Bienvenue à l'ours en Béarn

Une ourse lâchée en Béarn !

Lâcher d'une ourse en Béarn dans le massif de Sesques Chantal Jouanno n’a pas tenu sa parole. Et dans le dossier de l'ours, le gouvernement n’a pas de courage politique. "L’environnement, ça commence à bien faire" avait lâché Nicolas Sarkosy au salon de l’agriculture en 2010. Les agriculteurs et les chasseurs votent, pas les ours ! On voit comment l’UMP et le PS font de l’écologie, par obligation. L'économique est prédominant pour les uns, le social pour les autres. Une seule ourse lâchée en Béarn ! Et la viabilité ?

Aspe-Ouest est mort seul, le cul pelé. Boutxy a été tué en Haute-Ariège en juin 2009. Philippe Lacube "Mac'ube" qui a claironné la nouvelle continue à vendre ses Mac’Arel en souriant, bouche ouverte. L'ourse Cannelle n’a pas été remplacée, elle gît dans un congélateur. Les sympatisants de René Marquèze ont mis la main au portefeuille pour payer l'addition de 10.000 euros. L'ourse Franska n'a pas encore été remplacée. Peut-être demain ou dans quelques jours. Pour l’Etat, c’est la politique du minimum minimorum. Surtout prendre son temps et compter sur les ours actuels pour qu’ils se reproduisent. Si on les laisse faire, car l’impunité reste totale envers les braconniers (éleveurs?). Eteindre l'écobuage, éviter les vagues et l'irradiation, parler d'autres choses, des étrangers ou de la burka...

"Chaque ours tué doit être remplacé"

Chantal Jouanno à mangé son chapeau : En octobre 2009 elle disait :"Chaque ours tué doit être remplacé, sinon on donne une prime à ceux qui tuent les ours…". "... La population montagnarde, sur la partie montagnarde adhère à l’ours, un des symboles fort des Pyrénées. Quand on pense Pyrénées, on pense ours !" La formule était choc mais a fait long feu. "On ne rajoute pas un problème, les ours font partie des Pyrénées. Les ours sont dans les Pyrénées. C’est historique, on ne rajoute pas quelque chose de nouveau. On n’impose pas une espèce nouvelle qui n’aurait jamais été une espèce pyrénéenne. L’ours fait partie des Pyrénées, c’est une espèce qui existe dans les Pyrénées." Elle fait simple pour que le journaliste comprenne...

Pourtant, elle s'était engagée : "On maintiendra la population d’ours. Nous poursuivons le plan qui est engagé et qui a toujours existé. La France ne renonce pas à ses engagements internationaux."

 En jouant sur les mots : "le renforcement n’est pas une réintroduction, les ours ont toujours été là. La population d’ours sera maintenue dans les Pyrénées et on veillera à ce que se soit une population viable..." 

"La population d’ours est dans un état tellement faible que s’il n’y a pas d’opération de renforcement, à terme, elle ne se maintient pas ! C’est très clair…" "Ce dont on débat avec les uns et les autres, c'est le où, quand, combien".

"On veillera à ce que se soit une population viable ?"

Dans son rapport scientifique 2009, l'ONCFS préconise la réintroduction de onze à treize femelles et de deux mâles pour pour obtenir une population viable. 
La France va t-elle respecter ses engagements internationaux ? Bien sûr que non. Le combien a été décidé politiquement : ce sera une seule ours. Le et le comment sera abandonné aux scientifiques, en remerciement pour leur joli rapport.

Selon Chantal Jouanno, l'ours se reproduit naturellement sans besoin d’introduction. La preuve qu'elle se trompe!"...naturellement sans besoin d’introduction!"

La ministre a perdu la main, ses doigts sont endoloris. Le 26 juillet 2010, c'est "en arrière toute". Chantal Jouanno s’écrase et renie sa parole : « L’objectif qui doit être poursuivi est de conserver une population viable... ». Cela n'a pas changé. Mais le raisonnement scientifique sur la viabilité de la population du rapport de l'ONCFS s'est évaporé dans l'air conditionné des bureaux ministériels parisiens : Chantal Jouanno explique aux demeurés que nous sommes que viable veut-dire : « c'est-à-dire qui se reproduit naturellement sans besoin d’introduction. Nous surveillerons l’évolution annuelle de la population d’ours. Ni plus, ni moins. Donc, pas de politique de réintroduction. Et si la population décroît, nous envisagerons alors des réintroductions. » Et elle a de la chance, car les ourses sont avec elle, elles y mettent du coeur et se reproduisent, presque comme des lapins, enfin certaines. Merci Hvala, Caramelles et Bambou !

