Chronique d'un racisme montagnard ordinaire

Crétin des Alpes

On commence par un article du Dauphiné où de “vieux bergers accrochés à un bout d’alpage s’adaptent plus ou moins bien à l’arrivée du tourisme sur leurs terres.” Plutôt moins que plus d’ailleurs.

Drame de la montagne : Un touriste attaqué par des brebis
Drame de la montagne : Un touriste attaqué par des brebis

Toni, 52 ans, 22 saisons sur l’alpage de l’Alpe d’Huez est las. « Je dois cohabiter avec des promeneurs, des vététistes, des aéromodélistes, des parapentistes, des cavaliers, des 4X4.» (...) La cohabitation avec le tourisme, il la vit de plus en plus mal. « Les gens viennent à la montagne, pour beaucoup, sans rien changer à leur comportement de citadins ».

La contradiction fait plus qu’affleurer pourtant dans cet article : « Pour pouvoir continuer son métier de berger, Vincent s’est diversifié : dès que l’électricité est arrivée au chalet, en 2002, j’ai créé un gîte d’alpage avec repas et lits ouvert huit mois ». L’argent des touristes n’a pas d’odeur.

Ailleurs, l'Alpe d'Huez la station fait sa promotion : “La réputation de station sportive de l’Alpe d’Huez n’est plus à faire. Depuis de nombreuses années, elle s’est dotée d’installations permettant d’accueillir des sportifs de haut niveau comme des amateurs.”

Accueillir ? Visiblement pas tout le monde, et pas n'importe qui! On est tellement bien chez soi sans ces envahisseurs. “Vincent dit que la diversité sur un alpage, c’est bien, mais qu’elle a ses limites. On ne peut pas avoir une montagne multi-usages et un pâturage serein.”

La biodiversité à ses limites. Certaines espèces sont à éradiquer. Visiblement, dans l'espèce humaine, c’est la même chose. La limite, c'est le même versant de la même vallée.

Niais des Pyrénées

Louis Dollo : Chronique d'un racisme montagnard ordinaire LPO AEMEt on continue en changant de massif : de l’alpage on passe à l’estive où Louis Dollo, “guide de pays” s’en prend sur son site pyréniais à Fabien Sicard, un collègue à lui, “accompagnateur en montagne” et au même Dauphiné.

Mais ne mélangons pas les torchons et les serviettes.

Qu’à donc fait notre accompagnateur en montagne de si grave ? Et bien, c’est vraiment un scandale, ce professionnel de la montagne est amateur d’oiseaux! Et de plus (c’est insuportable), il est membre d’une association, la LPO! Pourtant des accompagnateurs ou des guides naturalistes à leurs heures, il doit y en avoir des troupeaux!

Mais ce n’est là qu’une faute vénielle, même si l’association en question est la LPO de Bougrain-Dubourg et que cela ne plait pas au CPNT, qu’elle reçoit des subsides, quoi que bien moins que certains éleveurs.

Détail ; il semble avoir échapé à Louis Dollo que la LPO ne s’occupe plus uniquement des porte-plumes : « La LPO : Agir ensemble pour protéger la nature ! Forte de 45.000 membres, la Ligue pour la Protection des Oiseaux est aujourd’hui l’une des premières associations de protection de la nature en France. Elle agit au quotidien pour la sauvegarde de la biodiversité, à partir de sa vocation de protection des oiseaux. »

Pourquoi Louis Dollo voue-t-il Fabien Sicard aux gémonies ? Là il y a un blanc, un moment de grande solitude pastorale. Les vraies raisons se trouvent d’une part dans la ponctuation du thême d’une promenade encadrée : « Le loup et l’agneau, une cohabitation impossible ? » et dans la publication par un journal d’une brêve impardonnable qui en informe ses lecteurs! Dollo la considère comme une publicité ou une annonce gratuite.

Dans le thème sus-dit, le point d’interrogation final, signe de questionnement et de débat n’est pas admis, car la cohabitation impossible est, pour Dollo, un fait non discutable, coulé dans le bronze en chapelet des ovins, une bonne fois pour toute! Pas question qu’un vulgaire “AEM” ose en discuter avec des touristes, seuls Philippe Lacube ou Jean-Pierre Pommiès ont le droit d’aborder le sujet de la cohabitation pastoralisme-prédateurs.

