Le pêt de l'ours

La Dépêche du Midi nous propose aujourd'hui une perle: Un veau dévoré par un ours près de Foix!

Le texte original est en noir série Z....

L'ours Balou de retour à Baulou?
 Un veau dévoré. 

L'ours Balou est -il revenu dans la région ?
C’est une question. La DDM va t-elle nous donner la réponse ?

Un veau dévoré par un ours près de Foix : le pêt de l'ours Un veau a été dévoré ce week-end non loin de Baulou, à quelques kilomètres à peine de Foix.
Quel est le rapport entre ces deux infos ? La DDM essaie t-elle de foutre la frousse aux habitants de la ville ? On y croirait.


Balou est-il revenu sur ses traces ? Encore une question.

Il y a deux ans il était descendu de la montagne pour une balade dans le piémont pyrénéen qui l'avait fait passer par Serres sur Arget avant de pousser un peu plus loin dans la plaine.

Normal, les ours cela voyage, et au printemps, ils descendent en plaine. Lisez "Déplacements et comportement spatial d’ours bruns réintroduits en Europe" ou "La sortie des tanières".

Or donc l’an passé, un monstre écumant gigantesque ravageait les versants de Baulou – Ici ravager doit s’entendre : vivre paisiblement de racines au fond des bois. Avides de sensations fortes, imprégnés de littérature romantique, les journalistes proches des associations ultrapastorales sillonnent des «territoires» jusqu’alors inconnus et transforment un plantigrade généralement végétarien en monstre sanguinaire.

Toujours est-il qu'au cours de la nuit de vendredi à samedi un veau de cinq jours (et de belle taille!) a subi une attaque et a été dévoré au lieu-dit Pichot entre Clarac et le village de Baulou. Ils ont été tentés d’écrire Balou.

L'attaque s'est produite sur un coteau où se trouvaient les bêtes de Robert Armadeilh. Un des membres actifs de l'ASPAP, association qui milite contre les ours, s'est rendu sur place samedi matin pour constater les faits, en même temps que des spécialistes de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

Ah, avec l’appartenance de Robert Armadeilh à l’ASPAP, on tient le mobile de l’article : la rumeur! Par contre, pour aider le journaliste, quel beau métier, la buvette est en mesure de rajouter qu’on sait pourquoi il n’y a pas d’ours dans le centre-ville de Foix : Un guide de Pays de mes amis, expert en montagnes, ces amas de rocs brisés au cœur d’un épais sous-bois couvert de brume qui servent de refuge aux ours et aux loups m'a révélé que : «les bestes sauvages elles-mêmes, horrifiées par tant de sauvagerie n’y installent pas leurs tanières, peut-être aussi par ce qu’elles n’osent pas s‘approcher de ce lieu de sainteté, Bonrepaux étant parfois dans les murs.»)

«J'ai remarqué, dit-il, que le veau avait été consommé à moitié, tout le ventre était ouvert. L'ours ne mange pas les viscères, mais sur place il y avait une dizaine de corbeaux et les viscères avaient disparu. La peau du veau avait été pelée et n'adhérait pas à la viande ce qui est très caractéristique. »

L’ours ne mange pas les viscères mais elles ont disparus..., peut-être les a-t-il emportés pour les donner à son copain le chacal, un nouveau venu selon les dernières analyses ADN du suivi des prédateurs. Des corbeaux ! Hitchcock n’est pas loin. Etaient-ils sept ou treize ? Enfer et damnation, le malin est de retour!

Une personne travaillant à l'Office National de Chasse et de Faune Sauvage déclare ne pas pouvoir affirmer que l'animal a été attaqué par un ours. «On ne peut même pas confirmer que le veau soit mort suite à une prédation. il aurait pu souffrir d'une pathologie. L'expertise a été très difficile à réaliser car des charognards sont passés sur le cadavre après la mort»

Euh résumons : un spécialiste dit ne pas être sur que ce soit l’ours, même pas sur que ce soit un prédateur, peut-être même une maladie et qu'en plus, il est trop tard pour savoir ! Mais ce n’est pas suffisant pour décourager les journalistes ursophobes aspapophiles. Aurait-ils aussi suivis l’affaire d’Outreau ?



L'expert explique qu' «un ours attaque de deux manières différentes : il mord à la gorge ou donne un grand coup de griffe avec sa patte». Sur place, il n'a constaté ni trace de morsure, ni hématomes sous cutané. Mais détail troublant, la peau du veau était pelée, rituel qu'effectue l'ours avant de manger sa proie.

Je connais bien un guide de pays spécialisé en dépiautage de brebis et en utilisation de planche à clous, mais je ne lui connais pas d’expérience avec les veaux.... Bien qu’à y réfléchir, il avait aussi couvert l’histoire des veaux d’Aston !



Tout le monde a encore en tête l'extraordinaire escapade de l'ours Balou, qui, après avoir été introduit dans les Pyrénées, n'avait cessé de descendre en plaine : en 2007 vers le nord, vers Toulouse et en 2008 à Bolou, lieu où le veau a été retrouvé mort samedi.

"Extraordinaire escapade", un ours qui descend au printemps ? Voilà un journaliste vraiment spécialisé en éthologie de l’ours brun. Et puis Bolou ou Baulou ? Balou ou Pas loup, pas très sur les envoyés spéciaux.



