Rétrospective des actualités de l'Ours en France en 2011

Pour l'ours des Pyrénées, l’année 2011 restera marquée par le "NON" de Nicolas Sarkosy au lâcher d’une ourse en Béarn en remplacement de l’ourse FRANSKA. Au salon de l’agriculture, le président avait lâché « L’environnement, ça commence à bien faire ». Il est resté sur ses positions. Il n’y aura pas de réintroduction en Béarn, côté français en 2011 ou au printemps 2012. Mais la fin de l’année a vu bouger les choses des 2 côtés de la chaine : côté espagnol, où un projet LIFE Ours prévoit la réintroduction de 2 ourses, côté français où les associations ADET et FERUS ont déposé chacune un dossier pour réintroduire une ourse.

Voici la rétrospective de l'actualité 2011 de l'Ours des Pyrénées vue de derrière le comptoir de la Buvette des Alpages.

Rétrospective actualités Ours des Pyrénées 2011 : une portée de 3 oursons en 2011

Janvier 2011

7 janvier - Gérard Bozzolo dénonce l’attitude passéiste de l’ASPAP "Vouloir opposer le monde rural (qui est constitué minoritairement de paysans) à celui des villes est une forme d’isolationnisme et de repli identitaire faciles et tellement peu moteurs. Si les consommateurs urbains n’étaient pas là pour acheter les produits mais aussi soutenir les diverses formes d’élevage, la messe serait dite. Fustiger ses propres clients-consommateurs n’est pas professionnellement responsable et constitue une faute honteuse pour une telle profession."
 
8 janvier – A la buvette, Nicole Huybens analyse la controverse : « Chaque groupe d’acteurs met en place des actions pour informer, éduquer, faire pression, convaincre, influencer, obliger. Il n'est pas besoin de comprendre le point de vue des autres puisqu’il s’agit de les faire changer d’avis en utilisant influences et pressions. Mais l’argumentation se heurte à la crédibilté des sources : si la source est discréditée, elle est considérée comme “de mauvaise foi” et tous ses messages ne sont que mensonges et manipulations.

Il s’agit d’un cercle vicieux dans lequel la controverse s’alimente. Plus les acteurs argumentent, plus ils renforcent les autres dans leurs convictions. A chaque argument une réponse, une réponse à la réponse, etc. C’est sans fin et cela alimente les forums pendant des années. »

Nicole Huybens explique aussi pourquoi des acteurs refusent le dialogue : « Il y a des acteurs qui pensent qu’ils ont trop à perdre dans un processus de dialogue : ils ne négocient pas, ils font pression.  Ce sont souvent des acteurs qui ont le sentiment que leur point de vue est trop minoritaire et qu’ils n’ont aucune chance de se faire entendre. D’autres ont l’impression qu’ils ont le pouvoir (par exemple si la loi ou le pouvoir politique leur est favorable) et qu’ils perdent leur temps dans un processus de concertation.»
 
12 janvier : Toulouse - Résultats des typages génétiques (2ème partie 2010 : échantillons de poils et de crottes collectés entre le 1 février et le 29 septembre 2010). Pas de changement dans le noyau occidental où il ne reste que 3 mâles. Côté Ariège, Boutxy a disparu. "Chaque ours tué doit être remplacé, sinon on donne une prime à ceux qui tuent les ours…" avait dit Chantal Jouanno, alors secrétaire d’Etat à l’écologie. Sa parole n'a pas été tenue.
 
18 janvier - Argeles-Gazost - Manifestation anti-our. Pour France 3 : "En béarn, les anti ours n'ont pas attiré la grande foule aujourd'hui pour leur rassemblement à Laruns. Quelque 150 personnes se sont réunies pour dénoncer la prochaine introduction d'une femmelle dans les Pyrénées."

