Les 13 conséquences positives de la création d'une assurance prédation

La Fédérations des Acteurs Ruraux martèle continuellement que "l'administration a l'obligation d'assurer la sécurité des biens et des personnes, l'obligation de protéger les troupeaux" en citant sans cesse l'article 113-1 du code rural.

par Baudouin de Menten

Une assurance permettrait à l'Etat de consacrer l'entièreté du budget loup à cette obligation de protection. En réorientant les sommes vers la prévention, le financement de clôtures, l'élevage et l'éducation de chiens de différentes races (autre demande des éleveurs) et d'autres nouveaux moyens de protection, l'Etat remplirait sa mission en plein.

Responsabiliser les éleveurs

De la même manière que les jeunes conducteurs, moins aguerris à la conduite, n'ayant pas la sagesse des conducteurs expérimentés et "calmés", et susceptibles de sortir les nuits de week-end et de boire un peu plus qu'il n'est permis, payent plus cher leur assurance automobile, les éleveurs rétifs aux moyens de protection et au gardiennage, qui laissent leurs brebis se balader seules en montagne en zone à prédateurs se verront proposer des contrats qui prendront en compte les risques supplémentaires non assumés.

L'éleveur aurait tout intérêt, dès lors, pour diminuer sa prime et sa franchise, à recourir à tous les moyens de protections existants. Il ne s'agit là que d'une gestion en bon père de famille, simple et efficace!

Les 13 conséquences positives de la création d'une assurance "prédation"

  1. L'Etat consacre les ressources limitées disponibles à aider les éleveurs à se protéger et non plus à dédommager des restaurants gratuits pour prédateurs.
  2. Les éleveurs s'assurent collectivement, se responsabilisent, se concentrent sur leur métier : garder et protéger leurs brebis, leur capital.
  3. La protection n'est pas obligatoire (une demande de la FAR) : à chacun d'assumer ses choix.
  4. La protection fournit de nouveaux emplois de berger, d'aides-berger, de nouveaux prestataires de services liés aux moyens de protection.
  5. Le pastoralisme adopte une nouvelle conduite, bien plus éthique, davantage en accord avec les demandes de la société et améliore son image de marque fortement dégradée : il n'y a qu'à voir les querelles que leurs prises de position anti-nature génèrent! Le métier est enfin revalorisé.
  6. Les prédateurs restent dans leurs rôles, sont mieux contraints à ne pas s'approcher des troupeaux. Les populations peuvent atteindre la viabilité de leur population.
  7. L'éradication n'est pas nécessaire, la "gestion" des populations devient moins agressives, moins létale et plus respectueuses des statuts d'espèces protégées.
  8. L'Etat respecte ses obligations, quelles soient issues du code rural ou de la législation européenne.
  9. L'Europe continue à financer le pastoralisme à travers les aides aux régions de montagne et n'a plus besoin de porter plainte contre l'Etat pour non respect de ses obligations.
  10. Les fonctionnaires de l'ONCFS se consacrent dès lors aux tâches de leur "core business".
  11. Les dégâts de chiens errants sont remboursés, de même que les brebis perdues et les conséquences des attaques (avortements,...). Les polémiques "chiens divaguants", "vautours", "subventions" se dégonflent parce que les revendications des uns et des autres sont enfin satisfaites.
  12. Les contraintes administratives disparaissent ou se simplifient.
  13. Et les brebis sont bien gardées !
Seul point négatif : la presse locale perd un de ces marroniers. Les articles relatant la prédation des brebis ne feront plus recette. Fin de la rubrique brebis écrasées. La presse locale pourra enfin recommencer à faire un peu de journalisme, s'il en existe encore, pour informer les lecteurs sur la réalité de la biologie et de l'éthologie, le comportement des bêtes sauvages, la... réalité.
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