Naissance du Parc National des Calanques

François Fillon, qui en absence de NKM, la ministre de l'écologie en campagne pour Sarkozy, endosse la gestion du ministère défunt, a signé le décret de création du Parc national des Calanques. Il s'agit du 10ème Parc National français et du 1er parc périurbain d'Europe. Une particularité : 90% de la surface du Parc se situe en mer.

Aux portes de Marseille, le Parc National des Calanques « s'inscrit dans le cadre des objectifs de la stratégie nationale pour la création et la gestion des aires marines protégées ».

Le collectif associatif « La Ciotat Cœur de Parc » qui réunit 41 associations se réjouit aujourd’hui de la création officielle du Parc National des Calanques qui s’étend de Marseille à l’Ile Verte !

En 2004, La Buvette des Alpages avait donné un coup de main à Patrick Pappola, l’initiateur de ce collectif, pour la création de leur blog “La Ciotat coeur de Parc”.

Interview de Patrick Pappola, initiateur du collectif associatif

La Buvette : Après 8 ans de combat, il me semble que l’histoire de la naissance de ce nouveau parc partage avec le dossier de l’ours, la même mainmise anti-environnementale politique et quelques acteurs communs, comme… Jean Lassalle ?

Patrick Pappola : La mise en place d’un Parc National est un révélateur de l’état et du fonctionnement de notre société comme le sont la plupart des projets importants de protection de la Nature quand ils structurent un territoire. La Ciotat n’a pas fait exception en la matière.

Grâce à la mise en place du Parc National, nous avons pu voir comment l’ancien « Comité Ecologique de la Ciotat » a été « repris en main » à la disparition et au décès de ses fondateurs.  Faisant table rase du passé de façon outrancière, la nouvelle équipe autour de Béatrice de Crozet s’est acharnée autour d’un combat très médiatisé : dénoncer et s’opposer au projet pourtant bien écologique de préserver pour toujours à La Ciotat des milliers d’hectares terrestres et marins grâce à un Parc National !

Durant toutes ces années, cet étonnant Comité « écologique » aura passé son temps et son énergie à fédérer toute l’opposition ciotadenne au Parc, y compris la plus virulente, le plus souvent en agitant la peur comme seule méthode.

Nous aurions préféré la constitution d’une authentique association « anti-parc » plutôt que la récupération, du nom et de l’entité « Comité écologique » pour fédérer l’opposition. Il fallait oser. Avec un chasseur comme trésorier, ce comité s’est rangé aux côtés des défenseurs de la pratique du jet-ski pour s’opposer au parc. 

LBDA : Les opposants au futur Parc des calanques avaient voulu frapper un grand coup en conviant le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (MoDem) à faire part en public de son avis critique sur l’expérience vécue par les populations situées dans le périmètre du Parc national des Pyrénées.

Jean Lassalle en mission à La Ciotat
“Jean LASSALLE, tantôt abordant son enfance dans les montagnes au milieu des bergers dans les estives, tantôt nous parlant des populations des Montagnes du Monde qu’il préside, nous expliquant comment des peuples d’Amérique du Sud qui ont tellement idolâtré l’oiseau-roi, « Le Condor », au point d’en écrire une des mélodies les plus connue au monde, comment ce peuple a haï cet oiseau emblématique à cause d’un Parc National.” (laciotat.overblog .fr)

PP : A l‘époque, cet exposé avait suscité de vives réactions au sein même du MoDem. Patrick Zaoui, élu MoDem au conseil municipal de la Ville de Marseille, avait tenu à réaffirmer "son total soutien au projet de Parc des Calanques, un atout formidable pour les communes concernées". Il avait dénoncé Jean Lassalle qui "n'a jamais été habilité à s'exprimer en notre nom".

Le vice-président du Modem, Jean-Luc Bennahmias, s’étaitégalement insurgé : "non seulement Jean Lassalle confond Parc national urbain et Parc national rural, mais il n'est pas au courant de toutes les réunions de concertation qui se sont déroulées ici".

Jean Lassalle était venu avec un autre opposant au Parc National des Pyrénées, Robert Casadebaig, maire de Laruns. Ils étaient venus expliquer à La Ciotat combien un Parc National pouvait "martyriser les populations locales."

L’élu ciotaden à l’environnement s’est bien gardé de toute critique face à ce discours outrancier contre les Parcs Nationaux.  Le député Lassale est l’un des élus les plus hostiles à la protection de la Nature que compte notre pays. Avec l'IPHB Il a même à son actif la disparition de la souche pyrénéenne de l’ours brun à cause de son immobilisme sur le sujet depuis 1994. L’Etat avait commis l’erreur de lui laisser les mains libres et les poches pleines pour soi-disant sauver l’ours des Pyrénées. On sait ce qu’il en fut.

Le président de l'IPHB s’est associé à la croisade anti-parc du « Comité écologique ciotaden » et a tourné le dos aux richesses naturelles exceptionnelles de ce territoire, comme il tourne le dos à l'ours, patrimoine naturel pyrénéen.

LBDA : On retrouve la même rhétorique anti-environnementale chez de nombreux élus anti nature ou responsables agricoles par exemple.

La présidente du comité a déclaré en pleine réunion publique, en 2009, que les sites naturels subissent « trop de protections ». Le Parc des Calanques en serait une de trop ! A propos de la région la plus bétonnée du pays, c’est une vision des choses pour le moins originale, surtout de la part d’une personne se réclamant de l’écologie.

LBDA : La création du Parc est pour votre association une grande victoire.

PP : Nous sommes satisfaits, et réellement soulagés de constater que l’essentiel du territoire terrestre et marin de La Ciotat que nous souhaitions voir intégrer au Cœur de Parc l’a été.

Désormais, nous allons veiller à ce que l’établissement public « Parc National » dispose réellement des moyens nationaux indispensables pour mener à bien ses missions sur le Cœur de Parc, ceci à l’heure où il est de bon ton de priver les services publics des financements nécessaires à leur fonctionnement élémentaire.

De même, nous serons vigilants pour que, conformément à sa Charte et à la loi, le Parc ne soit pas dévoyé en un vulgaire « produit marchand », un simple « label » perverti pour mieux détruire ailleurs (par le bétonnage immobilier en particulier), ce qui sera protégé ici.

Le rôle de chacun est mieux identifié désormais. Il s’agit maintenant pour nous tous d’en tirer des leçons constructives car nous le rappelons, le chantier de l’amélioration du Parc National, de son rayonnement écologique à La Ciotat et de tout ce qui se trouve autour est à ouvrir et il requiert la participation de tous : élus, associations, citoyens, entité Parc National, collectivités locales et même, Union Européenne.

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