Février 2011

4 février : La consultation publique préalable à l’introduction d’une ourse au printemps 2011 dans les Pyrénées-Atlantiques se termine. Cap-Ours a remis au Préfet des Pyrénées-Atlantiques une pétition de 16.000 signatures lui demandant, "au-delà du lâcher d’une ourse, de lancer un nouveau programme de restauration d’une population viable d’ours dans les Pyrénées et d’améliorer la protection des ours et de son habitat". De son côté, l’ADDIP est venu apporter son courrier au préfet : 6.800 lettres qui disent « NON » à l’ours. L'ADDIP menace à nouveau : « Nous avons dit au préfet que si l'ourse arrivait, la mobilisation reprendrait, mais que cette ourse risquait de disparaître de la circulation. Attention, à ceux qui voudraient accueillir l'ours. »

5 février - Pau - Philippe Lacube, président de l'ADDIP, prévient : « Si l'État veut mettre le feu aux Pyrénées, on ne lâchera rien. La guerre ne nous fait pas peur ! ». « La mobilisation reprendra plus durement si la réintroduction se fait. Et cet ours risque de disparaître de la circulation. Attention à ceux qui en voudraient, on a montré à Arbas ce qu'on savait faire ».
 
Avril 2011

8 avril – Sortie de la Synthèse de l’ETO et du suivi de l'ours brun dans les Pyrénées : rapport annuel 2010 :

  • 2 portées de 2 oursons ont été détectées au cours de l’année.
  • Les analyses génétiques ont permis d’identifier les oursons de Hvala, nés en 2009.
  • L’utilisation des mesures d’empreintes et de la simultanéité a mis en évidence la présence d’un ours non génotypé en 2010, sur le noyau oriental.
  • Les résultats laissent penser qu’un ours a disparu courant 2010 du noyau occidental (Aspe-Ouest) et un autre courant 2009 du noyau oriental (Boutxy).
  • L'existence d'un géniteur dominant (Pyros) laisse présager une probable érosion de la diversité génétique.

16 avril - Laruns -  La manifestation anti ours de Laruns ne regroupe que 200 personnes.
 
22 avril – Sur FR3, Michel ESTREME, éleveur à Sentein menace : “On est attaqués sur les exploitations, et même à proximité des villages; celà devient très inquiétant et sûrement qu’avec l’ASPAP, il faudra prendre une décision un jour de voir comment on peut… régler un peu ce problème. il y a plusieurs solutions,  il peut y avoir plusieurs pistes...
 
26 avril – L’ours Balou est retourné dans l’Aude pendant quelques jours. Viré par Pyros ?

Mai 2011

3 mai 2011 - Nouvel appel au braconnage de prédateurs lors de l’AG de l’ASPAP : Bruno Besche-Commenge lâche: «Si vous voulez régler le problème du loup, ne comptez pas sur Dieu ou sur ses saints. Ne comptez que sur Saint-Boumboum»
 
16 mai – La buvette photographie des tags anti-ours forestiers dans le Byros, à Sentein toujours. A la veille de l’annonce par Mme la ministre de l'Ecologie de la politique qui va être suivie à propos de l’éventuel lâcher d’une ourse en Béarn, tout le monde attend.
 
19 mai – Quinzième anniversaire du lâcher à Melles de L’ourse slovène Ziva (1996)
 
20 mai -  Le comité permanent du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) émet un avis favorable (à l’unanimité) à la réintroduction d'une ourse slovène dans le secteur forestier d'Aspe-Ossau, où ne subsistent que deux mâles (Néré et Cannelito).

Le ministère de l'Écologie communique : "la réintroduction d'une ourse dans le secteur Aspe-Ossau se décidera la semaine prochaine en réunion interministérielle, au sommet de l’Etat."
 
24 mai 2011 – Tarbes - L’ADDIP menace par la voix de Bruno-Besche Commenge : « De toutes les vallées nous montent des bruits qu’ils en ont tellement marre que si l’ours est lâché ils agiront ». « Comment ? Rien, n’est précisé. Mais....». « Si le gouvernement fait le choix d’introduire, il y aura le feu ». Louis Dollo parle d’ « approche plus clandestine » où les associations ne pourront plus tenir leurs troupes.
 
