Racaille des talus

La question que la gendarmerie se pôse : Le chasseur a-t-il visé le garde-chasse ?

Racaille des talusSamedi 12 janvier, Murianette en Isère. A proximité du lieu-dit “La Pérerrée”. Deux chasseurs marchaient à la limite de la commune de Domène. Un chasseur épaule et tire. A quelques mètres de l’arbre dans lequel s’est figé le projectile se trouvaient deux... gardes-chasses.

L’un des fonctionnaires, voyant le chasseur épauler à 50 mètres, a eu le réflexe de se cacher derrière un arbre.

Il explique avoir tiré "pour faire fuir le gibier"

Normal, on reconnait bien là le but des chasseurs. Encore un exemplaire de cette racaille des talus qui prennent les juges pour des gros cons ! Pourquoi encore ? Parce qu'il y en a des pareils toutes les semaines. Tel cet "amoureux de la nature" qui déclarait "ramasser des déchets dans les bois" alors qu'ils piégeait des rossignols du Japon.

Interpellé, l’homme de 61 ans de Saint-Nazaire-les-Eymes, a été placé en garde à vue à la gendarmerie de Domène. Le dépistage d’alcoolémie se serait révélé positif. Une coincidence sans doute.

L’homme aurait expliqué n’avoir pas vu les deux gardes-chasses et avoir ouvert le feu "pour faire fuir le gibier afin que les animaux ne soient pas tués par des chasseurs d’une autre commune."

Sergio Dalla Bernardina explique bien le phénomène : "On ne chasse plus pour soi ou pour son réseau d’alliés (pour défendre les récoltes, pour s’accaparer une denrée, pour s’amuser avec du superflu et de l’extra-économique), on chasse contre l’autre. On chasse parce que l’autre le fait. Le gibier cesse d’être un bien (une ressource) ou un « mal» (un nuisible), pour devenir un score.

L’animal se réduit à un prétexte. Son abondance ou sa rareté, du point de vue de la compétion, n’ont plus le moindre poids. L’essentiel est de prendre le maximum de gibiers, en empêchant les autres de combler l’écart. La fièvre du chasseur, dans ces conditions, cesse d’être une manie qui touche quelques sujets, parfois quelques familles se transmettant cette passion anomique d’une génération à l’autre, pour devenir une fièvre agonistique. C’est une fièvre d’origine sociale." (Lire « Chasser contre l’autre » dans « bobo à la chasse »).

Des chasseurs d'une autre commune qu’il soupçonnait de braconner dans ce secteur de Murianette. Sauf que l’homme aurait pu tirer en l’air. Le lendemain, une mise en situation a été réalisée sur les lieux avec le mis en cause. Finalement, l’homme, inconnu de la justice, a été laissé libre dimanche à l’issue de sa garde à vue. Le dossier a été transmis au parquet de Grenoble qui décidera des suites judiciaires à donner à cette affaire. L’office national de la chasse et de la faune sauvage a porté plainte.

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