Prospective avec le République des Pyrénées

Si le gouvernement ne fait rien, en 2030, l'ours ne serait plus qu'un souvenir en Béarn…, mais le loup une réalité ! Voilà ce que prévoit Éric Sourp, chef du service scientifique du Parc National des Pyrénées dans un article publié par La République des Pyrénées.

Après l’Europe, le PNP tire la sonette d'alarme

L'Article 12 de la directive stipule que "Les États membres prennent les mesures nécessaires pour instaurer un système de protection stricte des espèces animales figurant à l'annexe IV"; et l'Art. 22 stipule que "les États membres étudient l'opportunité de réintroduire des espèces de l'annexe IV, indigènes à leur territoire, lorsque cette mesure est susceptible de contribuer à leur conservation".

"Adieu l'ours… mais bonjour le loup !

Boule de cristal : ours, voyance, masque et prévisionsSelon Eric Sourp, le réchauffement impactera les lagopèdes, c'est-à-dire les oiseaux vivants en altitude dont l'habitat vers les sommets aura probablement complètement disparu en 2070. De même, le discret desman des Pyrénées deviendrait bientôt un animal de légende appartenant au passé. Et selon les projections du Parc national à quinze ans, l'ours, emblème par excellence de la faune pyrénéenne, est voué à l'extinction. "Il va disparaître avant même 2030. Son problème n'est pas le réchauffement - il vit en forêt plutôt qu'en altitude - mais son cycle de reproduction, actuellement compromis : ici nous n'avons que deux mâles. Les femelles sont en Haute-Garonne et y restent car les ours bougent très peu".

Mais le pastoralisme vivra vraisemblablement d'autres cohabitations difficiles : pour les spécialistes, d'ici 2030, les loups, espèce protégée, se répandront dans les Pyrénées centrales. "Deux populations distinctes, l'une venant de l'Est et de l'Italie par les Pyrénées-Orientales et déjà présente en Catalogne et en Ariège depuis 1997, l'autre venant du Sud et de l'Aragon, vont se croiser chez nous. Le loup va partout, pas seulement en forêt ; il est présent par exemple dans les sierras espagnoles." Autre élément favorable à son expansion, la densité des mammifères ongulés sauvages devrait augmenter et lui fournir une source de nourriture."
(fin de citation)

Chacun chez soi

"Selon les projections du Parc national à quinze ans, l'ours, emblème par excellence de la faune pyrénéenne, est voué à l'extinction." Eric Sourp n'ayant le droit de s'exprimer que sur le parc, il ne parle bien sûr que... du haut du Haut-Béarn (lors de la création du parc, les pressions politiques ont permis de soigneusement exclure les zones et forêts à ours pour se limiter zones "moins sensibles". Et comme il n'y reste que un ou deux mâles (suivant les déplacements de Cannellito), pas besoin d'être scientifique ou mme Soleil pour prévoir la fin de l'ours là-bas.

Ce qui est symptomatique dans cet article de la république des Pyrénées, c'est le fractionnement de la politique de l'Etat : PNP, zone IPHB, Pyrénées centrales, chacun chez soi. Voilà qui explique en partie la lente et régulière diminution de la population d'ours, avant les réintroductions en Pyrénées centrales ou l'ADET s'est chargé de sauver la population ursine.

Malgré ce que tous les français pensent (Le PNP a été créé pour sauver l'ours et c'est sa mission), ni le parc déchu de son diplôme européen, ni l'IPHB exsangue, ne peuvent présenter un bilan favorable au niveau de la conservation de l'ours.

Dans le cas de l'IPHB, on est proche du zéro absolu. Pour continuer à pomper des subsides, Jean Lassalle a bien dû s'inventer une utilité et des compétences ; construire des cabanes, héliporter les malles, diffuser la photo d'un ourson, organiser des réunions inter-minables, "établir un comptage patrimonial" (un "'indice d'abondance"!), "commanditer un bilan externe", "rédiger des notes de synthèse", "contribuer à l'amélioration trophique de l'habitat de l'ours, sur les territoires communaux", "élaborer un schéma de desserte intégrée de désenclavement"..., voilà des nuages de fumée destinés à câcher la lente disparition de l'ours en Béarn. Pour le grand chef indien, il suffisait d'attendre en comptant sur l'aide de ses amis les chasseurs, comme René Marquèze, ce hérault valléen. L'IPHB est arrivé à ses fins : sans réintroduction immédiate, le Béarn perdra ses derniers ours comme il a perdu ses emplois, ses habitants et... son âme.