28 mai – Frédéric Nihous (CPNT) écrit au président « … ceci pourrait également avoir une répercussion et un impact forts, mais néfastes, dans les urnes lors des prochaines consultations électorales avec le risque d'une radicalisation du vote montagnard qui risque fort bien d'être tenté par une sanction contre le gouvernement qui procéderait à ce lâcher. En tant que dirigeant d'un parti partenaire de la Majorité Présidentielle, je ne le souhaite bien évidemment pas et il est de mon devoir et de ma responsabilité de vous en alerter. »
 
31 mai -  Gérard Bozzolo parle de parodie étatique et de désinvolture : « la position étatique est d’opérer à minima en prônant avec mollesse le statut quo. Laisser faire la Nature, à partir de noyaux en incapacité de se pérenniser est la marque de fabrique actuelle du ministère de l’Environnement.
En effet, avec l’actuel effectif  de 18 ours sur le Massif, le taux de consanguinité atteindrait dans les mêmes conditions 43% en un siècle. Pour comparaison de taux de consanguinité des produits issus de l’union frère-sœurs ou parents-enfants est de 25%. Autant dire que la disparition de l’espèce est programmée in situ. »

Juin 2011

1 juin – NON ! C’est Nicolas Sarkosy qui a pris la décision : Réintroduction d'une ourse en Béarn, c'est NON ! « A l'issue de la procédure d'instruction de la demande d'autorisation d'introduction dans le milieu naturel d'une ourse dans le département des Pyrénées-Atlantiques, après avoir entendu les arguments de l’ensemble des acteurs, la ministre de l’Écologie, particulièrement sensible aux difficultés rencontrées actuellement par les éleveurs du fait de la sécheresse persistante, a décidé de ne pas autoriser cette opération ». Les réactions sont nombreuses pendant un mois.
 
9 juin – Dans un communiqué, tous les anciens Ministres de l'Environnement depuis les premiers lâchers en 1996 soutiennent la restauration de la population d'ours dans les Pyrénées.
 
14 juin – Pau - Les premières assises nationales de la Biodiversité ouvrent leurs portes. Cap Ours manifeste. Avec l'accord des organisateurs, leur représentant, Gérard Caussimont, prend la parole pour dénoncer la volte-face du gouvernement qui a renoncé à réintroduire une ours slovène en Béarn. Aves France écrit à la commission des communautés européennes pour dénoncer l’abandon de l’ours par l’Etat français. NKM, pourtant annonçée, n’a osé venir à Pau.
 
14 juin – Pau - Le tribunal administratif de Pau a fait connaître son jugement, dans l’affaire qui oppose la SEPANSO, à l'échelon local et national, à l'Etat et à l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn à propos de l'ours. Pas de préjudice moral pour la SEPANSO qui réclamait 1 millions d’euros à l’Etat et 300.000 euros à l’IPHB, à titre de dommages et intérêts, pour ne pas avoir sû empêcher la disparition de la souche pyrénéenne du plantigrade.
 
30 juin – L’ADET dénonce la démagogie locale et le traitement des infos ours par la presse locale « qui ne dit jamais mot des autres causes de mortalité qui représentent pourtant 99% des pertes. 50.000 brebis meurent chaque année dans les départements pyrénéens ? 
Soit 1.000 brebis par semaine en moyenne ! »

Juillet 2011

2 juillet - Bruxelles - EELV adresse une question écrite à la Commission européenne afin de lui demander de clarifier sa position : à la fois en réaffirmant qu’elle considère toujours l’ours brun comme une espèce d’importance européenne menacée d’extinction dans les Pyrénées, ainsi qu’en faisant l’évaluation des moyens utilisés par la France pour assurer la viabilité de l’ours.
 
3 juillet – Toulouse - Le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse annonce qu’il s'apprête à accueillir dans ses collections les dépouilles des ourses Cannelle, Melba, Palouma et Franska. Le directeur et conservateur en chef du Muséum, Francis Duranthon se réjouit. Ce sera fait le 27 octobre 2011. L'Etat protège les ours..., morts.
 
