Tuberculose bovine et faune sauvage

Cerf, sanglier et blaireau sont des espèces sensibles sur tous les continents et constituent donc des témoins privilégiés de la tuberculose d'origine domestique encore présente dans les régions d’élévage et créent en permanence un réservoir sauvage susceptible d’accueillir les germes de la maladie.

Jean-Pierre Alzieu, directeur du laboratoire départemental travaille actuellement en relation avec la fédération départementale ariégeoise des chasseurs sur des prélèvements de blaireaux (les analyses et les prélèvements sont pris en charge par les services de l’Etat)

 : «Le cerf partage souvent l’espace avec les troupeaux, son comportement exploratoire (il renifle de sol) provoque une contamination orale. 

Les sangliers sont omnivores, il leur arrive de consommer des viscères de cerfs laissés dans la nature par les chasseurs; quant aux blaireaux aux comportements fouisseurs, ils sont au contact des matières fécales.

Pour résumer il y a pénétration oro-nasale des matières virulentes que l’on retrouve dans  la salive, des expectorations et des matières fécales. 

Les prélèvements sur les ganglions (des voies respiratoires, de la gorge, des poumons ou du ventre pour les sangliers) et la recherche en laboratoire du microbe ont permis de constater que la tuberculose sur la faune sauvage est toujours d’origine bovine»

  • En Seine-Maritime en 2001-2002, 14% des cerfs et 28% des sangliers étaient infectés.
  • En 2005-2006 on dénombrait 25% de cerfs et
  • En 2007-2008, 22% de cerfs.

Face à une telle proportion de bêtes sauvages contaminées, les autorités ont décidé en relation avec la fédération des chasseurs l’éradication du cerf et une réduction drastique des sangliers. 

Aussi en 2008-2009 on ne comptait plus qu’un seul cerf infecté et 11% des sangliers. 

Par contre et dans le même temps le chevreuil était totalement réfractaire à la contamination (aucun cas n’a été dépisté).

Force est de constater que ce problème est un problème national et que dans certains départements (à forte densité d’élevages) comme les Pyrénées Atlantiques, la Corse, la Dordogne et la Bourgogne la faune sauvage constitue un réservoir secondaire sentinelle des infections bovines.

Dans le département de l’Ariège, la collecte de blaireaux se fait par piégeage sur une zone déterminée. 

Cette zone d’observation, plus large que celle des bois car on prend en compte un déplacement sur 20 km de diamètre, ainsi 26 communes sont concernées et 5 cantons, permet de réaliser le suivi de la faune sauvage. 

«Il n’est pas question d’interdire la chasse», indique le directeur du laboratoire départemental 

«L’inspection rapprochée des cerfs, sangliers, avec l’intervention systématique du laboratoire départemental en accord avec la DDSV et la fédération des chasseurs permet de surveiller de près les espèces sensibles»

.

La fédération départementale des chasseurs réunira la semaine prochaine tous les présidents des ACCA (association communale de chasse agrée) afin d’attirer l’attention des chasseurs sur les bonnes pratiques d’hygiène lors de la manipulation et la conservation du gibier, les bonnes pratiques sanitaires de nature à préserver la santé animale et humaine (prélèvements à réaliser afin de lutter contre les maladies du grand gibier telles que trichinellose, la pestivisore, la tuberculose et autres pathologies).

Pour tout renseignement:

Fédération Départementale des chasseurs: 05 61 65 04 02

Laboratoire vétérinaire départemental: 05 61 65 07 21

Source : Ariègenews

La source est domestique et l'homme s'en prend aux espèces ... sauvages, comme toujours. Et la chasse se frote les mains : éradication, réduction drastique; "au boulot les gars, nous sommes utiles, tant pis pour les sâles bêtes qui nous empoisonnent la vie et le bétail..." La chasse protège la biodiversité ... domestique, la biodiversité "à visage humain", comme si elle avait besoin d'un visage...

Commentaires