Ourse Cannelle : René Marquèze paiera 10.000 euros

Relaxé pénalement pour avoir tué Cannelle la dernière ourse pyrénéenne le 1er novembre 2004 mais condamné au civil à verser 11 000 € de dommages et intérêts à des associations environnementales, René Marquèze espérait en avoir fini avec la justice. Il n'en est rien, Marquèze paiera 10000 euros.

Le 1er juin, la cour de cassation a examiné son pourvoi. La Dépêche du Midi dans un article qui soutient le chasseur tueur d’ours écrit que «le ministère public estimait notamment dans son réquisitoire que si la chambre criminelle dit de René Marquèze qu'il s'est trouvé dans un état de nécessité, elle ne pourra approuver la décision des juges du second degré d'accorder des dommages et intérêts

 
Il paraît que René Marquèze, joint au téléphone, se disait «être confiant car on m'a acquitté à Pau et partout. Mais j'en ai ras le bol de tout cela, j'en ai assez qu'on m'en parle. J'aspire à être tranquille» mais l'ourse  Cannelle poursuit encore René Marquèze.
 
En effet, la Cour de cassation s'est penchée sur le pourvoi du chasseur mardi 1er juin 2010 après-midi et a rendu sa décision quelques heures plus tard. Exonéré de toute responsabilité pénale quant à la disparition tragique de l'animal, le chasseur avait été toutefois condamné à verser 11000 euros à sept organisations de protection de l'environnement. La haute juridiction a cassé l'arrêt de la cour d'appel de Pau uniquement sur la recevabilité d'une des associations, One Voice, qui ne recevra pas les 1000 euros alloués par la juridiction paloise.
 
À l'annonce de cette décision, Maître Thierry Sagardoytho, défenseur de René Marquèze s'est dit déçu mais pas surpris ; pour lui : «cette indemnité n'a ni queue ni tête. Elle n'est pas le prix de la disparition de l'ourse Cannelle. Elle est une aumône donnée à des associations pour renflouer leur trésorerie».

Il s’agit pourtant du prix de la dernière ourse pyrénéenne. Le même prix qu'une peau d'ours sur le marché noir en Espagne.

La Cour de cassation a confirmé hier la condamnation. René Marquèze devra donc indemniser diverses associations de protection de la nature à hauteur de 10000 €. René Marquèze, âgé de 61 ans à l'époque des faits, avait été averti en partant pour une battue aux sangliers qu'il était susceptible de croiser le plantigrade.

Les opposants au plantigrade ne digèrent pas que justice soit faite : Louis Dollo parle ainsi de “racket légal”, furieux que les associations utilisent les sommes ainsi récoltées via la justice pour continuer leur combat pour la défense de l’ours des Pyrénées et pour attaquer en justice ceux qui tirent sur les plantigrades.

Avant René Marquèze, les dix éleveurs et membres des associations opposées à la survie de l'ours dans les Pyrénées qui avaient violemment manifestés à Arbas le 1er avril 2006 ont été condamnés par la justice à 6.796 € pour dégradation de biens publics. Les éleveurs s’étaient alors cotisés.

Il est probable que, d’une manière toute aussi immorale, les opposants se cotisent à nouveau pour payer cette amende.  C’est dur à organiser ; ce n’est pas cher pour le chasseur responsable mais c’est douloureux intellectuellement de financer ainsi un éventuel prochain procès. Autant y réfléchir avant de tirer sur un ours, une espèce dite protégée en France.

Le 7 septembre 2008, un chasseur ariégeois tirait “à l’instinct” sur l’ours Balou et le blessait à la patte. La plainte déposée contre le chasseur a été classée sans suite. La question n’est donc pas de se demander si cela arrivera de nouveau, mais quand cela arrivera.

En juillet 2008, lors de sa visite à Toulouse, Mme Kosciusko-Morizet avait lancé quatre missions pour améliorer le plan ours 2006-2009. Les rapporteurs avaient également proposé le remplacement "sur-le-champ" des ours "qui auront été éliminés par des causes humaines".  Les trois ourses mortes par “accidents de chasse” : Claude en 1994, Mellba en 1997 puis Cannelle, dernière ourse pyrénéenne, en 2004, n’ont pas été remplacées.  Les ourses Palouma (dérochement en août 2006) et Franska (collision avec deux véhicules en août 2007) n’ont pas été remplacées non plus.

Une plainte à été déposée contre la France pour défaut de protection de l'ours des Pyrénées.

A suivre donc.

 
 
 
 
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