Fête du monton a Luz: mouton ça va être ta fête!

« Il y a certaines choses qui ne se disent pas »

Le 6 août, l’office du tourisme de Luz organisait la fête du mouton. Les touristes pouvaient profiter de nombreuses animations dans les rues de Luz et en montagne : un marché traditionnel autour des produits régionaux (de la bidoche grillée), un concert, une démonstration de chiens de troupeaux et une autre de tonte d'ovins.

Mais on n’est jamais à l’abri d’un évènement imprévu, du petit grain de sable qui vient enrayer la machine. La démonstration de tonte des moutons n’a pas eu lieu. Pourtant, tout avait été prévu : l’éleveur était monté rechercher la veille ses moutons qui « entretenaient le paysage » sur l'estive d'Ossoue. Il en avait descendu quelques-unes à sa ferme à Luz et avait mis son chien de protection dans le lot, on ne sait jamais, Cannellito rôdant dans le coin parait-il, avant de repartir.

En arrivant à la bergerie, mauvaise surprise pour l’éleveur de brebis barègeoises (On est dans l’AOP Barèges-Gavarnie): le dit chien avait eu envie de changer de menu : fini les croquettes Grognokiki ou les marmottes, pétage de plombs et souc dans la bergerie.  Résultat: 4 brebis blessées et deux tuées semble-t-il. Je dis semble-t-il, parce que la communication sur les dégâts de chiens en pays Toy est pour ainsi dire nulle. Qu'il n'y ai rien là dessus dans la DH, journal belge à sensation, on comprendrais, mais qu'aucun des "journalistes" pastoraux de la Dépêche du Midi ne se déplace? Même Jean Guyot qui devait sans doute nettoyer ses lunettes...

Si bon le mouton que même les chiens en bouffent
Si bon le mouton que même les chiens en bouffent

L’éleveur n’a rien dit (on comprendra pourquoi), le directeur de l’Office du tourisme n’est "pas disponible", les gazettes sous-locales, pourtant friandes de brebis sanglantes quand il s’agit de l’ours, n’ont cette fois pas écrit la moindre ligne. Même Louis Dollo n’a rien dit, ni dans Néouvieille-les-Oies-Infos, ni sur les réseaux ruraux sociaux..

Les brebis ne sont pas plus en sécurité dans la bergerie avec un patou qu’en estives, avec ou sans ours. Sauf qu’avec les dégâts d’ours, les éleveurs sont indemnisés. Avec les chiens, nada, des clous, des noix, pas un kopeck, pas une croquette…

Evidement, cela aurait fait mauvais genre d’annoncer à la foule en délire, massée pour la démonstration de tonte qu’un clébard d’éleveur s’est servi dans le troupeau familial pour assouvir ses plus vils instincts, que l’ours Cannellito à la une de tous les canards n’y est pour rien!

Communiquer sur cet incident causé par un membre de la famille aurait donné trop d’eau au moulin des « escrolos ». Alors tout le monde a gardé le silence dans toutes les langues, « la toy-omerta » prétendent certains. (Les éleveurs toys ont aussi oublié que l'on gardait les troupeaux, mais ça c'était avant...)

Mais la rumeur a filtré sur les réseaux sociaux : “un loup-garou aurait mangé les moutons prévus pour la tonte”!

Sur Face de bouc, une compagne d'un producteur de viande d'AOC corrige: “l’éleveur a eu un problème avec ses bêtes. C’est pour cette raison qu’il n’a pas pu les amener”, suivi de trois petits points mystérieux. Quelques internautes circonspets ont bien essayé de connaître “la nature du problème” qui a privé les touristes, revenus malgré les inondations, de leur striptease laineux. Mais comme la nature était canine, l’accouchement a été très, mais alors très difficile, on se serait cru en Corse… (La Buvette a retiré les noms des intervanants de ce dialogue)

- « J'aimerais bien savoir quel a été ce problème, privant les touristes du clou de la manifestation : la tonte des moutons ? »
- « si l'éleveur n'a pas pu amener ses bêtes c'est que la raison était valable d'autant plus qu'il avait été les chercher spécialement la veille à Oussoue. »
- « Bien sûr qu'elle était valable, d'autant plus qu’il était allé cherché ses bêtes en montagne. Mais justement qu'elle est cette raison. That is the question ! »
- « Il y a des tas de gens qui se battent pour promouvoir notre contrée ; leur ardeur a redoublé depuis les inondations pour rassurer les visiteurs et les encourager à venir ! Ils ne sont malgré tout pas légion. Aussi quand on les prive d'une expérience comme celle de la tonte, il apparait honnête qu'on leur fournisse une explication plutôt que quelques balbutiements, non? »
- « L’éleveur était présent hier soir et il faisait déguster de la viande d’AOP Baréges-Gavarnie, il fallait lui demander... »
- « Je suppose qu'il portait un tee-shirt spécifique marqué "Je suis l'éleveur...." ! Ce n'est pas une réponse que vous donnez là et vous semblez mépriser la question, ou craindre la réponse?
- « Il portait une chemise noire AOC Barèges-Gavarnie.... et ils n'étaient que trois à la porter dont une femme. Je ne crains pas la réponse mais ...ce n'est pas à moi de la donner. La "Fête du Mouton" était organisée par l'Office du Tourisme, quelle réponse vous ont-ils donné? (…) »