Pour le guide de pays, rédacteur de la rubrique « Nature » de Kairn et pigiste dans deux petits canards tourbais et lourdais, la publication d’un avis annonçant l’existence d’une promenade en montagne sur ce thème « donne le ton sur l’orientation politico-sectaire de cet organe de presse ». Des pastèques : vert dehors, rouge dedans!

Ah, mais ce serait bien mieux si la France nommait un ministre de la propagande issu des « territoires », accrochés aux « traditions » et éleveur de surcroit, histoire de réduire définitivement au silence l’écologie et les écologistes.

Cet immonde torchon verdâtre ose annoncer que :

« les promeneurs iront à la rencontre du pastoralisme d’aujourd’hui, découvrirons son évolution au travers des siècles, et notamment les contraintes imposées par le retour du loup dans nos montagnes. » Du vice, je vous dis!

J’ai beau relire, je ne vois là rien de répréhensible : ni injure, ni intention de juste prendre des indiens en photo. Mais pour ce guide de pays :

« Les éleveurs des Hautes-Alpes ne sont-ils pas plus aptes que cet accompagnateur en montagne, dont, ô scandale, ce n’est pas la spécialité, pour apprécier si oui ou non la cohabitation est possible ? Ne sont-ils pas sur la scène comme acteurs victimes des prédations et non sur le devant de la scène comme spectateurs irresponsables tel qu’un accompagnateur en montagne soutenu par les défenseurs des oiseaux?

C'est bien connu, seuls les ultra-pastoraux pensent, les autres ne sont que des «promeneurs de touristes au comportement de citadins» ou pire, des touristes, bobos bien sûr.

Comment ce journal du briançonnais ose–t-il « des initiatives pour le moins surprenantes qui ne manquent pas de provocation à une période où les éleveurs souffrent de l’irresponsabilité écologique d’associations de lobbying incompétentes et néfastes au développement durable des territoires de montagne… et ailleurs. »

En note de bas de page, Dollo ajoute..., tenez-vous bien, j'en frissonne : «Cet accompagnateur en montagne se dit à la fois « indépendant » et à « Visa Trekking » à Briançon. Il est également membre de la Société Géologique et Minière du briançonnais et de Rando Oiseaux. En fait, il tire toutes les couvertures à lui…, drôle d’oiseau

Et en plus, cet ornithologue amateur aime les cailloux! Moi qui croyais qu'il était simplement juif, PD, franc-maçon, nègre, drogué, fonctionnaire, belge et pédophile! Mais que le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne?

Ah, si ce journal faisait partie du groupe de la Dépêche-du-Midi, ce ne se serait sans doute pas passé comme cela !

Mais le mot de la fin, le plus subtil sans doute, revient à la FAR « Fédération des Acteurs Ruraux » de Joseph Jouffrey, association qui essaie de fédérer «Pour qu’à l’échelle des Alpes nous soyons unis et forts pour faire valoir nos métiers, nos patrimoines, nos traditions, nos identités, nos paysages, et résister au néocolonialisme environnementaliste.» ; en recommandant le jugement définitif de Louis Dollo, la FAR ajoute un commentaire : “Ce parasite de la montagne a t-il demander aux éleveurs, a leurs représentants, aux propriétaires... avant d'aller réaliser sont lobby lucratif ?”. Le Syndicat National des Accompagnateurs en Montagne va apprécier. Et les associations régionales de Guides de pays?

Signé le belge, qui parapentiste, n'arrêtait pas de se poser au milieu des brebis, rien que pour les éparpiller!

P.S.: Et pour ceux pour qui la notion de "second degré" est aussi génératrice de silence que l'idée de se souvenir du carré de l'hypoténuse, je signale que les intertitres présent servent à illustrer et ne représentent en rien l'opinion de l'auteur sur les capacités intellectuelles des habitants des terres inclinées. Le quolibet "crétin des Alpes" est très bien expliqué par Jean-Loup Fontana. "Pyréniais" étant lui le titre d'un journal, lu par un ours dans le livre "Eloge de la pentitude" de F'Murrr, un parisien de la Drôme.

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