Les phoques ? Tous des pédés !

Dans les « territoires », accrochés à leurs traditions...

On connait depuis longtemps :

  • L’opposition des chasseurs et des agriculteurs à la présence d’espèces qu’ils jugent « nuisibles » à leurs intérêts (renards, blaireaux, rapaces, mustélidés, becs droits), même si certains de ceux-ci sont également des prédateurs des campagnols qui ravagent les cultures. Ils leur préfèrent l’usage du poison, en grande quantité, même si les dégâts collatéraux sont importants.
  • L’opposition des éleveurs alpins et pyrénéens à « l’ensauvagement de la montagne », la présence dans « leurs montagnes » de prédateurs, qui bien qu’étant là bien avant eux comme les ours, ou qui sont revenus comme le loup, servent de boucs émissaires, cachant l’état déplorable du pastoralisme, maintenu la tête hors de l’eau par des subsides qui représentent plus de 60% de leurs revenus.

Le loup, animal « protégé » est maintenant chassable toute l’année à l’arme lourde grace au plan loup 2013-2017.

Plus récemment on va vu les mêmes « acteurs ruraux » devenir radicalement opposés aux vautours qui de charognards seraient devenus prédateurs mangeur d’homme. « Ne parlons pas de celui qui aurait envie de faire la sieste et donc en position d’immobilité » avertit Louis Dollo. Du pain béni pour le parti de la ruralité : « Il faut que l’État mette au plus vite en œuvre des mesures d’effarouchement, voire de réduction des populations là où elles sont en surnombre et qu’elles provoquent des dégâts ou fortes nuisances. »

En 2012, c’est au tour des marmottes de passer sur la liste des animaux terroristes, car elles fouissent dans le village de Saint-Véran : « Un habitant s'est retrouvé avec un trou dans la pelouse qui borde sa maison. Un autre avec des blocs de roche dans son jacuzzi. En nichant à l'abri des rochers, les marmottes creusent des galeries en dessous de ceux-ci et les déscellent... jusqu'à ce qu'ils descendent. La situation devient invivable voire dangereuse pour les agriculteurs (un d'entre eux a basculé avec son tracteur dans un champ: une galerie s'est effondrée sous le poids du véhicule. »

Manque d'iode ?

Certains ont cru que la source du phénomène était dû à une carence en iode, une sorte de crétinisme typique des régions montagneuses éloignées de la mer. Il n’en est rien. En 2012, à la réunion, île bien que montagneuse, largement iodée, ce sont les requins qui gênent les surfeurs, alors on parle de « la nécessaire régulation des espèces dangereuses seule gage du retour à l’équilibre. »

2013 ne pouvait être en reste. Et l’iode n’y est vraiment pour rien, le crétinisme est aussi congénital.

C’est vrai que le petit village de Cucq, sur la côte d'opale est plaisant, avec ses petites rues, son église, sa plage et puis certains habitants qui regardent le reste avec mépris du haut de leurs caps...

Dans ce patelin proche du Touquet, où l’iode de manque pas (ce n’est pas comme le poisson qui lui se fait rare) vit un sympathisant CPNT. Pour lui, ce sigle "rural" prend tout son sens : il est chasseur, mais aussi président de l’Association des Pêcheurs à Pied de la Côte d’Opale, loisir ô combien « traditionnel ». Il aime la nature, à sa manière sans doute, tout aussi traditionnelle et anthropocentrée, il aime la nature, comme un pédophile aime les enfants, pour en profiter, sans éthique.

Notre homme s’oppose à la pratique du kite-surf qui empêcherait les pêcheurs à pied de pratiquer leur pêche : « La plage nous appartient », pas question de partage, les planches à voile et autres kites couperaient leurs lignes.

Visionnaire, il s’oppose aux éoliennes en tant que « responsable énergie » dans une mairie toute proche. Pêcheur, il soutient le parti CPNT quand Frédéric Nihous de passage à Etaples se prononce « pour une défense hardie de la pêche artisanale française contre les hérésies et bêtises de Bruxelles qui persécutent les pêcheurs. » La surpêche ne le pousse pas à se déshabiller; que le dernier poisson français de l’année aie été pêché le 18 mai, le laisse de glace. La mer est une mine jugée intarissable.

Sus aux phoques

Alors en cette période de manif pour tous et de chasse aux pédés, il apporte sa propre espèce à la longue liste des espèces à éradiquer : le phoque, le phoque mangeur d’homme ! Et la presse nordiste s'en est fait l'écho...

