Pyrénées : quatre loups braconnés ?

Bruno Besche Commenge (ASPAP) : « L'Álava s'en occupe, sinon vous les auriez chez vous »

Bruno-Besche Commenge, dans l'article de Sud-Ouest « Dans les Pyrénées, « il » n'a pas que des copains » parle du braconnage de loups dans les Pyrénées.

Philippe Lacube avait déjà lâché le morceau pour le braconnage de deux ours en Haute-Ariège durant le printemps 2009. Maintenant, c’est Bruno-Besche Commenge qui raconte à Marcel Bedaxagar, de Sud-Ouest, le braconnage de plusieurs loups.

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François Hollande en campagne en Ariège: rencontre avec Phillipe Lacube et Bruno Besche-Commenge
Photo Midi News 2011

Selon Bruno Besche-Commenge le loup est bien présent dans les Pyrénées-Orientales. «Depuis plusieurs années, iI y a quelques loups dans le massif du Madres-Coronat, dans le Capcir, dans les communes de Puyvalador et de Formiguères. L'an dernier, il y a eu une recrudescence des attaques». Alors que le journaliste lui rappelle que seuls deux loups, de provenance italienne, ont été officiellement repérés par l’ONCFS, Bruno Besche-Commenge lâche le morceau :  « En Ariège, on a déjà eu très ponctuellement des attaques dans la zone limite des Pyrénées-Orientales. L'année passée, on en a eu une dans la zone limite de l'Andorre. On n'a pas trop communiqué là-dessus, pour de multiples raisons », et le journaliste ajoute « confie Bruno Besche-Commenge dans un sourire qui en dit long ».

Bruno Besche-Commenge raconte qu’une louve a été repérée du côté catalan espagnol, dans la zone du parc national de Cadí. « Il y avait 10 ou 12 loups depuis un moment, et le ministère catalan de l'Environnement a reconnu la présence d'une louve, ce qui veut dire possibilité de reproduction. Cela va déborder très vite ailleurs »,

Le journaliste pose alors la question « Pourquoi le loup des Abruzzes, en Italie, est-il parvenu jusqu'en France, mais pas le loup espagnol depuis les Cantabriques, alors que la présence du loup en Álava, province basque d'Espagne, est avérée depuis longtemps ? L'expansion de son territoire vers le nord et les Pyrénées-Atlantiques, annoncée depuis des lustres, n'a jamais eu lieu ! »

BBC : « L'Álava s'en occupe, sinon vous les auriez chez vous » . Toujours avec le même sourire, rajoute Marcel Bedaxagar qui écrit « que l'espèce soit protégée ou pas, l'homme défend à demi-mot le braconnage. »

Selon BBC : « Plus on met en place de mesures de protection, plus il y a d'attaques. Le loup s'adapte.»  

Le journaliste de Sud-Ouest rappelle que « plus récemment, le 3 janvier 1981 (NDLB : Il y a quand même trente ans) Jojo Etchats Asmeheka, chasseur de Larrau, tua un étrange animal lors d'une battue au sanglier. Les scientifiques penchèrent alors pour un croisement de berger allemand et de louve. Mais les habitants de Larrau n'en démordent toujours pas : pour eux, il s'agit bien d'un loup « introduit pour voir quelle serait la réaction de la population », précisant que l'animal empaillé trône dans la salle du Conseil municipal de Larrau.

La même histoire qu’un éleveur de bovins semble confirmer

Or donc, il s’avère que ce matin, un lecteur de la Buvette m’écrit via Facebook pour me raconter ses vacances dans l’Aude et plus particulièrement dans le massif du Madres-Coronat, sur le versant audois du massif du Madres. « Par delà les crétes on se retrouve dans les Pyrénées orientales et la réserve de Nohédes. »

« J'aime cet endroit pour sa nature sauvage et son manque d'intérêt de certains touristes », ce qui lui va à merveille, ajoute t-il.  Ce touriste lambda commence alors par me raconter une rencontre avec un loup en 1999 : «  Me trouvant au refuge pastoral pour une nuitée, une étape classique pour faire le Madres dans la foulée, le vacher me dit que un loup roderait dans les parages A peine une heure plus tard, ce dernier était dans mes jumelles, se frayant un chemin entre la basse végétation au beau milieu des vaches qui n'avaient pas l'air de stresser. » 

Ensuite, il raconte ce qui lui a dit un éleveur rencontré durant ces vacances 2011 : « Me retrouvant entrain de discuter avec un éleveur local, j'ose aborder le sujet du loup que j'ai aperçu il y a dix ans. L’éleveur lui répondit que, « depuis plusieurs années, tout les étés des loups sortent d'on ne sait où ; cette année, il y en avait même quatre. Des gens s'en sont occupés, il n'y en a plus. Le problème c'est que maintenant, ce peuplement va être officiel, et on ne va plus pouvoir régler le problème comme avant ! » Ce qui laisse sous-entendre que c'est loin d'être la première fois.

Selon l’éleveur, « Il y a un taré, fou de loups, qui s'amuse certainement à en relâcher, de temps en temps...,  je crois qu'ils viennent plutôt d'un parc animalier. On est nombreux à penser à celui de la Vallée d'Orlu ! Le jour où on le choppe, ça va barder ! Il est facile de monter a l'estive en 4X4 de nuit pour relâcher des bêtes. »  Mon lecteur « touriste » ajoute : « Voila pour des infos qui sont à prendre avec des pincettes bien entendu, mais je vois pas l'intérêt d'inventer des histoires devant une tablée de touristes citadins » avant de conclure, un peu nostalgique : « Je n'oublierais jamais l'instant où, dans mes jumelles, ce loup m’est apparu ! »  Je comprends cela, moi qui ai eu la chance d’admirer l’ourse Nheu, pendant plus d’une heure cet été dans le Val d’Aran.

Les déclarations de Bruno-Besche Commenge de ce jour ne font que de rajouter du crédit à ce récit et confirme le braconnage répété de loups dans les Pyrénées.

L’ours et le loup sont des espèces protégées (article L. 411-1), mais en France, c’est un détail semble-t-il.

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