5 juillet - A la demande de l’eurodéputée Sandrine Bélier (Les Verts/ALE), la Commission européenne a précisé par écrit le 4 juillet les obligations de la France en matière de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées. « L’existence d’une population d’ours bruns dont les effectifs se limiteraient au minimum viable ne correspondrait pas à un état de conservation favorable. La France a donc l’obligation de prendre toutes les mesures requises devant permettre d’atteindre un tel état de conservation au niveau des Pyrénées ».

Observation de l'ourse Nheu dans le Val d'Aran8 juillet - J'ai la chance d'observer l'ourse Nheu dans le val d'Aran, pendant plus de 50 minutes. Je deviens un homme qui a vu l'ours. Emotions...

12 juillet - Le cadavre d’un ourson de l’année a été découvert sur la commune de Saint-Lary en Ariège. On saura plus tard qu’il s’agit de l'ourson unique de la portée de l’ourse Pollen.
 
18 juillet – Sortie du film « L’ours, une histoire d’hommes » qui tourne dans les Pyrénées durant l’été pour des projections itinérantes.
 
29 juillet - Une observation visuelle d’une femelle adulte accompagnée d’au moins 2 oursons de l’année a été validée sur le Couserans, en Ariège. Plusieurs femelles adultes ont été génotypées sur ce secteur et certaines n’ont pas mis bas en 2010, elles sont donc susceptibles de mettre bas en 2011 (Hvala lâchée en 2006 et Pollen née à Melles en 2007).

Août 2011

1 août 2011 - Réunis le 27 juin 2011 à Paris pour la 10ème édition du Congrès français de la nature, les organismes et les experts du Comité français de l’UICN ont adopté 13 nouvelles recommandations sur les enjeux de la biodiversité. Une des deux recommandations « espèces » concerne la protection de l’Ours brun dans les Pyrénées.
 
11 août – Une rumeur pastorale circule à propos d’un éventuel futur lâcher de 3 ourses dans les pyrénées espagnoles.

La chambre d’agriculture de l’Ariège met en ligne sur son site le taux de mortalité ovine observé en Ariège : 9,6 % des 75.000 brebis du département. 60 à 100 fois la mortalité attribuée à l’ours, doute compris ! En Ariège, une bête sur 12 ne redescend pas de l’estive.
 
13 août - Les ours mis hors de cause par l'ONCFS pour la mort de chevaux Mérens. Pour dénoncer l’ETO, l’ASPAP fait venir un expert, un zootechnicien, professionnel et bénévole qui s'empresse d’authentifier  les attaques d’ours sur les chevaux et classe le cheval parmi les « grands ruminants » !
 
26 août - Le gouvernement de la Principauté des Asturies a déposé un projet LIFE+ pour déplacer 4 ours bruns des Monts cantabriques aux Pyrénées. Le projet budgétisé à 22 millions d'euros serait cofinancé par l'Union européenne et la principauté des Asturies.
 
L’ASPAP communique à propos du boycott de la concertation : « Ce soir l’administration reste seule à la table du Sous Préfet. Ce n’est pas avec elle, mais avec l’État, responsable de la situation, que le problème doit être réglé. Si l’État n’en est pas capable, le terrain saura s’en charger...» Nouvelles menaces...
 
31 août – Philippe Lacube, en colère, remet le couvert et menace les plantigrades d'un sort funeste. « Les gens en ont marre, ils sont sur le pied de guerre car la cocotte-minute explose ». « Ca va se passer comme en haute Ariège. C'était le lieu le plus prédaté des Pyrénées, ça ne l'est plus depuis trois ans. Pas par l'opération du Saint-Esprit mais parce que des ours ont été tués ».
 
Le comité de soutien ariégeois de François Hollande lui avait proposé de rencontrer l'Aspap le 1er septembre lors de sa campagne pour les primaires socialistes. François Hollande, à l’époque premier secrétaire du PS, avait réagi en déclarant "La position du parti socialiste est claire. La France se doit de respecter ses engagements internationaux (convention de Berne et Directive habitats) quant à la préservation de la biodiversité que nous défendons sans réserve. Cette nécessité est devenue urgente en ce qui concerne les ours depuis la disparition de Cannelle […] Nous avons par ailleurs dénoncé l'attitude des anti-ours à Arbas".
 
