Pourquoi toutes ces associations pastorales ?


« Si vous tapez “ours” dans votre moteur de recherche dans la rubrique “actualités » vous obtiendrez environ 90 % de références et d'articles opposés à la réintroduction. » (commentaire lu sur le forum Paysdelours)

C’est faut. Cela change régulièrement. Dans Google actualités ne sont repris que les sources jugées « pro ». Et l’arbitrage est humain. C’est pour cette raison que Luis Dollo a abandonné à son sort funeste son site Pyrénées-piréniais rejeté comme peu professionnel au profit de la rubrique « Nature » de « Kairn » et des multiples « Outsiplou-infos » ;  pour plus de visibilité, sans pour cela améliorer son style peu journalistique ni sa crédibilité.

Il faut avouer que les ultrapastoraux et autres pastorâleurs  savent s’organiser : leur portefeuille de contacts « presse » est plus gras qu’un agneau ou qu’un Ossau-Iraty et usé tellement il sert. Mais il ne suffit pas de créer de nouvelles associations chaque année, de nommer tous les bergers président, coprésident, secrétaire ou que sais-je d’une ou de plusieurs associations, de multiplier les communiqués de presse pour relater « le feu à la montagne », « la colère transvaléenne » ou « le viol des Pyrénées » pour avoir quelque chose à dire, car à part le guide de pays qui remue cette m… autant qu’il peut, qui se souvient des noms des  présidents, de leurs actions réelles ou de leurs communiqués ? Le message est unique, NON à … (et là on y met ce qu’on veut : ours, loups, vautours, blaireaux…), et OUI aux aides financières diverses.

Citez-moi, de mémoire, le nom d’un responsable de …

L’ADIP (Association pour le développement durable de l’identité pyrénéenne). C’est quoi l’identité pyrénéenne ? En sait-on plus à son sujet depuis la création de ce brol ? Qui a développé le contenu de cette prétendue identité ?

L’ASPP 65  (Association pour la sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen). Quel patrimoine ? Culturel, architectural, historique, urbanistique ? Que neni, brebis only ! Quel patrimoine ont-ils défendu en 2011 et en 2009 ? … Aucun à part les brebis et leurs portefeuilles.

La FTEM (Savez-vous ce que cela veut dire ?) Fédération Transpyrénéenne des éleveurs de Montagne. On dirait une société de poids lourds, des camions pour la transhumance des brebis. Et où est-elle basée ?

Et je pourrais citer d’autres associations : l’Association Européenne de Défense du Pastoralisme, le Comité de Défense contre la réintrodcution de l’ours, Ariège Ruralité ou encore la Fédération des acteurs ruraux.

Ces associations, bien souvent logées dans des petites mairies servent surtout à récolter des subventions, à essayer de multiplier l’effet médiatique, à donner l’impression d’un consensus large opposé aux prédateurs, d’un nombre très élevé de membres. Illusions qui leur permettent de parler au nom de tous de leur montagne, leurs vallées…

Et combien y a-t-il d’association pro ours dans les Pyrénées ? Le résultat serait-il meilleur si dans chaque village, 3 « écolos » créaient de multiples ASPAP, Association de Sauvegarde du Patou  et des Animaux de protection ?

Toutes ces associations pastorales sont du bluff. Elles ont été créées afin d’essayer de siéger dans les parcs nationaux ou dans les autres structures où ils espéraient piquer la place des associations de défense de « l’environnement ». Ils y sont presque arrivés avec Marie-Lise Broueilh, la jument de Troie pastorale  au PNP.

En octobre 2009, la buvette écrivait :

Toutes les associations qui se sont créées :
•    l'ADDIP : Association pour le développement durable de l’identité Pyrénéenne,
•    l'ADIP : Association de défense de l'identité pyrénéenne, 

•    l'ASPAP : Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées
•    et l'ASPP 65 : Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen

prévoyaient dans leurs statuts « la défense du patrimoine environnemental ». Elles ont commencé à demander des agréments au Ministère de l'Écologie. En effet, sur un plan purement administratif, elles avaient le droit d’être agréées. De plus, cela leur donnait le droit de siéger dans tout un tas de commissions locales «dans le massif, les vallées et les territoires» (pour utiliser le language ipéhachebé), là où étaient peu actives les associations environnementales à vision moins locale et surtout l'espoir de partager le gâteau financier.

