La mortalité du sanglier en Europe

Depuis quelques années, les populations de sangliers (Sus scrofa) ont fortement augmenté partout en Europe. Les prélèvements réalisés semblent insuffisants pour réguler cette augmentation. Les densités de population et le taux de reproduction de l’espèce semblent être sous-estimés. Une équipe de chercheurs européens venant d’Allemagne, de France, d’Autriche, de Suisse, d’Italie, de Pologne, de Suède et de Belgique a estimé le taux de mortalité au sein de plusieurs populations durant une dizaine d’années.

Les résultats montrent que le taux de mortalité annuel est bas, y compris pour les marcassins : la quasi totalité des individus survivent au moins jusqu’à la période de reproduction suivante. Le taux de mortalité varie toutefois quelque peu entre régions, sexes et classes d’âge. Chez les jeunes, les chasseurs ne semblent pas avoir de préférence de tir pour l’un ou l’autre sexe. La chasse est la principale cause de mortalité et très peu d’animaux meurent de cause naturelle. Qui plus est, l’étude confirme les résultats mis en avant par d’autres chercheurs qui montrent que la prédation, la mortalité naturelle et la mortalité due aux collisions n’ont qu’un très faible impact sur les populations, alors que la nutrition ou la chasse sont des facteurs décisifs. Sur l’ensemble des sites étudiés, le taux de mortalité, et par conséquent le taux de prélèvement, est inférieur au taux net de reproduction.

Pour réguler l’accroissement des populations les prélèvements doivent avant tout se focaliser sur les animaux reproducteurs. En conclusion, les chercheurs préconisent des tirs plus conséquents chez les jeunes (80 % des individus) et le prélèvement de femelles adultes. [S.P.]

Keuling O., Baubet E., Duscher A., Ebert C., Fischer C., Monaco A., Podgorski T., Prévot C., Ronnenberg K., Sodeikat G., Stier N., Thurfjell H. [2013]. Mortality rates of wild boar Sus scrofa L. in central Europe. European Journal of Wildlife Research : published online 04/06/2013 (10 p., 2 fig., 3 tab., 72 réf.).

Source : Forêt wallonne
Commentaires