L'ADDIP ecology

« Passé ce délai (de 48 heures) s’il n’est pas retiré, tout sera mis en œuvre pour l’abattre (l'ours Cannellito) »

 

L'ADDIP Ecology
L'ADDIP Ecology (dessin de F'murrr paru dans Eloge de la pentitude)

Un scoop : L’ours Cannellito doit regarder TF1. Selon Dollo la menace : « L’ours profite (NDLB : malin l'ours !) que tous les éleveurs sont occupés en vallée à sauver des eaux des personnes, des maisons, des praires, des exploitations » pour croquer des brebis, de toutes façon sans surveillance, puisque c’est interdit par l’AOC Barèges-Gavarnie.

Voici trois documents publiés hier qui montre la naissance de « l’ADDIP Ecology ».

Quelques éleveurs « lancent un ultimatum de 48 heures à l’Etat », rien de moins.

 1) Pays Toy dans les Pyrénées : L'ours mort ou vif !

Par Louis Dollo (Dollo la bavure) - 
Article saisi le Samedi 22 Juin 2013 à 09:57

Un ultimatum vient d’être lancé à l’Etat par les éleveurs du Pays Toy dans les Hautes-Pyrénées. A partir d’hier soir 19h, le Préfet dispose de 48h pour retirer l’ours. « Passé ce délai s’il n’est pas retiré, tout sera mis en œuvre pour l’abattre » nous a dit hier soir un responsable de l’élevage du canton de Luz. Et de préciser : « s’ils le retirent ce n’est pas pour aller le mettre chez le voisin ».

Non seulement l’Etat n’a tenu aucun de ses engagements pris l’an dernier mais voici l’ours qui profite que tous les éleveurs sont occupés en vallée à sauver des eaux des personnes, des maisons, des praires, des exploitations. Impossible pour eux d’être partout à la fois. Bien sûr, les écologistes auxquels beaucoup impute la responsabilité des inondations, diront qu’ils sont mauvais berger parce qu’ils ne sont pas à côté de leurs troupeaux. Rengaine classique difficilement acceptable dans les conditions actuelles où se nouent de véritables drames. « Pendant toutes ces inondations on (gardes du parc et agents de l’ONCFS) pour venir nous aider » nous dit-on en cœur à Luz. « Et maintenant l’ours s’y met. Qu’ils le retirent si non on le flingue ». Voilà une affirmation claire. Une menace.

Il faut constater que l’Etat n’a jamais été en capacité d’assurer la protection des troupeaux. Si non, ça se saurait depuis très longtemps. Par contre, « tout propriétaire ou fermier peut repousser ou détruire, même avec des armes à feu, mais à l'exclusion du collet et de la fosse, les bêtes fauves qui porteraient dommages à ses propriétés » (Article L427-9 du Code de l’Environnement)


Le ton n’est plus aux réunions. Ils sont déterminés et « se moque (sic) des élucubrations des écologistes ». Reste à voir ce qui se passera dimanche soir. Mais il est probable que ce ne sera pas public. Lorsque l’un me dit : « Toi, tu ne viens pas avec nous pour faire la photo. Tu restes à Tarbes pour raconter la suite ». Dont acte. Attendons. Mais cette fois, ils sont beaucoup plus déterminés que les précédentes et nous pourrions bien être les spectateurs passifs d’une vraie chasse à l’ours.

Louis Dollo

Nota (de L.D.) : Nous apprenons ce matin que d’autres prédation ont eu lieu dans le secteur de Betpouey. Sans aucune précision compte tenu des difficultés de communication.

Cet "ultimatum" a été publiés sur : Pyrénées-pyréniais et sur Kairn.

 

2) Drame du Pays Toy : inondations + ours

Bruno Besche-Commenge n’est pas en reste. L’ADDIP dénonce « deux contraintes des plus ignobles ». Les écologistes et l’ours sont responsables des inondations. L’ours, c’est la goutte qui a fait déborder le gave...

par BBC

Comme vous le savez, la vallée des Gaves, dans les Hautes-Pyrénées, et plus précisément le canton de Luz-Saint-Sauveur (Pays Toy) avec Barèges, est particulièrement touchée par les intempéries. Beaucoup plus que Lourdes. Presque une semaine après ce drame 5 villages sont encore isolés ce soir dont un, Barèges, évacué, ne laissant sur place que 25 habitants pour surveiller le village / station. Entre Lourdes et Gavarnie, il se noue un drame dont personne ne parle.

