastoralisme. La gazette ariègeoise donnait la parole à l'ASPAP et interrogeait Gérard Dubuc (il attendait 14.000 personnes), Philippe Lacube, Hervé Peloffi et Rémi Deanjean, tous des pontes du CA des sauveurs de patrimoine pastoral pyrénéen, l'ours en étant bien évidement exclu. La Dépêche du Midi n'en faisait pas moins.

Sur la toile, les blogs  "l'Echo du Grand Charnier" et "Pyrénées-pyréniais" se déchainaient. Tous les grimpeurs criaient "A l'ours" en cœur sur Kairn dans "Un front uni sans frontière sauvage!" Louis Dollo, l'auteur des articles anti-prédateurs et anti-nature soignait particulièrement le nom de sa page, histoire de ratisser large dans les moteurs. L'url de la page (son nom), comporte les mots clés suivants..., accrochez-vous : pyrenees-front-uni-sans-frontiere-sauvage-ours-grande-marche-manifestation-tarbes-13-mars-2010-biodiversite-developpement-durable-ecologie.

Il s'agirait donc d'une manifestation organisée par des écologistes dans le cadre du développement durable ! Je suis heureux d'apprendre que le pastoralisme se développe économiquement a un tel point qu'il va devenir durable. Dans quelques mois, il pourra même se passer des aides. Le pilier économique se redresse, le pilier environnemental serait assuré par les "jardiniers" qui entretiennent la montagne, même si les pratiques pastorales occasionnent des pollutions tout aussi durables et nuisibles aux autres espèces. Mais les autres espèces, ils s'en tapent. La bioversité est réduites aux espèces domestiques sélectionnées par l'homme; demandez à Bruno-Besche-Commenge.

Depuis peu, le pigiste guide de Pays "réseaute" socialement. Il a 6 sympathisants sur facebook, dont son frère; de doux agneaux symbolisant la biodiversité "à visage humain".

En mai 2006, une manifestation d'anti-ours avait rassemblé plus de 5000 personnes dans les rues de Bagnères-de-Bigorre. Avec une telle liste d'organisateurs; l'ADDIP a elle seule comporte plus de 2500 membres et avec l'appel quasiment aux armes : "Tous les citoyens des Pyrénées et de France, les élus, agriculteurs, éleveurs, forestiers, promeneurs, chasseurs, pêcheurs, randonneurs … sont invités à venir exprimer leur refus de se voir imposer la confiscation du territoire pyrénéen", le battage était total. On s'attendait a un véritable "siège de Tarbes", les écolos craignaient plus de 15.000 déchainés. Ils sont venus. Ils étaient tout juste 2000 d'après la police et les manifestants, pour une fois d'accord.

Un bide remarquable. Pourtant, l'ADDIP disait la veille dans son communiqué : "C'est avec sérénité que nous abordons la 3ème phase de ce combat car nous avons réussi à unir des forces avec une même vision sur l'avenir de nos territoires." Pas de quoi poussez la France à renoncer à ses engagements : sauver la population d'ours des Pyrénées en cette année de la biodiversité. A Chantal Jouanno de parler maintenant, les élections sont passées. Où sont les ours? "S'ils ne sont pas entendus, les opposants envisagent de mener d'autres actions, quitte à durcir leur mouvement" annonce Sud-Ouest. On s'y habitue : ils n'ont ni la loi, ni la justice, ni le développement durable, ni les pyrénéns, ni les français avec eux. Les éleveurs s'éloignent de leurs clients, l'agriculture s'éloigne des français, seuls quelques responsables politiques locaux hurlent avec les éleveurs. D'après Sud-Ouest, cette "Grande marche des Pyrénées" était un des 4 évènements de la semaine. Rubrique "Grand Charnier"?

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