Un gypaète barbu retrouvé mort en Haute-Savoie où il ne reste que 3 couples

Un gypaète barbu retrouvé mort en Haute-Savoie où il ne reste que 3 couples Triste découverte pour les amoureux de la nature en Haute-Savoie. C’est un chasseur haut-savoyard qui a signalé, début octobre, la présence d’un cadavre de grand rapace au cirque des Fonts. Après vérification, les plumes et ossements seront rapidement identifiées par le garde de la réserve naturelle Sixt-Passy, comme étant ceux d’un gypaète barbu.

La carcasse a été retrouvée juste à l’aplomb de la ligne haute tension Sixt-Emosson, ce qui laisse penser que la mort est due à une collision accidentelle avec le câble. C’est le cinquième cas identifié de collision d’un gypaète avec un câble aérien.

Une chose est sûre, il ne s’agit pas d’un des oiseaux adultes du couple local de Sixt, ni de leur poussin de l’année, tous ayant été observés en vol depuis. Aucune bague n’a en revanche été retrouvée. Une analyse génétique a donc été demandée afin de tenter d’identifier l’individu.

Le gypaète barbu est l'une des espèces les plus menacées en Europe et bénéficie d’un plan national d’actions visant, pour l’arc alpin, à en pérenniser la population. L’espèce se reproduit très lentement (pas avant 8 ans) et produit, en moyenne, un jeune à l’envol tous les trois ans. Seuls 18 couples se reproduisent naturellement dans l’arc alpin, dont trois en Haute-Savoie. La collision avec un câble est l’une des menaces les plus fréquentes pour le “casseur d’os”, avec le braconnage et l’intoxication par empoisonnement.

Un os de petit ongulé a été retrouvé à proximité, “ce qui laisse supposer que le gypaète le transportait au moment de l’impact et qu’il n’a pas eu le temps ou le réflexe de le lâcher avant de s’écraser au sol” indique l’association Asters, chargée de la mise en place du plan d’actions national en Haute-Savoie.

L’association précise également que la ligne THT de Sixt-Emosson est considérée comme dangereuse pour l'avifaune, “car elle traverse plusieurs zones de falaises et de cirques et présente des portions de très grande portée entre les pylônes, ce qui rend impossible son équipement avec des moyens de visualisation (spirales, flotteurs) pour signaler sa présence aux oiseaux”.

Consciente que “les lignes électriques représentent un réel danger pour certaines espèces vulnérables ou de grande envergure”, l’entreprise ERDF assure collaborer depuis 15 ans avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Haute-Savoie et réaliser chaque année des interventions en faveur de l’avifaune.

«Entre 1995 et 2010, les lignes moyenne tension de 40 communes de haute-Savoie ont ainsi été traitées par les services techniques d’ERDF» assure un communiqué de l’entreprise. Des travaux sont actuellement en cours sur la commune de Scientrier pour installer des dispositifs d’isolation et de dissuasion sur 25 poteaux électriques identifiés comme “à risque” par la LPO.

Source : Le Dauphiné

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