Tir et congélation d'animaux protégés : le procureur demande 5000 euros

300 manifestants d'après la police

Hier, chasseurs et éleveurs manifestaient à Bonneville (Haute-Savoie). Le Dauphiné libéré, fidèle à son habitude de porte parole des éleveurs annonce "un millier de personne" en ne montrant que des images de très près, ne permettant pas une vue d'ensemble ou des gros plans des brebis : "le cortège de manifestant était précédé d'un troupeau qui a fait forte impression". La veille, le même journal parlait de"forte mobilisation". "Plusieurs associations appellent à la mobilisation du monde agricole. Il s'agit de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles 74 et 73, des Jeunes agriculteurs des deux Savoie, les syndicats ovin et caprin des Savoie et l'association "Vivre sans le loup". Près de 3 000 personnes sont attendues." La Tribune de Genève annonce elle "300 manifestants d'après la police, 600 d'après les organisateurs". On était donc très loin du public escompté par les anti-loups.

Peine requise

Le procureur a requis une amende de 5.000 euros à l'encontre de Frank Michel, le chasseur de 38 ans qui a tué et transporté un loup en février 2009 en Haute-Savoie (pour avoir "soulevé le problème" selon Louis Dollo, militant pastoral). Le procureur de la République a en outre demandé le retrait de permis de chasse pour trois ans du prévenu. Il a requis 1.500 euros d'amende à l'encontre du chasseur complice, Philippe de Chamboux, qui a transporté le cadavre du loup et a dépecé l'animal. 

Frank Michel, membre d'une société de chasse et photographe animalier, avait reconnu avoir abattu un loup, espèce protégée, en février 2009 au Petit-Bornand-les-Glières (Haute-Savoie). "J'assume, c'est un coup de sang, une exaspération face aux nombreuses attaques du loup dans la commune", a tenté d'expliquer le prévenu.

"Vous n'êtes pas le porte-parole du pastoralisme et des éleveurs, vous avez agi pour vous-même", ont plaidé les associations écologistes constituées partie civile.

En mars, un chasseur poursuivi pour avoir tué une louve en décembre 2009 dans les Hautes-Alpes, avait été condamné à 4.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Gap. Le montant requis est donc comparable. Il ne découragera en rien d'autres "coup de sang" et tir d'espèces protégées car si les chasseurs reprennent leurs bonnes habitudes, ils se cotiseront pour payer l'amende du délit. (bis repetitam...)

Des trophées au congélateur

Des trophées de héron cendré, de grèbe huppée, de bouquetin, espèces également protégées, avaient été retrouvés au domicile du chasseur. Les troupeaux sont-ils aussi victime d'attaques de héron et de bouquetin; où s'agit-il d'un autre "coup de sang", dans quel cas une consultation s'impose?

"Nous ne sommes pas là pour faire le procès du loup, mais pour celui d'un homme qui a bafoué les règles les plus élémentaires et donné une bien piètre image des chasseurs (...) Il ne s'agit pas d'en faire un héros, ni un martyr", a déclaré le procureur.

Le jugement a été mis en délibéré au 17 juin. Pour la loi, le loup est un animal protégé. En outre, l'État a autorisé, entre avril 2009 et avril 2010, l'abattage de six loups, sur un total estimé à 160.

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