Allègre et le lobbying

Pour 66 % des Français, le réchauffement climatique se fait déjà sentir.

Quand on parle de réchauffement, les jeunes et les vieux ne sont pas d'accord. Un clivage que met très bien en évidence un sondage IFOP "Les Français et le climato-scepticisme", réalisé en exclusivité pour Le Monde, en partenariat avec France Inter, à dix jours du Sommet de Cancun (Mexique) sur le climat.

Pour 66 % des Français, les conséquences du réchauffement – renforcement des phénomènes météorologiques extrêmes (cyclones, ouragans…), hausse du nombre de sécheresses, canicules, etc. – se font déjà sentir. Chez les moins de 35 ans, ce pourcentage grimpe jusqu'à 78 %, tandis qu'il chute à 50 % chez les 65 ans et plus.

Lobbying influent

Les thèses climato-sceptiques ? 69 % des Français disent en avoir entendu parler, mais 91% des 65 ans et plus les ont entendues contre 56 % des moins de 35 ans. Ce clivage intergénérationnel est plus important que celui qui existe entre UMP et PS. Ainsi 62 % des gens de gauche considèrent que le réchauffement et ses conséquences sont une menace pour leur mode de vie contre 48 % des interrogés proches de la droite.

Une surprise : la similitude des réponses entre non-diplômés et diplômés. Vis-à-vis du changement climatique, les positions ne varient pas que l'on soit ouvrier ou jeune cadre titulaire d'un MBA. Grâce à un regard croisé France-Etats-Unis, le sondage montre également combien le lobbying des industriels du pétrole et du charbon a réussi à influencer l'opinion publique américaine.

Marie-Béatrice Baudet dans Le Monde. Le texte intégral est payant.

L'académie des sciences

La communauté des climatologues français, systématiquement dénigrée par Claude Allègre, en particulier dans son livre «L’imposture climatique», avait demandé au ministre de la Recherche de susciter un débat scientifique sur le réchauffement climatique. Ce débat a eu lieu à huis clos à l’Académie des Sciences le 20 septembre dernier. Il réunissait quelque 120 scientifiques français ou étrangers, dont des spécialistes extérieurs à l’Académie et des climato-sceptiques notoires comme Vincent Courtillot. La synthèse des débats vient d’être publiée par l’Académie des Sciences.

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