Ces villages, comme toute la vallée, vivent de deux activités complémentaires représentant plus de 80% des emplois : élevage (avec l’AOP Mouton de Barèges-Gavarnie) et le tourisme dont 3 stations de ski et 2 stations thermales.

Depuis la nuit du 17 au 18 juin et jusqu’à encore ce soir, les éleveurs ont été présents avec leurs tracteurs, élévateurs, remorques, etc pour tenter de sauvegarder des maisons d’habitation, des entreprises mais aussi leurs exploitations dans des conditions difficiles. Plusieurs maisons ont été emportées, des campings habités dévastés, et on déplore deux morts dont un en Pays Toy.

A ce drame s’ajoute deux contraintes des plus ignobles à vivre :

1/ La loi sur l’eau avec la directive habitats qui imposent de ne pas toucher et surtout renforcer les berges (nous voyons le résultat) tout en maintenant les rivières sorties de leur lit en l’état c’est-à-dire parfois au milieu d’une exploitation, à la porte d’une grange ou d’une maison, dans une prairie de fauche, etc. Au total, 40 ha de perdu dans une vallée au pastoralisme actif où, d’ordinaire, il manque déjà d’espace.

2/ La présence de l’ours qui, en l’absence d’humains sur les estives occupés à sauver des biens et des personnes, en profite pour croquer en libre-service les troupeaux qui sont laissé en liberté. Depuis une semaine, pratiquement tous les jours, des prédations se produisent sans que nous ne puissions défendre les troupeaux

Vendredi soir nous avons lancé un ultimatum de 48h au Préfet : vous retirez les ours ou nous les tuons. Il n’y aura pas d’alternative face à la fatigue physique et morale à laquelle nous sommes soumis.

L’ultimatum vient à échéance ce soir. Nous passerons discrètement à l’action dès lundi. L’Etat n’a JAMAIS respecté ses engagements et ses obligations légales. Ces ours ne devraient pas être en France.

En conséquence nous exercerons notre droit légitime et légal qui consiste à protéger nos troupeaux. Voir à cet effet l’article de Louis Dollo sur le journal en ligne Lourdes-infos

Ce samedi soir nous avons adressé une lettre au Préfet des Hautes-Pyrénées (voir ci-dessous) qui exclut toute discussion et négociation. Nous exigeons des résultats immédiats afin de nous consacrer pleinement à notre sinistre très important et à rechercher de la nourriture et parfois un hébergement pour nos bêtes cet hiver.

Bruno Besche-Commenge, chargé de recherche et porte-parole de l’ADDIP,
L’équipe de la coordination pyrénéenne ADDIP


3) Lettre à M. le Préfet des Hautes-Pyrénées

 Samedi 22 juin 2013

Objet : appel des éleveurs du pays Toy pour retirer l’ours qui sévit dans la vallée

M. le Préfet,

Je soutiens totalement les éleveurs du canton de Luz dans l’ultimatum qu’ils vous adressent : 48 heures pour retirer l’ours qui continue à attaquer les troupeaux alors que chacun dans la vallée est confronté à la catastrophe des crues torrentielles qui ont tout saccagé, « passé ce délai s’il n’est pas retiré, tout sera mis en œuvre pour l’abattre … s’ils le retirent ce n’est pas pour aller le mettre chez le voisin. »

Ces fauves n’auraient jamais dû être là. Les introductions d’ours slovènes de 1995-96 n’ont eu lieu qu’à partir des mensonges que Gilbert Simon, du Ministère de l’Environnement, construisait à destination de l’Europe : alors que la Direction régionale de l’Environnement l’informait clairement de la réalité : « Après quatre ans d’effort il existe toujours une opposition, voire une très forte opposition locale, à la présence de l’ours brun et tout ce que cette présence implique », il faisait croire l’inverse en inventant l’ADET « permettant ainsi au projet d’être moins parisien /.../ pendant que le projet « lourd » de réintroduction évoqué par ailleurs continuerait d’être discuté » (courriers officiels, janvier 1991, décembre 1992).

