Pyrénées : des pièges à ours découverts dans le Couserans

Des pièges à ours composés de miel et de morceaux de verre ont été découverts dans les Pyrénées, en Ariège.

Probablement une mise en garde adressée par les opposants à l'ours, actuellement en phase d'hibernation, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Pyrénées : des pièges à ours découverts dans le Couserans
Un des chefs de file de l'opposition à l'ours dans ce département, Philippe Lacube, dit ignorer qui a déposé les pièges, mais y voit un acte "symbolique de la non acceptation" de l'ours dans les Pyrénées.
"Je ne sais pas qui est derrière ça. Ce que je peux dire c'est qu'on est dans un processus de confiscation du territoire, on en fait un territoire réservé à l'ours, pas à l'homme, et les gens réagissent. Ils vont commencer à se révolter", affirme Philippe Lacube.

Notamment dans l'Ariège, où se concentre la population d'ours pyrénéenne, des éleveurs s'indignent que des brebis soit dévorées par l'ours. L'ours avait pratiquement disparu, mais l'Etat a mené une campagne de réintroduction d'ours slovènes pour assurer la survie de l'espèce dans les Pyrénées.

C'est sur un chemin fréquenté, en bordure d'une forêt du Couserans (au fond de la vallée de l'Orle, dans le Biros), une zone montagneuse qui jouxte l'Espagne et la Haute-Garonne, que des récipients contenant du miel et de petits morceaux de verre, ainsi qu'un éventuel poison en cours d'analyse ont été retrouvés le 16 décembre, indique le procureur de Foix Olivier Caracotch.

Les pièges à ours ont été découverts le jour où le tribunal administratif de Toulouse annulait partiellement l'arrêté de chasse en vigueur dans l'Ariège, estimant qu'il ne protégeait pas suffisamment l'ours, provoquant une nouvelle fois l'ire des opposants au plantigrade.

Pour le procureur, le mode opératoire "laisse à penser qu'il s'agissait de montrer l'opposition à l'ours, d'un acte de provocation, plus qu'un acte destiné à porter atteinte à l'espèce", relevant que l'ours hiberne depuis fin novembre et que les pièges étaient disposés de manière à être vus par des passants.

Une vétérinaire interrogée par l'AFP a estimé que ce type de piège était potentiellement "mortel". "L'ours, dit-elle, n'a pas la capacité de faire la distinction entre le miel et les bouts de verre. Il avale tout et le verre peut provoquer une perforation intestinale ou et une hémorragie interne".

François Arcangeli, président de l'association Pays de l'ours/Adet qui réclame de nouveaux lâchers d'ours, note que "ce n'est pas la première fois qu'on trouve ce type de piège" dans les montagnes pyrénéennes mais, qu'à sa connaissance, jamais aucun ours n'en a été victime.

Actuellement, une vingtaine d'ours ont été répertoriés dans les Pyrénées, essentiellement en Ariège, dans les zones montagneuses de Haute-Garonne et dans le Val d'Aran espagnol.

Source : Le Parisien
Caricature : Charlie hebdo.

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"Les bergers ont un savoir-faire"

Sur un site d'escalade où il s'occupe de la rubrique "nature", Louis Dollo justifie l'usage du poison : "Les bergers ont un savoir-faire. Un savoir-faire de plusieurs siècles qui est capable de ressortir d'un moment à l'autre. « Dans les Asturies, ils l'utilisent couramment contre les ours et les loups. Ils n'ont pas d'autres solutions pour protéger leurs petits troupeaux ». Et encore : « Les anciens l'employaient. Ils n'avaient les produits chez les commerçants. De toute manière c'est interdit » nous dit un vieil éleveur. « On a tout dans la nature, on la connaît, pas eux ». Il est bien sûr question de poison. Pas besoin de miel d’autant qu’à cette époque, normalement et officiellement, les ours sont entrés en hivernation."

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