Je pense que c’est le « guide de pays » qui est à la base de cette stratégie du « cheval de Troie ». Il leur a fourni les documents administratifs. Certaines associations pastorales, puisqu’il s’agit bien de cela et pas d’associations environnementales, ont même obtenu des « agréments départementaux ». C’est ainsi que l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen, l'ASPP 65 de Marie-Lise Broueilh a été agréée « Association de Protection de l’Environnement » par le département des Hautes Pyrénées. Après l’intégration dans le texte de l’AOC « Barèges Gavarnie » d’une phrase justifiant l’absence de gardiennage des troupeaux, une nouvelle étape était franchie, cette fois-ci pour introduire des associations, des « taupes » pastorales dans le milieu des défenseurs de l’Environnement.

On était en 2006. En 2008, deux ans plus tard, toutes les commissions devaient changer de mains. La composition du CA du Parc National des Pyrénées devait être revue par la nouvelle loi et les places pourraient être ainsi bousculées. L’idée était d’installer les associations pastorales pour qu’elles puissent influer sur la nouvelle charte établie par les collectivités locales concernées, comme pour les PNR et pour qu’elles puissent siéger comme représentantes du mouvement écologiste et des associations environnementales. Des défenseurs de l’environnement issus des éleveurs de brebis antiours ! Le cheval de Troie entrait dans les murs de la forteresse qu'ils rêvaient de prendre, obnubilés qu'ils sont par le noyautage des ministères par la « mouvance » écologiste qui bien sûr organise un grand complot dans l'ombre.

C’est ce qui s’est passé pour l’ASPP 65. La stratégie de l'ancien comptable qui est membre de l’ASPP 65 a presque réussi, mais la ficelle était quand même grosse : des sièges destinés aux représentants de l’écologie occupés par les associations pastorales. La DIREN et les « escrolos » allaient donc voir leur influence, voir même leur existence remise en cause dès 2008. Le partage du gâteau financier réorienté vers les éleveurs de brebis devant provoquer, ils l’espéraient, des problèmes financiers et le licenciement du personnel associatif.

C’est à cet objectif qu’étaient destinées toutes les créations sémantiques de Bruno Besche-Commenge, le linguiste : verdir le discours des associations pastorales. Faire passer la rhétorique anti-environnementale de l’ASPP 65 pour de la « Biodiversité à visage humain ».

Une autre de leur stratégie a consisté à faire exploser le GNOP, sous les bons conseils de Laurent Garde, riche de son expérience dans le Groupe National Loups dans les Alpes. Et avec l’aide des chasseurs, ils y sont arrivés.

Mais ces associations ne sont que des outils stratégiques pour créer du lien social entre éleveurs de différentes vallées et pour chasser les subsides à tous niveaux.

Elles n’ont organisé ou n’organiseront aucune action réelle pour défendre un quelconque patrimoine, une quelconque identité. Leur objectif est purement économique et agropastoral. Le social : plus d’emplois de bergers, il n’en est pas question. L’environnemental défendu sans conviction se limite « aux beaux paysages entretenus », prairies à foin, estives, montagne jardinée, biodiversité domestique « à visage humain », races de brebis à effectifs limités, le reste n’étant que « nature », mot auquel ils rajoutent l’adjectif « péjoratif » « sauvage », suprême injure synonyme d’inculture, de désordre, de non-civilisation, d’antihumanisme qui leur fait percevoir les défenseurs de la nature et leurs associations environnementales comme des adeptes « de l’ensauvagement » des Pyrénées dont l’objectif final est « l’appropriation du territoire » avec comme armes Natura 2000, la directive Habitats où la liste rouge de l’UICN.

De purs intérêts sectoriels, étroits et n’ayant aucun rapport avec une approche de « durabilité » ou prenant en compte les intérêts de la terre comme lieu de vie des générations futures. On retrouve par exemple le même guide de pays sympathisant avec les positions de Claude Allègre sur le réchauffement climatique ou celles, pro nucléaire, pro industrie pétrolière ou agrochimique  des sites comme « Alertes-Environnement » ou « Agriculture & environnement ».

Commentaires