L'Ours, un otage politique

 

L'Ours, un otage politique
Dans le Charlie Hebdo n°961 du 17 novembre 2010 : L’Ours, un otage politique
Extraits.

à cette fin, un bouc émissaire est toujours utile… l’ours en l’occurrence (…)Pascal Olive, éleveur spécialisé dans la vente directe : “J’aimerais bien que l’ours me mange un veau. J’ai alors un slogan tout prêt. Je mettrai un ours sur mes affichettes, avec marqué dessus : Lou souégnou, le veau que préfère l’ours.” Cet argument économique est aussi celui du maire : “Si on met une étiquette avec un ours sur un fromage de chèvre, il se vend mieux.” (…)

A défaut d’arabes, les ours

(...) Au moins, Léon-Pierre Galy-Gasparrou n’a pas peur de se mettre à dos les éleveurs : “La majorité des habitants sont favorables à l’ours, et les éleveurs ne représentents que 9% de la population et 7% de l’activité économique du canton.” Pour lui les éleveurs sont instrumentalisés à des fins politiques, en premier lieu par le conseil général de l’Ariège (NDLB: Augustin Bonrepaux), dont “le président, à cause de la décentralisation, a plus de pouvoir aujourd’hui que le comte de Foix au XVIe siècle”. Pour se maintenir au pouvoir, il faut donc flatter les électeurs, et, à cette fin, un bouc émissaire est toujours utile… l’ours en l’occurrence. (…)

(…) Le seul point sur lequel tout le monde est d’accord, c’est que les éleveurs sont dans la panade. Leurs revenus se sont effondrés ces dernières années, à cause de la mondialisation et de la hausse des coûts de production… Et comme le dit Pascal Olive, “Quand on est mal, on a besoin d’aboyer”. En somme, l’ours n’est qu’un chiffon rouge. Pendant qu’on gueule contre lui, on ne râle pas contre le pouvoir politique. “Il y a plein d’agriculteurs qui ne se rendent pas compte que leur problème ne vient pas de l’ours.”

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