Laurent Garde : mi-temps au CERPAM, mi-temps chez Choc

Laurent Garde : mi-temps au CERPAM, mi-temps chez Choc Laurent Garde, le poisson pilote des requins ultapastoraux pyrénéens travaille t-il à mi-temps pour Choc?

Dans un style qui n'a rien à envier à la presse "people", Laurent Garde nous a écrit un récit poignant, plein de suspens et de tension progressive. Il est temps de s'accrocher à sa souris!

Cela commence par une mise en contexte : "Le 6 novembre 2010, Philippe Lemoine (Yéti05), le berger de la montagne de Céuze dans les Hautes-Alpes, garde son troupeau. Il fait beau, c’est le début de l’après-midi. Sur ce bas d’alpage, le terrain est dégagé, facile à garder, facile à surveiller dans ce massif où les loups ont fait leur apparition depuis deux ou trois ans." Le cadre est en place.

Le texte de Laurent Garde est accompagné d'une photo d'un alpage où 6 loups en position de rateau surveillent à distance des brebis qui broutent. Une meute quoi, comme il y en a plein en France. Une meute qui s'apprète à saisir une opportunité. Je connais plein de gens qui aimeraient observer 7 loups ensemble. L’observation est extraordinaire, pas le fait. Combien y a-t-il de meute en France? Toutes les meutes doivent faire pareil.

Le berger a pris la bonne décision. Il a descendu son troupeau avec 7 jours d'avance. Il a perdu 2 brebis et peut maintenant réfléchir à comment améliorer la protection de son troupeau. Le dernier paragraphe de Laurent Garde, plein de mauvaise foi pose des questions. 

"Que faut-il faire désormais face à des loups qui ignorent toute crainte ? Que faut-il faire de plus dans les alpages quand la quasi-totalité des troupeaux disposent déjà d’un berger permanent et, bien souvent, d’un aide-berger ? Que faut-il faire de plus dans un contexte où la grande majorité des troupeaux attaqués par des loups sont surveillés par des chiens de protection ? Que faut-il faire de plus alors que la moitié des attaques de loups se produit désormais en plein jour dans les Alpes du Sud et que ni la présence des hommes, ni celle des chiens ne les découragent ?"

Si tous les troupeaux disposaient d'un berger, d'un aide berger, de chiens de protection et de parcs de rétention, cela se saurait et Laurent Garde perdrait son mi-temps au CERPAM et son mi-temps chez Choc vu qu'il y aurait beaucoup moins de dégâts dans les troupeaux.

Je suis sûr que Laurent Garde, s'il n'a pas oublié ce qu'il fait pendant son autre mi-temps, pas celui de rédacteur de nouvelles gore chez Choc, va pouvoir conseiller l'éleveur :

  • 1 patou inexpérimenté et seul pour 700 brebis, c'est trop peu. On recommande 1 patou pour 250 à 300 brebis. On sait qu'il y avait un deuxième patou. Où était-il? Pour combien de brebis? Les patous doivent rester avec les brebis.
  • Il y a eu des signes prémonitoire : "une jeune femelle qui a aboyé toute la nuit face aux loups" Cette alerte aurait dû inquiéter l'éleveur.
  • Les chiens de conduite, même nombreux n’assurent pas la protection d’un troupeau.

Ce qui me choque dans cet article, c'est le style de Laurent Garde. Loin de son style "scientifique" habituel, il adopte un style beaucoup plus manipulateur, à la Tarbes-Infos.

  • la phrase « près d’un hameau et d’une route goudronnée » est simplement là pour créer la peur : « Ils arrivent près des maisons, dans nos jardins, rentrez les enfants! ». Ce sont des détails sans intérêts, comme la marque de la remorque ou le nom des chiens, qu’il ne donne pas d'ailleurs.
  • Ah, s’il avait pu interviewer la dame sortant du bois avec son chien et tombant nez à nez avec les loups. Il tiendrait un scoop pour la Dépêche!
  • « On est samedi, les gardes monteront le lundi », comprendre « Les gardes sont tous des fainéants. » (sauf lui!)
  • « à un endroit où il passe du monde » : on l’envie d’avoir des témoins, comme pour les attaques de vautours, devenus prédateurs.
  • « La veille ils ont été privés de leur proie » Les loups doivent être fou de rage et de haine, une carnage se prépare, c’est sûr. Sales bêtes ! Quel anthropomorhisme.
  • « Ce jour ils changent de tactique ». C'est ce qu'on dit aux pyrénéens depuis des lustres, vous allez regretter l'ours. Les Toys et autres bergers libertistes avec leurs troupeaux abandonnés en montagnes vont en baver! Ils auront été prévenus et ne pourront plus venir se plaindre. Rassurer-vous. Ils se plaindront quand même et bruyamment. D'ailleurs "la quintessence intellectuelle d'Ariège-Ruralité à produit sa première flatulence" comme a écrit un lecteur de la Dépêche.
  • « Il a fallu renoncer au camion qui avait été réservé et multiplier les voyages avec la petite bétaillère de l’un des éleveurs » Tous les métiers sont plein d'imprévus, même le métier de berger qui n'est pas, comme les images d'Epinal le montrent un métier où l'on reste assis dans l'herbe, le baton à la main, le bérêt de travers sur la tête à mâcher de l'herbe en regardant le troupeau vaquer à ses errances estivales. Le berger doit aussi faire son boulot : surveiller, soigner, garder et protéger son troupeau.
  • « Je prends des cachets pour dormir » dit le berger de 54 ans. Qu'il se rassure, 50% des français sont dans son cas.
  • « à mon âge, c’est pas évident de cohabiter avec quelqu’un avec qui t’as pas forcément d’affinités. » Il ne faut pas rester misanthrope et grognon. Quelques rencontres au coin du feu permettent de casser la glace, de sonder les aptitudes d'un aide. Dans le businness, on appelle celà l'entretien d'embauche, comme quand un candidat se présente à la rédaction de PAris-Match par exemple. Et pour loger un aide berger, il esiste des aides européennes, l'IPHB, des yourtes, des tentes confortables, en attendant qu'on retape convenablement la cabanne.
  • « le groupement pastoral s’était engagé sur un contrat agri-environnemental pour la gestion des habitats remarquables de ce site Natura 2000. » Ah, enfin des bergers respectueux de la nature qui ont compris l'intérêt du programme Natura 2000 pour la sauvegarde des espèces et des habitats. Ce n'est pas courant dans le milieu où n'importe quelle mesure visant à sauvegarder la nature est perçu comme une contrainte. Mais je ne suis pas sur que ce ce soit ce que Laurent Garde aie voulu faire passer comme message...
  • « Que faut-il faire désormais face à des loups qui ignorent toute crainte? » Le dernier paragraphe est d’une telle mauvaise fois que je m’abstiens de le commenter. La réponse subliminale contenue dans la nouvelle à sensation de Laurent Garde est éradiquer une espèce protégée.

Le texte original s'intitule "Hautes-Alpes : sept loups attaquent un troupeau en plein jour en présence du berger et des chiens." Je ne le reproduis pas, Laurent Garde n'a pas apprécié que je révèle ses accointances avec l'ADDIP, Bruno-Besche Commenge et Louis Dollo. Il est capable de me faire un procès, mais vous pouvez le télécharger sur un blog pastoral qui n'aime pas la Buvette ou sur le gros tas de viande rouge.

Le loup a tué deux brebis dans les Hautes-Alpes. C'est ce qu'il faut retenir de ce torchon à sensation.

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