Couserans, l'ASPAP avait tout faux : les ours mis hors de cause par l'ONCFS pour la mort des chevaux Mérens

L'ASPAP, dans un communiqué publié rubis sur l'ongle par la presse habituelle étalait ses hypothèses comme des vérités : "L'ASPAP a fait venir un zootechnicien qui a conclu à une attaque d'ours, les griffures ne pouvant correspondre qu'à trois animaux : un ours, un panda, ou… un raton laveur géant ! (...) Il s’agit donc d’un grand prédateur qui s’est acharné sur ce cheval. L’expertise effectuée un peu plus tôt par les agents vacataires de l’ONCFS a conclu à des griffures de branches, dans un bois qui se trouve à 150m en aval.Mis en cause par l'ASPAP dans un article relatant des dégâts constatés sur un élevage de mérens."

Et voilà que ceux qu'ils méprisent, "les vacataires de l'ONCFS" malgré leur devoir de réserve, répondent...

Réponse de l'ONCFS

« Le Service départemental de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de l'Ariège rappelle que dans le cadre des missions qui lui sont confiées par le Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement (MEDDTL), il est en charge du dossier ours. Cet établissement est le seul habilité à faire les constats d'expertise des dommages causés aux cheptels en estive. Les agents des services départementaux de la chaîne pyrénéenne assurent cette mission depuis 1986. Les constats d'expertise sont basés sur des critères précis et objectifs. Il s'agit d'examiner la bête en vue d'isoler les éléments caractéristiques d'une prédation (exemple : perforation accompagnée d'un hématome sur la face interne de la peau, preuve que l'animal a été prédaté de son vivant).

Il convient également de rechercher des indices de présence d'un éventuel prédateur autour de la dépouille (traces, excréments, poils…) afin de déterminer l'auteur du dommage. Ceci impose que l'expertise se déroule dans le calme et la sérénité, avec un minimum de personnes sur les lieux afin de préserver tout indice potentiel. L'équipe ours, basée à Villeneuve-de-Rivière (31), assure pour sa part le suivi technique de l'espèce."

L'ASPAP aime bien les zootechniciens. Certains, du CERPAM ou de l'INRA prônent la "lupotechnie", le tir de loups en guise d'apprentissage. Cette fois, l'ASPAP cherche à attirer à eux les éleveurs de chevaux Mérens.

À propos des chevaux Mérens de Bonac, l'ONCFS ajoute :

«Le mercredi 3 août 2011, sur la commune de Bonac Irazein, une expertise a été effectuée sur l'estive de la vallée d'Orle. Elle concernait deux chevaux de race Mérens. Un cheval a été retrouvé mort dans un ruisseau : celui-ci ne présentait aucune trace de prédation.

Un autre cheval a également été examiné : cet animal présentait des plaies multiples sur l'ensemble du corps. Cependant, aucune de ces plaies n'est caractéristique d'une attaque par un grand prédateur. Par ailleurs, la recherche d'indices de présence d'ours à proximité du dommage est restée vaine. Au vu du rapport d'expertise et après analyse par la DDT (Direction départementale des territoires), ce dossier sera classé « indéterminé », l'origine de la mort n'ayant pu être clairement établie. Par conséquent, le dossier fera l'objet d'un examen particulier par la commission d'indemnisation des dommages ours, dans laquelle siègent les représentants des intérêts pastoraux. »

Le bénéfice du doute : on dédommage quand même

Le cheval mort n’a pas été prédaté. Les blessures pouvaient être causées par l’environnement naturel, mais l'ONCFS n'a pas pu l’étayer à partir d’éléments matériels. La cause de la mort est donc "indéterminée". Ce dossier a été étudié en Préfecture, lors de la commission annuelle. Comme la plupart, voire tous les dossiers indéterminés en zone à ours en Ariège, il a été payé au bénéfice du doute. Le doute bénéficie toujours à l’éleveur. D'où l'intérêt de semer le doute...

La Dépêche, à contre coeur a dû publier ce démenti formel.

Faut-il rappeller que l'ASPAP n'est pas à son coup d'essai. En 2006, l'association ultrapastotrale avait fait grand bruit sur la mort de quelques veaux à Aston. Les dégâts que l'ASPAP rajoutait sur le compte de l'ours était la cause d'un manque de soins aux bêtes. Les veaux étaient morts de la maladie du charbon ! Derrière ces premiers mensonges, se cachait la stratégie des veaux des anti-ours. Mais comme pour les chevaux de Mérens, les déclarations de l'ASPAP étaient fausses.

Une autre affaire du même genre : Bernard Allegre, l'éleveur de Bruges ne sera pas indemnisé

L’Equipe Technique Ours, une cible fréquente de Louis Dollo et de l'ASPAP.

La buvette écrivait en 2007 : Louis Dollo revient à nouveau à la charge (Lire Louis Dollo s'en prend à la DIREN dans Plaisir de la chasse») et annonce des «procédures judiciaires» (encore) contre les personnes qui s’occupent d’expertiser les dégâts des ours accusées d’avoir eu des «comportements» anormaux l’an passé ( comprendre d’avoir refusé de mettre sur le dos de l’ours des pertes en estives et d’être «juge et partie».)

Rappelons que les dégâts jugés «douteux» sont comptabilisés comme «dégâts des ours», même s’ils sont douteux ! Des comportements anormaux ... en faveur du pastoralisme, mais pas assez.

L'été 2006 a vécu un véritable feuilleton autour de l'histoire des veaux d’Aston. Episode grotesque qui a vu les éleveurs faire pression sur les autorités pour faire passer ce qui ressemblait plus à des manques de soins pour des dégâts d’ours. (lire les notes ci-dessous)

«Les éleveurs ne laisseront plus faire n'importe quoi par des gens dont la compétence et les méthodes sont pour le moins contestées. Des dispositions devraient  être prises à défaut de voir les services de l'Etat évoluer favorablement.» Pas un mot sur la justesse des diagnostics et la «compétence» des éleveurs et de la fine stratégie de l’ASPAP dans cette affaire délirante des veaux d’Aston soi-disant tués par des ours. Source : Lourdes-Infos

Un autre article de juin 2006...

Les locaux de l'équipe de suivi ont été cambriolés

Pierre-Yves Quenette, responsable de l'équipe technique ours raconte : « L'ours Balou devrait faire "bip" toutes les deux secondes. Balou n’est pas doté du même système de suivi que les autres. Et pourtant, on a survolé une bonne partie de la chaîne pendant huit heures. On ne peut le repérer que dans un rayon de dix kilomètres. Soit son collier émetteur ne fonctionne pas, soit on l’a cherché dans les Pyrénées alors qu’il était ailleurs. L'équipe de suivi et le ministère de l'Ecologie n'ont jamais eu la volonté de cacher quoi que ce soit à personne ».

Alain Reynes, responsable de l'ADET se fâche : « J'en avais assez d'entendre les antis-ours parler de l'incompétence de l'équipe de suivi. L'Etat n'a pas voulu communiquer sur le sujet mais moi je le dis : si l’ours Balou n'est pas équipé du collier adéquat c’est parce que ce collier a été volé à Villeneuve-de-Rivière dans la nuit du 10 au 11 février, lors du saccage des locaux de l'équipe technique ours ».

Commentaires