Pourquoi l'article ignore-t-il la lente progression du noyau central? Si c'est le fait du journaliste, je ne sais pas. Si c'est le fait du responsable du parc :

  1. Devoir de réserve, les Pyrénées centrales sont en dehors de ses compétences. Il y a des mâles, des femelles et des reproductions ailleurs (en "Haute-Garonne" : à noter que le discret (malgré les dépenses de promotion chères - dans tous les sens du mot - à Tintin) département "d'Ariège-Pyrénées", (en bas à droite, pour ceux qui le confondent avec l'Ardèche) semble avoir été fagocité par le 31, voilà qui va plaire au seigneur de Foix). A relire vu l'hiérarchisation compliquée ;-)
  2. On est en période de renouvellement de la charte, terrain miné en zone Lassalle pour qui Parc National est une injure aussi grossière que Natura 2000. Mais comme tout s'est emmelé dans sa tête...
  3. Et l'ours a toujours été un sujet sensible. Il n'y a cas demander au conteur...

La gestion de l'ours a toujours été cloisonnée.Il est temps que cela change.

L'IPHB ne sert plus à rien, mais ce machin ubuesque a t-il jamais servi et à quelque chose d'autre qu'à assurer l'élection du député-chanteur? Oui, l'IPHB a permis à Jean Lassalle de détourner de ses objectifs, pourtant définis dans sa charte, des sommes colossalles: l'argent de l'ours a été perdu pour l'ours, mais pas pour tout le monde, pas pour ses électeurs pastoraux qui ont largement empôché le magot. Parôle donnée, la main sur le coeur, mais jamais tenue...

Cet exercise de style journalistique (l'article de la République) sans doute destiné a divertir avant la fin du monde du 21 décembre vient quelques jours après le remontage des bretelles de la France par la Commission européenne. Le problème n'est pas que l'absence de femelles en Béarn mais aussi la fragilité du noyau et surtout sa consanguinité. Il faut récupérer les gênes de Néré et de Cannellito. Il faut qu'ils se reproduisent en Béarn pour ne pas que l'ours disparaisse de l'endroit où il a toujours vécu : le Béarn et le massif de Sesques, entre Aspe et Ossau (la vallée de l'Ours).

Avant, je craignais que la disparition de l'ours en Béarn ne provoque la fin du gardiennage "immémorial" dans ses trois vallées béarnaises, et donc rende un retour de l'ours difficile, voire impossible, mais le loup pourrait changer celà et la tradition "immémoriale" béarnaise pourrait bien être un avantage sur le négativisme optu du pays Toy, par exemple.

Le rapport scientifique de l'ONCFS de 2010 doit servir de modèle pour la sauvegarde et la viabilité de la population résiduelle d'ours dans les Pyrénées.

« Il est peu probable que la population d’ours brun des Pyrénées atteigne un état de conservation favorable si des réintroductions ne sont pas réalisées dans un avenir proche.

La situation est très contrastée entre les 2 noyaux. Virtuellement éteint puisqu’il n’y a plus que des mâles, le noyau occidental nécessiterait le lâcher de 10 femelles et 5 mâles, et le noyau central 5 à 6 femelles pour respecter le critère de risque d’extinction de l’UICN. Ces conclusions s’inscrivent dans les limites des hypothèses du modèle, notamment celles concernant les paramètres démographiques qui doivent rester constants dans le futur

Le gouvernement sait et ne dit rien (pour le moment). Il a un peu moins de deux mois pour faire mentir la boule de cristal du responsable scientique du PNP à la tête de 2 ours mâles en Béarn (et qui en ont plein les burnes !) 

Quant au loup, l'avenir pourrait bien donner raison à Eric Sourp. Et je vais y aller de ma petite prédiction: j'en connais qui vont regretter le bon vieux temps où il n'y avait que lou moussu...

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