La bave des loups est un véritable poison

L Diab!! D’après Wikipédia, la diabolisation est un procédé consistant à donner une forte connotation négative à une idée, un groupe ou un individu, de sorte que sa seule évocation suscite une réaction de rejet.

Il s’agit, en général, d’un conflit entre un groupe considéré comme « dominant », garant d’un conformisme, et un groupe « déviant » à ce conformisme.

La diabolisation peut être indistinctement le fait de l’une ou des deux parties. À la longue ces parties tendent à accentuer cette polarisation et à se définir par leur opposition : « nous sommes tout le contraire de ce qu’ils sont, c’est-à-dire que nous représentons le bien car eux représentent le mal ».

La diabolisation peut être intentionnelle ou résulter de processus sociaux comme les effets de groupe . Quand la diabolisation est organisée volontairement, dans un but de désinformation, on parle de « campagne de diabolisation ».

"Une énigme pour les vétérinaires"

Un exemple? À propos d’une “nouvelle attaque”, “yéti05” alias Philippe Lemoine, un habitué des lieux et du Grand Charnier,  laisse un commentaire sur le site de la “Fédération des acteurs ruraux” : “C'est effectivement du harcèlement.  De plus, la plupart des bêtes blessées, et ce quelle que soit la gravité de leurs blessures, meurent dans les deux mois qui suivent. C'est une énigme pour les vétérinaires, à croire que la bave des loups est un véritable poison.

Les loups sont des déviants s'attaquant aux conformistes et bons "bergers".

C’est bien connu, dans le jeu de rôle “L’alternatif”, les vampires, une catégorie de personnages, ont 3 défauts qui les rendent fragiles aux yeux des autres personnages : le troisième défaut est qu’ils sont "sensibles au sang et à la salive de loups, hautement toxique. En boire pourrait les tuer." Et bien pour les brebis, c’est pareil. On nage en plein imaginaire fantastique de série noire.

Un mai 68 laineux

A trop vouloir embrasser le loup, peut-être pour se libérer du conformisme familial, justement, les brebis s'empoisonnent.

De toute façon, je serai mangée! Peut-être que les dégâts sur brebis sont le signe d'un mal être parmi les cheptels ovins. Ras les bouclettes des transhumances, des cloches pendues à leur cou, des démonstrations de chiens de troupeaux. "De toute façon, je serai mangée!" Désireuses de sortir de leur strict milieu de vie, de se libérer d'une éducation trop rigoureuse, de découvrir le monde, de jouir d'un peu de liberté, les brebis rêvent de "voir le loup" et de changer de vie...

Pour y arriver, telle la princesse et le crapeau, elles doivent déposer un baiser sur la gueule du loup, affronter le danger. Acquérir une indépendance nouvelle. Ce rite de passage vers la liberté est peut-être la cause de leur perte. Et les dégâts ne seraient qu'un signe montrant que les troupeaux subissent une crise d'identité, un besoin de descendre de la montagne pour gagner la plaine civilisée, pleine de promesses. L'exode ovin en quelque sorte. Et les forces vives des acteurs ruraux, ces cheptels maudits s'empoisonnent au contact de la "bave des loups". Faut pas fréquenter "El diab!"

Conséquence ? Les plus progressistes des brebis sont décimées, ce qui explique pourquoi le reste du troupeau, ces moutons de panurge, sont d'un tel concervatisme et font partie d'associations de défense du patrimoine et des traditions. On a enfin l'explication de ce phénomène sociologique d'altitude.

L'illustrations est de F'Murrr. Le Génie des Alpages X : "Monter, descendre, ça glisse pareil", chez Dargaud et "Eloge de la pentitude".

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