L'ours brun dans les Pyrénées en 2011: repères et informations

Dossier de presse de la coordination « Cap Ours »
4 février 2011

La situation actuelle

Trois noyaux de population

En 2010, la population d’ours brun dans les Pyrénées n’est toujours pas viable. Deux des trois noyaux de présence ne comprennent que des mâles et n’ont donc aucune chance de se maintenir. Sans renforcement rapide, l’ours disparaîtra à court terme des Pyrénées Occidentales, zone de présence  historique de l’espèce.

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Histoire récente de l’ours dans les Pyrénées

Chronique d’une (quasi)disparition annoncée

Il y a toujours eu des ours dans les Pyrénées, mais on a frôlé la disparition totale.


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Quelques repères

  • 1972 : L’ours devient une espèce protégée
  • 1984 : L’état lance le « Plan Ours »
  • 1989 : premières études sur le renforcement de la population
  • 1992 : L’Europe vote la Directive « Faune – Flore - Habitats », fixant une liste d’Espèces et de milieux naturels à conserver, dont l’ours brun.
  • 1996-1997 : Premiers lâchers d’ours en Pyrénées Centrales : 2 femelles et un mâle
  • 2004 : Mort de Cannelle, dernière femelle de souche pyrénéenne
  • 2006 : Deuxième opération de lâchers en Pyrénées centrales : 4 femelles et un mâle
  • 2009 : l’UICN classe l’ours brun « en danger critique d’extinction » en  France
  • 2010 : 4 nouveaux oursons sont détectés dans les Pyrénées, dont 3 femelles.

Points clés

  • Il y a toujours eu des ours dans les Pyrénées
  • le bilan des lâchers est positif puisque les ours se sont bien adaptés au milieu (bonne reproduction, survie des oursons) et les dégâts n'ont pas augmenté.
  • Les opérations de lâchers ont été efficaces, mais insuffisantes et inégalement réparties.


30 ans d’actions pour la cohabitation ours – bergers dans les Pyrénées

Depuis …

  • 1979 : Prime de dérangement pour compenser le surcroît de travail lors d’attaque d’ours.
    140 € par attaque en 2010, en sus de l’indemnisation des bêtes elles-mêmes. Béarn, puis Pyrénées.
  • 1983 : Héliportages gratuits de matériel pastoral (1252 tonnes de matériel cumulé de 1983 à 2008). Béarn puis Béarn + Pyrénées centrales.
  • 1983 : Installations radios reliant les cabanes au fond de vallée. Béarn.
  • 1991 : Radiotéléphones alimentés par panneaux solaires. Béarn.
  • 1996 : Téléphones mobiles pastoraux. Pyrénées centrales.
  • 1994 Valorisation du fromage fermier des vallées à ours « Pé Descaous ». 28 producteurs depuis sa création. Béarn.
  • 1995 : Chiens de protection : financement, suivi, accompagnement. Pyrénées Centrales, puis Pyrénées.
  • 1995 : Financement pour l’embauche de bergers, clôtures électriques, réfection de cabanes pour une meilleure gestion et protection des troupeaux. Pyrénées Centrales.
  • 1995 : Sécurisation des estives (clôtures Haute-tension, parcs électrifiés, projecteurs d’effarouchement). Béarn.
  • 1996 : Bergers itinérants : une équipe appuie les bergers en cas de difficulté sur l’estive. Pyrénées Centrales.
  • 1998 : Ravitaillement et transport du fromage réguliers par muletage. 87 navettes en 2010. Béarn.
  • 2001: Valorisation du broutard du Pays de l’Ours (viande). Pyrénées Centrales.
  • 2008 – 2013 : Plan de Soutien à l’Economie de Montagne (PSEM) : 48,5 M€ pour aide au gardiennage, mise en place et entretien de chiens de protection, achat de clôtures … Pyrénées.

Ces aides directement liées à la présence de l’ours ont permis un véritable bond en avant dans les conditions de vie des bergers ce qui contribue à leur maintien en montagne.    

Ces actions ont le plus souvent été créées par des associations, particulièrement le FIEP en Béarn, mais aussi Pays de l’Ours – Adet en Pyrénées Centrales. La plupart ont été étendues et prises en charge par des fonds publics, d’autres sont toujours gérées par les associations. Autres structures impliquées : Parc National des Pyrénées, IPHB, WWF France.

Le point sur les dégâts d’ours

L'ours ne menace pas le pastoralisme
Chaque année,  les ours tuent 100 à 300 brebis, ce qui représente environ 1% des pertes estivales (20 à 30.000 brebis meurent chaque année sur les estives du fait de chutes, maladies, foudre, chiens errants..) et 0,03 % du cheptel pyrénéen global.