Étaples : les « anti-phoques » organisés en collectif

Deux ans qu’il prépare son coup. Samedi, à Étaples, dans les locaux de la CME (Coopérative Maritime Etaploise), Fabrice Gossellin pouvait annoncer qu’il était en mesure de déposer les statuts d’une association qui sera baptisée « Collectif de défense contre la prolifération des phoques et veaux marins. »

Autour de Fabrice Gosselin, le bureau de ce collectif est déjà formé. Celui-ci assure la présidence. Il est épaulé à la vice-présidence par le Berckois Pierre-Georges Dachicourt (de la CME) et d’un trésorier, Guy Ravael (du Comité régional des pêcheurs de loisirs en mer). On trouve aussi Gérard Cauchois (vice-président des Pêcheurs à pied de la Côte d’Opale) et Bruno Dachicourt (Comité des pêches). Bruno Margollé et Éric Gosselin (CME) font également partie des membres du bureau.

Un des premiers objectifs de ce collectif qui se déclare apolitique sera d’obtenir une entrevue avec le ministre Frédéric Cuvillier (ministre délégué chargé des Transports et de l'Économie maritime). « On veut lui expliquer que nous trouvons les phoques trop nombreux sur notre littoral, explique Fabrice Gosselin. Ils provoquent des nuisances et se montrent dangereux pour les pêcheurs à pied. Nous ne voulons pas tirer à coups de fusil sur les phoques, mais nous souhaitons que leur population soit régulée. »

Un qui n’a pas bien compris le sens du mot apolitique, c’est le député UMP Daniel Fasquelle qui s’est invité à la réunion pour souligner « qu’il était du côté des pêcheurs et qu’il fallait que la population des phoques soit maîtrisée comme c’est le cas pour les sangliers et les renards ». (La Voix du Nord)

Berck : en allant pêcher la crevette, Claude Ducourneau a eu la peur de sa vie

Il était habillé de cuissardes qui lui remontaient jusqu’à la taille. Par-dessus, il avait enfilé un ciré et noué une ceinture, « pour éviter que l’eau pénètre au-dessus des cuissardes ». Cette nuit-là, Claude Ducourneau a fait ce qu’il appelle « une mauvaise rencontre ». Il l’a racontée aux membres du collectif « anti-phoques », lors de leur réunion samedi.

Ça faisait quelques jours qu’il avait repéré ce qui semblait être un veau marin solitaire, qui restait sur la plage nord de Berck. « Il était au large et restait dans le secteur. » Mais ce soir-là, alors que dans la nuit noire, Claude Ducourneau a de l’eau jusqu’à la taille, il est brusquement retourné « cul par-dessus tête. Je n’ai pas eu le temps de comprendre. Je me suis retrouvé sous l’eau. J’ai suffoqué. J’ai réussi à remonter la tête hors de l’eau et c’est là que je l’ai vu. Il m’a foncé dessus une nouvelle fois et j’ai bu une énorme tasse. Pendant que je me débattais, je l’entendais crier sous l’eau. Je ne savais pas que les phoques étaient capables de faire ça. J’ai eu la peur de ma vie... Si je n’avais pas eu mon ciré, l’eau rentrait dans les cuissardes, je me retournais comme un bouchon et avec tout mon harnachement, je me noyais... »

Finalement, Claude Ducourneau a réussi à reprendre pied sur la plage. Et le phoque s’est éloigné. « Je pense que c’est un solitaire et qu’il m’a attaqué parce que j’étais sur son territoire. » Depuis, Claude Ducourneau n’est pas retourné taquiner la crevette. « J’ai eu trop peur. Si j’y retourne, c’est accompagné. Je ne pêcherai jamais plus tout seul. C’est trop dangereux. » (La Voix du Nord)

Colère anti-phoque des pêcheurs : un collectif de défense se crée

« La prolifération des phoques menace la faune et la flore de la côte. La pression des mammifères marins est trop forte sur l’écosystème de la côte »

« Les phoques, c’est simple, on n’en veut pas ! ». À la maison du temps libre de Cucq, l’ambiance est rapidement montée chez les participants. Les phoques sont l’incarnation de la colère des pêcheurs. « En mer, on a le droit d’effaroucher les oiseaux avec un fusil. Et y’a pas que les oiseaux qu’on va effaroucher, tu vas voir. »  Les mammifères s’attirent les foudres des pêcheurs en cassant les filets et en mangeant la ressource piscicole de la baie. Il y aurait soixante-dix phoques en baie d’Authie, une dizaine en baie de Canche et quatre cents en baie de Somme.