Lentement mais inexorablement

L'ours va continuer à vivoter, à décliner lentement, inexorablement, comme l'avait si bien organisé Jean Lassalle avec son usine à voix, l'IPHB. Et si l'ours se reproduit trop bien, trop vite, Il va continuer à être braconné. Plus par les chasseurs (trop cher, trop de risques, trop de pressions sur le pauvre chasseur qui se mettrait en obligation de se protéger), mais d'une manière beaucoup plus discrète, comme ils savent faire dans leurs montagnes reculées ! Avec les 4X4 et les nouvelles pistes payées avec l'argent de l'ours, on monte haut dans la montagne, à la nuit tombée.

Un petit lâcher par çi par là, espacés de quelques années, histoire de dire que l'Etat s'occupe de ses obligations et de la viabilité de l'espèce, histoire d'éviter les amendes européennes et afin que l'argent de Bruxelles et de l'ours continue à innonder le pastoralisme comme le flot d'un tsunami. Quel manque d'ambition, de vision ! L'ours est sacrifié sur l'hôtel du pastoralisme. Tout au mouton et vive la biodiversité à visage humain !

Les éleveurs vont sans doute être autorisés à "réguler" les loups. Les grands spécialistes techniciens en zootechnie de l'INRA appellent cela la Lupotechnie. De l'ours, ils vont continuer à s'en charger, "faire la montagne propre", dans le noir, on peut se tromper, un ours, un chien errant, un sanglier...(non pas un chien errant, cela n'existe pas). Les éleveurs continueront à organiser des battues pour l'ours, si les fauves slovènes ne se tiennent pas à carreau. Ils tireront les ours, le diront sur la place publique via un porte voix à l'accent rocailleux sous son bérêt, et on en restera là. Affaire classée sans suite. L'impunité est déjà une longue histoire en France où l'ours est un animal protégé. De qui se moque t-on ? 

Et même si une ourse est lâchée demain ou après demain, ou en mai, en catimini, plus en grandes pompes cette fois, à Laruns, ou ailleurs dans le massif de Sesques, entre Ossau et Aspe ; cela ne sera pas suffisant pour rendre viable le noyau occidental. Si Cannellito se sent plus fort que Néré, il transmettra la moitié des gênes de Cannelle, les derniers gênes pyrénéens.

Ce lâcher d'une seule ourse en Béarn ne permettra pas aux mâles du noyau oriental de se reproduire, de l'autre côté de la chaine. L’ours Boutxy, braconné (et il n’est sans doute pas le seul) ne sera pas remplacé, il gît sous des cailloux, découpé, dépieauté. Paroles, paroles. La parole donnée dit Jean Lassalle en grand connaisseur. Pour la carrièrede Chantal Jouanno, c'est moins risqué et plus simple chez les sportifs, plus a sa hauteur.

Les spécialistes scientifiques de la viabilité de l’ours ont pondu un rapport illustré de beaux graphiques , plein de chiffres et de formules compliquées, mais il est destiné à dormir dans le tiroir d’un ministère en trompe l'oeil, moribond. Qui a tué l'écologie demande Fabrice Nicolino ? Les rapports précédents qui prônaient aussi des réintroductions dorment toujours dans les tiroirs de l'IPHB, sous des factures payées par des subsides. Quand cela ne va pas dans le sens des politiques, c'est "Dégage" !

Pour avoir de vraie politique de sauvegarde et de viabilité de la population d'ours dans les Pyrénées, il ne faut pas la confier ni au PS (Il est bien loin l'appel de François Mitterand) ni à l’UMP (Idem pour les bonnes intentions de Jacques Chirac). Avec Nicolas Sarkosy, il ne faut rien attendre. L'ours aussi commence a le gonfler. Mais il a bien d'autres chats à fouetter et de sondages à redresser.