2010 : Plus d'ours mais pas plus de dégâts

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En 2010, les ours ont fait aussi peu de dégâts aux troupeaux qu’en 2009. 167 bêtes ont ainsi été reconnues « imputables » à l’ours. Voilà plusieurs années que les dégâts d’ours baissent ou stagnent dans les Pyrénées. Si l’on considère l’augmentation constante du nombre d’ours depuis 1996 (quatre oursons repérés en 2010), on peut donc constater une diminution du nombre de dégâts par ours présent dans les Pyrénées.

Les raisons en sont sans aucun doute la bonne adaptation des ours et la qualité biologique du massif pyrénéen, mais aussi l’augmentation et l’efficacité des mesures de protection des troupeaux (chiens de protection, regroupement nocturne …).

Pour comparaison, évolution de la population d’ours (nbre mini d’individus repérés chaque année)

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Un soutien continu des Français et des Pyrénéens


Parole d’ours 2010 (programme de Ferus)
75 % des personnes sondées : "L'ours était là avant nous, il fait partie de l'histoire et de la culture Pyrénéenne. C'est un élément du patrimoine naturel, et est une des images associées aux Pyrénées."

Mai 2010, sondage TNS Sofres « Les Français et la biodiversité »
95 % des Français estiment importante la préservation de la biodiversité.
61%  les réintroductions d’ours dans les Pyrénées ont un impact positif sur la biodiversité.

Parole d'ours 2009 (2 265 personnes sondées sur les marchés Pyrénéens)
75,8 % sont favorables à la présence de l'ours dans les Pyrénées
62,4% favorables à des nouveaux lâchers d'ours.

2008 sondage IFOP pour la DREAL Midi-Pyrénées
76% des Français favorable au maintien de l’ours dans les Pyrénées, 69% des Pyrénéens.
58% des Français (56% des Pyrénéens) favorables à de nouveaux lâchers.

2005 : sondage IFOP pour pays de l'ours ADET
84% des Français favorables au maintien d'une population d'ours
77% sont favorables à l'introduction d'ours supplémentaires.

2004 : sondage Arsh Opinion pour la République des Pyrénées
77% des habitants des Pyrénées-Atlantiques favorables à la réintroduction d'ours.

2003 : sondage IFOP pour WWF & Pays de l'Ours-Adet
72% des Français sont favorables à de nouvelles réintroductions d'ours dans les Pyrénées
58% des montagnards Pyrénéens le sont aussi.

1992 : sondage SOFRES pour Artus
85 % des Français « attachés » à l’existence des ours
72% ont une image positive d’une région protégeant l’ours

L'ours, un atout pour le développement durable des Pyrénées

La présence de l'ours permet de créer des emplois

La présence et la conservation de l'ours a permis de mobiliser des moyens qui se sont traduits concrètement en emplois locaux, durables et non – délocalisables. Si l'on ajoute les postes de bergers, de techniciens, de salariés associatifs, environ 250 emplois sont directement liés à la présence de l'ours, représentant plus de 100 équivalents temps-plein.

Un potentiel de valorisation locale négligée

Le modèle de développement dominant l’intégrant mal, la protection de la nature, de l’ours en particulier, est trop souvent considérée comme une contrainte.  La présence de l’ours est au contraire un atout et une opportunité pour un nouveau mode de développement, basé sur la qualité : qualité des pratiques et des produits, symbolisée par la présence de l’espèce emblématique qu’est l’ours brun, véritable spécificité pyrénéenne.  
La valorisation de la qualité est la clef pour un développement durable et une cohabitation apaisée entre l’homme et la faune sauvage.

De plus, l'intérêt suscité par l'ours est clairement un atout économique du massif, pour le moment négligé. Pourtant, les exemples de nos voisins espagnols et italiens sont démonstratifs. Dans les Asturies, l'ours est le moteur et le symbole d'un nouveau modèle de développement économique, basé sur la préservation des milieux naturels, et pouvant enrayer le déclin des activités rurales traditionnelles de cette région. Le massif des Abruzzes (Italie centrale) reçoit chaque année environ 1.200.000 touristes. Selon les responsables locaux, 400.000 viennent pour la station de ski, et 800.000 pour l'ours !

Un espoir pour l'ours en BéarnL'économie de nos montagnes est–elle à ce point prospère que l'on puisse se permettre d'ignorer un tel atout ?

 Afin d’accompagner le lâcher d’une ourse dans le Béarn, une page multi-associative sera publiée dans le « Pyrénées Magazine » de mars/avril 2011 (en kiosque à partir du 25 février) : " Un espoir pour l'ours en Béarn, le lâcher d’une femelle en 2011.
 L’ours, un pilier du patrimoine naturel et humain des Pyrénées."

Associations signataires : FERUS, Pays de l’ours-ADET, F.I.E.P. (Fonds d’Intervention Eco-Pastoral), Nature Midi-Pyrénées, France Nature Environnement des Hautes-Pyrénées (FNE 65), Mille Traces, Noa Conservation, Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM), Association Nature Comminges (ANC), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP).

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