ACCA de Laruns :des interlocuteurs responsables et représentatifs

Dans une brochure de présentation, la fédération nationale des chasseurs présente l’Association communale de chasse agréée (ACCA) : « Après 40 ans d’existence, les ACCA sont toujours tournées vers l’avenir. Illustrant les nouvelles donnes environnementales, elles ont la volonté d’intégrer la pratique de la chasse dans la vie et la gestion durable des territoires. » Les ACCA y sont présentées comme « des interlocuteurs responsables et représentatifs. »

ACCA de Laruns : des interlocuteurs responsables et représentatifs Aujourd’hui, plus de 10.100 ACCA regroupent plus de 350.000 chasseurs. En principe « pour favoriser le développement de la faune sauvage, chaque ACCA doit mettre au moins 10% de son territoire en réserve de chasse. Tout acte de chasse y est en principe interdit, des mesures complémentaires en faveur de la faune y sont prises ».

L’article R.422-67 du Code de l’Environnement stipule que : « La superficie de la réserve ne peut être inférieure à un dixième de la superficie totale du territoire de chasse de l’association. Elle sera constituée dans des parties du territoire de chasse adaptées aux espèces de gibier à protéger et établies de manière à assurer le respect des propriétés et des récoltes ou plantations diverses. »

Interrogé sur ces réserves, Jean Lauzet (SEPANSO Béarn) regrette : « Il n’y a pas d’obligation à mettre les sites vitaux de l’ours en réserve, même si l’ours peut être considéré comme une espèce de gibier à protéger. »

Le préfet des Pyrénées Atlantiques, a validé quatre réserves temporaires sur la commune de Laruns (deux de ces zones comportent des tanières). Ces réserves n’ont rien à voir avec les 10% de réserve de l’ACCA de Laruns.

Laruns, un village gaulois résiste. Rappel chronologique

  • 1967 : création du Parc National des Pyrénées
  • 1987 : création de l’ACCA de Laruns qui constitue sa réserve de chasse dans le Parc National
  • 1994 : création d’une réserve de chasse sur le territoire de chasse de Laruns. Cette réserve du nom de Bouerzy et d’une superficie de 169 ha (donc très inférieure aux 10%) était cependant placée sur un site vital de l’ours. C’était la seule de tout le Béarn.
  • 2008 : La SEPANSO obtient après trois années de recours successifs que le Tribunal administratif de Pau abroge les arrêtés chasse 2005, 2006 et 2007 au motif que les dispositions concernant la chasse en présence de l’ours étaient insuffisantes. En conséquence, le préfet impose des réserves temporaires aux chasseurs des vallées d’Aspe et d’Ossau qui préservent la tranquillité des sites vitaux de l’ours durant certaines périodes de la saison de chasse. Quatre réserves temporaires sont ainsi constituées sur Laruns.
  • 2011 La SEPANSO obtient du Tribunal administratif de Pau l’abrogation des réserves de chasse des ACCA de Etsaut et Laruns situées dans le Parc National.

Visiblement, pour les chasseurs de Laruns, respecter la loi et classer 10% en réserve de chasse, c’est comme ce couper un bras. Et au bout du bras, il y a la main avec le doigt qui appuie sur la gâchette. Impossible !

Et les Nemrod de Laruns sont futés, ils ont trouvé la parade en bons « responsables représentatifs » : l'ACCA de Laruns a été dissoute et s'est reconstituée en société de chasse classique car celles-ci n'ont aucune obligation de céder 10% de leur territoire en réserve de chasse et donc des territoires de quiétude pour l'ours. C’est sans doute cela « prendre des mesures complémentaires en faveur de la faune. »

Dans le village voisin, L’ACCA d’Etsaut s’est engagée elle, à créer des réserves. Y aurait-il des bons et des mauvais chasseurs ?

Jean Lauzet pointe les responsabilités des uns et des autres dans le naufrage de l’ours pyrénéen en Béarn : « Il s’agit évidemment des chasseurs qui ont tué et dérangé les ours sans mettre en réserve quelques parties de leur territoire.  Il s’agit aussi de l’Etat qui n’a pas su leur imposer cette mise en réserve (Le tracé des limites du Parc National s’est fait sous la pression des chasseurs) ni même  le simple respect de la loi. Mais il s’agit aussi des protecteurs de l’ours qui n’ont pas dénoncé pendant plus de trente ans le caractère illégal des réserves des ACCA. Le président de la principale association de protection de l’ours en Béarn est pourtant depuis fort longtemps membre du CA, de la commission permanente, de la commission des dégâts d’ours et du comité scientifique du Parc National. »

Lire aussi

Commentaires