Et la suite ? Les vacances de Mr. Hulot se terminent demain paraît-il. L'autre Nicolas va-t-il sortir du bois?

Mais on est au printemps, alors bienvenue à cette ourse slovène en Haut-Béarn. Qu’elle retrouve les vallons décrit par Yves Salingue dans "La quête de l’ours" : « Le dernier ours... Un jour prochain, un jour comme si c’était demain, comme si c’était hier, Hartza tirera tout à fait sa révérence et le rideau tombera sur une histoire vieille de milliers d’années. De Slovénie, de Croatie, d’autres ours viendront bientôt, qui ne remplaceront pas, ni dans nos cœurs, ni dans nos rêves, le véritable ours des Pyrénées. Mais même ceux-là, qu’adviendra-t-il d’eux, dans un monde où toute sauvagerie est réservée à l’homme ? »

Les opposants à l'ours beugleront encore le 16 avril à Laruns, maires et syndicalistes agricoles en tête, du cortège pour dire NON à cette ourse, gravide j'espère. Toujours les mêmes, toujours avec les mêmes discours « unis », « venus de tout le massif ». Celui qui a tiré sur l'ours Boutxy sera sans doute de la fête. « Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un rassemblement » disent-ils. Quelle différence ?

Jean Lassalle, le fossoyeur de l’ours en Béarn sera sans doute de la partie, avec à la bouche les pompeux « considérant » ipéhachebéesque de la dernière motion « anti lâcher » de cet aspirateur à subvention qu'est l'IPHB. Je ne vous en cite que deux :

  • « Considérant que l’IPHB est la seule instance de responsabilité locale directement issue du suffrage universel, au monde ... » et
  • « Considérant que l’IPHB ne veut en aucune manière partager cette responsabilité ... »

Et que nous proposent les pastorâleurs de l’ASPAP, et son « front du refus » ? Une biodiversité à visage humain! Quelle gueule elle a ? Voici quelques phrases exemplaires extraites du dossier de presse complet de l’ADDIP et de « la plaquette simplifiée grand public»! Ils prennent le public pour des cons !

  • Paradis Jehovah « Des estives pyrénéennes, réservoirs de biodiversité et puits de carbonne reconnus scientifiquement.
  • Une brebis égale 2 ha de belle pelouse broutés et entretenus chaque été.
  • Les pyrénéens bâtissent leur développement moderne, renouvelé. Les enjeux environnementaux du XXI siècle vont décupler ses bénéfices.
  • Productions de montagne : excellence gustative et environnementale,
  • montagne : bol d’oxygène, espace, silence, réponse à la montée du stress urbain,
  • tourisme, agriculture : de nouvelles ressources et des emplois non délocalisables

Puis, avec un lyrisme ridicule et imbus d'eux-mêmes : «Sans ces femmes, ces hommes, ces troupeaux, le pays serait un désert envahi de broussailles : enfrichement, ensauvagement, fermeture du milieu, ce paysage accueillant et ouvert aux activités de loisir deviendrait une porte close

Et continuant dans le simplisme "grand public" : « Le choix est pourtant simple :

  • Ensauvagement du massif et populations d'ours réellement viables, ou
  • Beauté des paysages humanisés, production alimentaire durable et de qualité, cadre somptueux pour vos loisirs. L'élevage extensif est la clé qui ouvre toutes ces portes, un patrimoine à conserver et continuer...

Ce second choix est notre vie et notre engagement, une promesse d'avenir dans le droit fil de toute l'histoire des Pyrénées

Ne manque que le "Se Canto" et son "Aquellos montagnos". Un vrai tableau du paradis dressé par des témoins de Jehovah !

Rideau ! Et pleurons maintenant, après la fin de l'Ours des Pyrénées sur la fin de l’Ours dans les Pyrénées qui n'est plus que l'histoire de quelques années, puisqu'il parrait-il "L'ours brun n'est pas mondialement menacé et qu'il ne l'est pas davantage au niveau européen". Pas plus que les brebis qui vont "décupler leurs bénéfices", à ce qu'ils disent. Qui paie ces bénéfices ? Vous, et l'ours !

Photo d'ours qui se reproduisent avec introduction :  Vincent Munier
Illustration d'un monde patrimonialo-pastoral pyrénéen idylique : un témoin de Jéhovah inconnu.

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