Paysage de Barèges

Barèges par P. Barbé (à l'époque hameau de Betpouey)

Betpouey-_Barbe
Depuis bientôt une trentaine d’année, l’administration forestière s’occupe activement du reboisement et du regazonnement des montagnes. Aussi, les flans de la montagne s’élevant au Nord de Barèges qui, naguère présentaient l’image de la désolation sont maintenant recouvertes de gazon et d’arbres.  Ces arbres retiennent les terres et les neiges et rendent ainsi moins fréquentes les avanlanches pendant l’hiver.

Barèges, le 8 avril 1887
L’instituteur, P. Barbé (p15/22)
Source

Commentaire

Louis Dollo (ASPP65) écrit :

"Voilà plus de 5000 ans que le pastoralisme est attesté dans les Pyrénées. Son rôle dans la préservation de la biodiversité, l’entretien des paysages, la prévention des incendies et des avalanches est essentiel et n’est contesté par personne.

Accroître les contraintes sur ce pastoralisme de montagne déjà difficile c’est le condamner à terme. Le maintien et l’apport de grands prédateurs comme le loup et l’ours participe à la réduction puis la disparition de ce pastoralisme. Par la même occasion, n’avoir une vision de la nature qu’à travers deux prédateurs emblématique participe à la destruction de la diversité des espèces animales et végétales des Pyrénées."

Le syllogisme est simple :

  1. le loup ou l'ours sont responsables de la fin du pastoralisme,
  2. or le pastoralisme entretient la biodiversité en montagne,
  3. donc les grands prédateurs sont nuisibles à la conservation de la biodiversité.

L’instituteur, P. Barbé ne semble pas d'accord. Le paysage a un côté sentimental : chacun cherche à retrouver les paysages idéalisés de son enfance, le bon temps, la nostalgie des promenades d'enfant. Mais les paysages évoluent, parfois dans un sens, parfois dans un autre, comme le montre ce texte sur le reboisement d'une montagne pelée... par le pastoralisme.

"La DDAF des Hautes-Pyrénées a proposé à la présidente du syndicat ovin Barèges-Gavarnie de faire une étude comparative. Certaines bêtes de l'AOC seraient étudiées dans un cadre d'élevage divagant et d’autres selon le système de gardiennage proposé et encouragé. Une ébauche de protocole avait été établi par un ingénieur de la DDAF en songeant à des partenariats avec l'INRA et l'Université de Toulouse: « Marie-Lise Broueilh a semblé comme mise au pied du mur. On leur donnait l'occasion de prouver ce qu’ils disaient, à savoir que le gardiennage nuit à la qualité de la viande. Elle n'a pas donné suite. Nous, nous avons l'hypothèse inverse et plusieurs expériences le montrent. Laisser la brebis divaguer ou la conduire à bâton planté n'a probablement aucune incidence sur la qualité de la viande. En revanche, l'effet en termes de pâturage sur la montagne, il est tout autre, et c'est ça qui nous intéresse » (Fily, com. pers.).(Extrait de la Thèse de Farid Benhammou).

Il y de la place pour des paysages ouverts, des paysages fermés et des lisières. Croire qu'il faut les figer est une erreur. Il faut veiller à la sauvegarde des milieux riches, ouverts ET fermés.

Lire aussi

La concurrence des « biodiversités » Flou sémantique autour des prédateurs et du pastoralisme 
par Farid Benhammou.

Retour à : Pays Toy story - Barèges-Gavarnie, l’appellation des usages locaux, déloyaux et inconstants.
Commentaires