Une fois ces ours relâchés, le rejet social ne pouvait plus être masqué et l’Europe elle-même en a tiré les conséquences : elle avait prévu d’autres lâchers, elle les a annulés « suite à l’opposition des populations locales. » (1). La Directive Habitats indique en effet clairement (articles 2 et 22) que toutes les actions doivent tenir compte des réalités locales et, pour les réintroductions, qu’elles ne peuvent avoir lieu qu’après « consultation du public concerné. »

Le même processus aurait prévalu si l’Europe n’avait été bernée par M. Simon, elle n’aurait pas davantage réintroduit en 95-96 qu’elle ne l’a fait après. Toutes les suites du programme ours découlent de ce mensonge initial. Comment en démocratie peut-on continuer à faire payer ainsi aux victimes de cette tromperie de l’Administration d’Etat (telle était la fonction de M. Simon) les conséquences d’une telle escroquerie ?

Ce sont en fait tous les ours ainsi portés par ces mensonges qui devraient être retirés M. le Préfet, sinon cessons de nous gargariser de démocratie, droit des peuples et autres fariboles. Dans l’immédiat, et pas seulement mais aussi face au drame que vivent les « Toys », c’est sur la base même du respect de la démocratie et des articles 2 et 22 de la Directive Habitats qu’il est indispensable que déjà vous placiez ceux des Hautes-Pyrénées en cage, au zoo, n’importe, mais là où ils ne nuiront à personne. Il serait totalement inadmissible d’ajouter cette angoisse, cette charge indue à des femmes et des hommes déjà si affectés.

Lorsque les urgences actuelles vous en laisseront un peu le temps, je suis à votre disposition pour vous soumettre l’ensemble du dossier comme je viens de le faire au nom de l’ADDIP à la Commission Environnement suite à ma participation à Bruxelles le 25 janvier 2013 à la « STAKEHOLDER CONSULTATION ON EU ACTION ON LARGE CARNIVORES ».

Je vous prie, M. le Préfet, de bien vouloir agréer mes respectueuses salutations,

Bruno Besche-Commenge, chargé de recherche et porte-parole de l’ADDIP,
[email protected]

(1) cf.« LIFE and European Mammals: Improving their conservation status » -  Luxembourg: Publications Office of the European Union, 2011, p. 42 : « a second planned reintroduction was cancelled due to opposition from local people.

Réaction : L’ours, responsable des inondations en montagne

par Philippe SERPAULT, journaliste en Ariège

C’est la dernière facétie qu’auront trouvé les anti-ours s’exprimant au nom de l’ADDIP (Association pour le Développement Durable et l’Identité des Pyrénées), appelant même à la destruction de cette espèce protégée, faut-il le rappeler, par la convention de Berne que la France a signée.

Si la situation n’était pas si grave dans les Hautes-Pyrénées, l’on pourrait s’en amuser, mais voilà, ces tristes sires sont bien décidés à trouver les prétextes les plus farfelus pour se débarrasser de l’ours et, au passage, fustiger tout ce qui ressemble de près ou de loin à la protection d’un biotope.

Alors que Barèges est quasiment évacué et détruit, Cauterets est coupé du monde, l’ADDIP vient de pointer l’ours et la loi sur l’eau comme « d’ignobles contraintes. »

Le volume de neige accumulé durant l’hiver conjugué aux fortes précipitations du mois de mai, auxquels s’ajoute aujourd’hui le radoucissement provoquant la fonte de cette neige, est évidemment, aux yeux embrumés de l’ADDIP, le fait de l’ours et des protections des ressources en eau. « En l’absence d’humains sur les estives, occupés à sauver des biens et des personnes, [l’ours] en profite pour croquer en libre-service les troupeaux qui sont laissés en liberté », s’insurge le communiqué vengeur, mettant en avant l’AOP (Appellation d’Origine Protégée) Barèges-Gavarnie comme une des activités principales du Pays Toy.

Il faut rappeler que cette appellation proscrit la présence humaine auprès du troupeau au motif que cela créerait un stress aux bêtes, lesquelles doivent être précisément laissées en liberté, les intempéries n’auront donc rien changé de ce côté-là.

Afin de rester dans l’air du temps après les mouvements d’humeur du printemps, l’ADDIP a lancé, le 21 juin, un ultimatum au préfet des Hautes-Pyrénées afin que l’ours soit retiré dans les 48 heures, « passé ce délai, tout sera mis en œuvre pour l’abattre », est-il précisé à la manière des fous de Dieu. Donc, au moment où les pouvoirs publics se mobilisent pour sauver ce qui peut encore l’être en Pays Toy du fait de l’état déclaré de catastrophe naturelle, les anti-ours vont tranquillement partir à la chasse à l’ours, laissant le Pays Toy à ses destructions. À chacun ses urgences…

Philippe SERPAULT

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