2 septembre 2011 - Bruno Besche-Commenge à propos des loups en Ariège : « En Ariège, on a déjà eu très ponctuellement des attaques dans la zone limite des Pyrénées-Orientales. L'année passée, on en a eu une dans la zone limite de l'Andorre. On n'a pas trop communiqué là-dessus, pour de multiples raisons …». On devine lesquelles.
 
6 septembre – François Hollande, en Ariège ménage la chèvre et le chou : «...témoignages sensibles et émouvants », « il y a ici une nature qui est ce qu’elle est parce qu’elle a été façonnée par des hommes et des femmes », « il ne faut pas opposer écologie et agriculture »,  « Ici, vous êtes des acteurs de la Biodiversité »…
 
France 3 Midi-Pyrénées met en ligne une vidéo de l'interview de Véronique Estrémé (la femme de Michel), coprésidente de l'ASPAP : « Oui, je le dis, je le dis haut et fort : c'est vrai, il va y avoir peut-être, certainement… l'ours risque d'être tué…»
 
8 septembre - La Commission des Pétitions du Parlement européen a auditionné les représentants du FIEP, de FERUS et de l’ADET qui reprochent l’absence de protection effective de l’ours des Pyrénées en France. Ils pointent du doigt le non respect par les autorités françaises de la directive Habitats (Natura 2000) qui exige une protection stricte de l’ours brun particulièrement menacé en Europe. Après avoir entendu les pétitionnaires Alain Reynes et François Arcangeli, les parlementaires ont demandé des justifications et compléments d’information à l’Etat français.
 
15 septembre - Ferus,  alarmé par les menaces explicites et répétées de braconnage d’ours dans les Pyrénées, lance l’opération Vigie : des patrouilles pour l’ours dans les Pyrénées. « Nous avons décidé de patrouiller volontairement dans la montagne pour contribuer à prévenir un empoisonnement ou des dérangements et des harcèlements comme ceux qui ont fini par coûter la vie à Franska en 2007. » Les associations pastorales crie à la milice privée et vont  "soumettre le problème à la Cour Européenne des Droits de l'Homme"
 
18 septembre - Etsaut - 58 brebis sont retrouvées mortes au-dessus des estives d'Yèse. 51 autres sont blessées dans ce dérochement.
 
13 octobre – l’ONCFS annonce qu’une ourse suitée a été observée et photographiée par un randonneur sur la commune de Saint-Lary, en Ariège, le dimanche 9 octobre 2011. Elle était accompagnée de 3 oursons de l’année.
 
18 octobre – Les chiffres sur la prédation de l’ours tombent : Durant la saison d'estive 2011, 165 brebis sont mortes sous les crocs de l'Ours. L’ADET publie des chiffres de mortalités issus de l’audition de Francis Ader, des centres d’équarissage et de la chambre d’agriculture de l’Ariège : la mortalité annuelle des brebis dans les Pyrénées est de l’ordre de 50.000 brebis, voire plus. L'ours ne représenterait que 0,33% des pertes.
 
La commission d'indemnisation dégâts des ours (Cido) décide de ne pas indemniser les six bergers impliqués dans le dossier du dérochement d’Etsaut. A l'époque, la Cido ne trouve « aucun élément susceptible d'engager la responsabilité de l'ours » dans cet accident. Elle pointe au contraire, des « manquements dans le gardiennage du troupeau » de 1300 têtes, assuré par Bertrand Domengeus.
 
9 novembre – L’ADET publie les nouveaux noms pour les quatre oursons nés en 2010 : les oursonnes de Bambou vont s’appeler Floreta et Fadeta, les oursons de Caramelles porteront les noms de Plume et Pelut.
 
10 novembre – Les analyses génétiques n’apportent pas encore de certitude sur l'identité de la mère des trois oursons nés en 2011, même si quelques échantillons mettent en évidence la présence de l’ourse Hvala dans le même secteur et sur cette même période.
 