Mais Balou, qui a hiberné dans l'Aude, près de Comus, est équipé d'une balise intra-abdominale qui permet à l'ONCFS de suivre l'animal dans ses déplacements. L'expert déclare que «les premiers résultats indiquent qu'il n'était pas en Ariège samedi dernier »

Donc s’il n’est pas en Ariège, c’est qu’il est à ... Baulou, c’est évident.



Mais, comme la procédure le prévoit, un agent de l'équipe technique ours est parti vérifier la position de l'animal sur le terrain, l'information devrait être rendue publique aujourd'hui.

 On ne peut donc aujourd'hui ni confirmer, ni exclure que l'ours Balou ne soit pas revenu en plaine.

Et bien, si "on en peut ni confirmer, ni exclure" on ferme sa gueule. Pas de quoi en faire un papier. Mais ils s'y sont mis à deux : Marie Seurin et Jean Martinet. Pas de Thierry Sentous cette fois-ci, le midi regorge de journalistes talentueux.



"J'ai remarqué, que le veau avait été consommé à moitié, tout le ventre était ouvert. La peau avait été pelée et n'adhérait pas à la viande ce qui est très caractéristique.» André Caranta, l'ASPAP.

Oui, on a compris que pour l’ASPAP, instigatrice de cette perle, il s’agit d'une attaque d'ours et si ce n’est pas Balou, ce doit être son frère, ou bien quelqu’un des siens.

«C'est le lieu de passage de Balou».

 Ce qui titille André Caranta c'est que le lieu où s'est déroulée l'attaque avait déjà été emprunté par Balou il y a deux ans : «Moi j'ai retenu deux choses : d'abord que c'est le lieu de passage de Balou, ensuite que le veau a été pelé. L'ours pèle sa proie avant de la manger. Le veau a été attaqué sur le coteau dans un trou où l'on a trouvé son sang. Mais l'on a retrouvé la carcasse du veau trente mètres plus bas. On n'a pas pu déceler des empreintes sur le sol, car la mère du veau était devenue complètement folle et avait piétiné partout le terrain.» Ni pied, ni poil de la bête. Une clôture électrique a été couchée.

André Caranta reconnaît qu'il n'y a pas «d'indices flagrants». Balou ne peut pas être à deux endroits différents, mais s'agit-il bien de lui ? On sait que les animaux d'une même espèce ont tendance à emprunter les mêmes passages que leurs congénères. Le phénomène est bien connu et exploité par les chasseurs. L'hiver a été long ; il se pourrait que l'ours soit sorti de sa tanière.

Deux paragraphes d’anthologie ! André Caranta est titillé et qu’en lui être comme ça, lui toujours parler ainsi. Le suspect était déjà passé là il y a deux ans. C’est donc un habitué, il connaît le coin comme sa poche, y compris les ruelles sombre et tranquilles, les vrais coupe-gorge! L’ours pêle les veaux, c’est dans tous les livres scientifiques. Faut-le comprendre, vous aimez trouver des poils dans vos tripes à la mode de Caen vous ?

Et puis si l’analyse ADN du sang trouvé dans le trou est du sang d’ours et de Balou en plus, le sang ne doit sans doute pas dater de 2 ans, de son premier passage. N’est ce pas là une preuve flagrante ? Outreau vous dis-je ?

Balou pratique le lancer de veau vertical. Et son engin est retombé trente mètres plus bas. Quel monstre ce Balou. C’est qu’il en a des biscoteaux : il ferait un bon remplaçant pour Sébastien Chabal. Même tête de l’emploi.

Et cette pauvre conne de vache qui ne fait que piétiner pour masquer les empreintes du tueur de la chair de sa chair. Et sur tout le terrain! Toute la nuit ça lui a pris à Marguerite de piétiner méticuleusement les grosses pattes ensanglantées de ce monstre velu et bavant. Elle doit bien en rire maintenant la vache. Serviable qu’en même pour celui qui "aurait" dépiauté son veau. Ni pied, ni poil de la bête, plutôt que de laisser un poil sur les barbelés, Balou a «couché la clôture»! Y a pas à dire, les ours slovènes, ce sont pas des plombiers. Pour sur que Balou est ingénieur des eaux et forêts, "au moince". C’est pas possible autrement, ou alors, il s’est taillé les pieds en forme de sabots fendus.

«On sait que les animaux d'une même espèce ont tendance à emprunter les mêmes passages que leurs congénères.»

Même nous on fait pareil, des routes cela s’appelle, et pour les animaux des bois, des passages, des sentes, des pistes, des sentiers, et les chasseurs, c’est des experts ! Même mon chien de Saint-Hubert suit ces voies fumantes des odeurs de bestes sauvages !

Bon c’est vrai, André Caranta reconnaît qu’ils n’y pas d’indices flagrants, mais l’hiver a été long, pour lui comme pour le journaliste, faut bien avoir une rumeur a se mettre sous la dent.

Qu’en déduire ? Qu’au mois d’avril, il se pourrait (mais c’est pas encore certain) que l’ours soit sorti de sa tanière, pour faire son pêt : prout ! Du grand art cet article. Merci La Dépêche.

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