Fabrice Gosselin« C’est normal », estime Fabrice Gosselin, président de l’association des pêcheurs à pied d’Étaples et co-initiateur du collectif de défense. « Pour ces gens, la pêche c’est leur vie. C’est leur métier. » Une lame de fond s’esquisse : « Nous réunissons les pêcheurs à pied, les professionnels de la pêche et les pêcheurs de loisirs. Les pêcheurs en eau douce sont aussi intéressés. Et on veut fédérer la chasse. Les gens ressentent un vrai ras-le-bol. On est là pour taper du poing sur la table mais aussi pour proposer des solutions. On tient la route. »

À la tribune, son discours est plus nuancé. « Les phoques sont là. Il faut vivre avec, il est hors de question de les abattre. Mais il faut réussir à vivre ensemble. Il n’y a plus un seul poisson plat, comme le flet, dans la baie d’Authie ou de la Canche. À force de défendre la diversité, on va la détruire. » Une position reprise par Pierre-Georges Dachicourt. « Les phoques remontent les rivières et mangent les poissons frayant en eau douce. Leur prolifération sera forcément problématique. »

Dans la salle, le chargé de mission du futur parc naturel marin, Xavier Harlay, est bien le seul à défendre les animaux. « Le parc est une chance. Vous allez pouvoir prendre des décisions pour votre milieu. » Né le 11 décembre 2012, le parc soulève beaucoup de questions parmi les pêcheurs.

Les réserves de pêche, où il sera par définition interdit de pêcher, sont également au centre des inquiétudes. La colère et le sentiment de ne pas être écouté reviennent dans beaucoup d’interventions. Et le phoque pourrait bien être la victime collatérale de la dégradation du climat social. (La Voix du Nord)

Ensauvagement 

La surpêche ? Quelle surpêche ? L’homme n’y est pour rien. C’est l’animal sauvage, le responsable. Le phoque est promu responsable de l’ensauvagement de la côte. Le phoque est actuellement protégé par des réglementations nationales et internationales, mais continue à souffrir de prises involontaires, de braconnage (tir au fusil) et de la pollution. Du fait de sa position dans le haut de la chaîne alimentaire, son organisme est particulièrement chargé en polluants marins. Certains passent à l'acte...

Seine-Maritime : un pêcheur à pied condamné pour avoir tué un phoque

A Dieppe (Seine-Maritime), un pêcheur à pied de 21 ans a été condamné à deux mois de prison avec sursis et interdiction de pêche pendant un an. Son tort ? Il a tué un phoque veau-marin, une espèce protégée, alors qu'il pêchait dans une zone interdite. 

Il y a près d'un an, le 28 mai 2012, le cadavre d'un phoque est découvert sur la plage du Tréport. L'animal a été égorgé à l'arme blanche et porte des traces de violences au niveau de la boite crânienne. La gendarmerie et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) sont alors chargés de l'enquête. Et c'est en novembre dernier qu'ils ils retrouvent enfin l'auteur des faits.

Le 12 avril dernier, devant le tribunal correctionnel de Dieppe, le jeune homme, qui pratique la pêche au filet fixe sur la plage, se défend d'avoir tué l'animal. Il affirme avoir trouvé le phoque mort sur la plage. Il se serait pourtant vanté, auprès de sa petite amie, de l'avoir tué, pour se «rendre intéressant».

Deux mois de prison avec sursis, retrait d'un an de permis de pêche et amende

Finalement, le pêcheur à pied a été condamné vendredi 3 mai à deux mois de prison avec sursis, au retrait d'un an de son permis de pêche et à une amende de 200 euros pour destruction d'espèce protégée et pêche dans une zone interdite. Il devra aussi indemniser trois associations parties civiles, Picardie Nature, l'Association pour la protection des animaux sauvages et la Fédération de Seine-Maritime de pêche et de protection dans les milieux aquatiques.

Selon le président de cette dernière fédération, Daniel Hanchard, «la pose de filets de pêche est interdite dans un rayon de 2 km à l'embouchure des fleuves côtiers en Seine-Maritime», là où le jeune pêcheur a commis son forfait. Pour Picardie Nature, le cas qui vient d'être jugé, un phoque tué intentionnellement, est «extrêmement rare, exceptionnel». (Le parisien)

Biodiversité, cohabitation ? Des gros mots.

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