L’ONCFS publie son rapport scientifique 2010. La France est mise devant ses responsabilités. Virtuellement éteint puisqu’il n’y a plus que des mâles, le noyau occidental nécessiterait le lâcher de 10 femelles et 5 mâles, et le noyau central 5 à 6 femelles pour respecter le critère de risque d’extinction de l’UICN.
 
13 novembre -  Le Parlement européen écrit au gouvernement français pour lui rappeler son obligation de conservation de l’ours brun : « je me permets de vous rappeler que l'Art. 12 de la directive stipule que "Les États membres prennent les mesures nécessaires pour instaurer un système de protection stricte des espèces animales figurant à l'annexe IV"; et l'Art. 22 stipule que "les États membres étudient l'opportunité de réintroduire des espèces de l'annexe IV, indigènes à leur territoire, lorsque cette mesure est susceptible de contribuer à leur conservation". 

J'attire donc votre attention sur la situation critique de l'ours brun dans les Pyrénées françaises, en souhaitant la mise en œuvre des mesures nécessaires afin d'éviter la disparition de cette espèce protégée. »
 
16 Novembre : La buvette recherche les ressemblances et les différences entre la controverse de la forêt Boréale au Québec étudiée par Nicole Huybens et celle de l’ours des Pyrénées pour comprendre ce qu’est la quatrième voie proposée par Nicole Huybens : la vision multicentrique. Nicole Huybens développe son « Trouver une solution simple n’est simplement pas une solution ».
 
22 Novembre : Pour Gérard Bozzolo : « abandonner l’ours en Béarn serait une forfaiture ».
 
11 décembre – Ferus et l’ADET forcent l’Etat à bouger. Chacune de leur côté, les associations déposent un projet de réintroduction d’une ourse. Pour l’une en Béarn, pour l’autre en Pyrénées centrales. ensembles, elles lancent une cyberaction “puisque la Ministre de l’Ecologie semble encore douter du soutien des Français et des Pyrénéens”. L’Etat français se trouve devant un dilemme : Accepter 2 lâchers ou montrer à l’Europe qu’il refuse que les associations fassent le boulot. L’Etat dispose de 6 mois pour bouger.
 
24 décembre – Rebondissement dans l’affaire du dérochement d’Etsaut . Le CIDO change d’avis : « La commission a constaté qu'il n'y avait pas de faits nouveaux pour ce dossier. Cependant, considérant les incidences économiques désastreuses pour certains éleveurs et compte tenu de l'absence de certitude de la non responsabilité de l'ours, la commission a décidé d'indemniser ce dégât. » « Au cours de l'examen approfondi de ce dossier, la commission s'est rendu compte qu'il va falloir sérieusement se pencher sur le gardiennage en présence ou en dehors de la présence de l'ours et ceci pour améliorer le suivi des troupeaux en estive. » Ils en ont rediscuté "dans un souci d'apaisement." Au vu des réactions de Louis Dollo, cela n'a rien appaisé du tout. Les Jeunes agriculteurs ont également menacé de prendre fait et cause contre la charte du Parc, si le cas des 58 brebis n'était pas réexaminé. Un chantage de plus.
 
27 décembre -  Dossier LIFE ours en Espagne : Face au refus du gouvernement régional de transférer deux ourses des Asturies aux Pyrénées, le FAPAS demande au Gouvernement de Navarre l’autorisation de libérer deux ourses sur son territoire. Le coût de ce renforcement s’éléverait à 30.000 euros et serait entièrement assumé par le FAPAS. Si le gouvernement de Navarre autorise ce renforcement, les ourses seraient lâchées en 2012 ou en 2013.

29 décembre - Ultimes menaces et provocations : Des pièges à ours composés de miel et de morceaux de verre ont été découverts dans les Pyrénées, en Ariège, dans le Couserans. De quoi justifier amplement l'opération Vigie de FERUS !

Photo : Regard'Isard

Agissez

Si vous ne l'avez pas encore fait, la Buvette vous invite à signer la Cyberaction pour l'ours et à vous faire membre des associations de votre choix pour l'année 2012. Faites le maintenant !

Commentaires