Et cela continue pendant plusieurs pages avant que quelqu’une ne lache le morceau, coupable faiblesse…

- « C'est si bon le mouton de Barèges AOC, que le chien du berger n'en a fait qu’une bouchée. Lors de la fête de Luz, les touristes ont été privés de démonstration de tonte. Les moutons descendus des estives devaient être le clou du spectacle. Hélas enfermés avec leur chien de garde dans la grange luzéenne, ce dernier n'a pu se retenir, ce fut le carnage. Cette perte préjudiciable pour notre ami berger, nous rappelle que les chiens, pudiquement appelés errants, sont la cause principale des massacres de moutons. »
- « Enfin quelqu'un ose le dire . » (NDLB :Visiblement, sur place, tout le monde est au courant)
- « Il y a certaines choses qui ne se disent pas sur Facebook et celle-ci en faisait partie à mon goût..... voilà pourquoi je n'ai rien dit »
- « Why? »
- « Les vérités ne seraient-elles pas bonnes à dire....? »
- « L'organisateur de la fête aurait du faire cette communication à l'attention des visiteurs qui ont attendu le "clou" de la soirée ! Là, je rejoins le point de vue de Marion. Me posant toujours cependant la question de tant de frilosité de la part de cet organisateur... »
- « Je suis d'accord c'est l'Office du tourisme qui aurait dû communiquer sur l'absence des moutons, mais... Madame, d'où tenez vous cette info? » (...)
- « Effectivement info vérifiée auprès du président de l'OT de Luz, Bernard Laporte. Etonnant qu'aucun média n'ait repris l'info. Il est un fait que les chiens massacrent plus de moutons que l'ours qui sert en permanence de bouc émissaire. Très souvent ces actes ne sont pas dénoncés officiellement, car le chien fait partie du voisinage et les dégâts se concluent par une transaction à l'amiable. »

Il y en a même qui voulaient connaître le nom de l’éleveur et de son chien, ça part toujours en couille sur FB. Un nom, quelle importance? Normalement aucune, sauf que l’éleveur en question s’appelle BROUEILH! Un nom bien connu dans le coin et souvent à la une de la presse vautrée pour les colères des pastorâleurs... Vous pensez bien que la presse aux ordres des associations et des « politichiens » locaux s'est bien gardée d'évoquer ce drame canin zé pastoral. Celui qui a parlé doit se méfier.

- « Que les gens cherchent des réponses est tout à fait normal, mais je continue à croire que certaines choses ne se disent pas sur facebook. La personne qui a publié l'info n'a d'ailleurs plus fait aucun commentaire. (NDLB : Peut-être s’est elle déjà suicidée, noyée dans un gave de culpabilité et de remords). (…)
- « Pour ce qui est de mon amie « bip », elle n'en dit pas plus parce que le fait se suffisait à lui-même. Mais puisque certains (ici et ailleurs) demandent des détails,(…), les voici : fête du samedi 3 août (de mémoire), attaques mortelles du chien de Sylvain Broueilh (L’homme médiatique de la vallée aux célèbres moustaches) (NDLB : La vallée au célèbre moustache?) dans sa grange située à Luz, sur la route de Gavarnie, à droite à côté de la piscine. Le chien a égorgé deux brebis et ensanglanté quatre autres. Six à sept brebis devaient servir à la présentation de la tonte de la fête. J''ignore si elles sont encore chez le véto et le nom du chien. Mais si ceci est indispensable, je peux l'avoir. »
- « Sylvain n'a pas de moustaches... »
- «  Vous avez raison, j'ai confondu avec le chien. »

Durant l’échange, Jean-Paul Dollo, le frère de l’autre, proposait de questionner son frère « qui connaît tous les éleveurs locaux ». La Buvette est donc aller se renseigner sur le site Pyrénées-pyréniais.

« GAEC Mindyolle : Sylvain, Benjamin et Marie-Lise vous proposent en vente directe des produits issus de leur exploitation de montagne située sur le canton de Luz Saint-Sauveur dans les Hautes - Pyrénées au coeur du Pays Toy. Leurs troupeaux de vaches et de moutons vivent en liberté durant quatre mois en montagne selon la tradition locale en ne se nourissant que d'herbe naturelle au pied du Vignemale au-dessus de Gavarnie dans le Parc National des Pyrénées.

Leurs animaux sont élevés dans le respect de la tradition montagnarde des vallées du Barège que nous appelons aujourd'hui le Pays Toy. Durant l'été, les animaux, en liberté, vivent sur les «estives», pâturages d'altitude et mangent les plantes des plus nutritives aux plus aromatiques qui confèrent la saveur des viandes que nous vous proposons : boeuf, veau, agneau, et l' AOP Barèges-Gavarnie. »

« Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence » (*)

Sylvain BroueilhMerde alors, c’était le chien de Sylvain Broueilh, le fils de Marie-Lise Broueilh, la présidente (ou est-ce lui le président?) de l’AOP Barèges-Gavarnie, la jument de Troie pastorale qui s’est fait jeter du Parc National, la présidente de l‘ASPP 65 !

Le chien, habitué à voir les moutons divaguer ne supportait-il plus de voir les brebis confinées entre les quatres murs d'une bergerie? Voulait-il leur épargner la souffrance du sadique gardiennage nocturne? Pour en arriver à prendre de la laine (c'est volumineux un mouton avant la tonte) pour de la viande, le clébard anarchiste ne serait-il pas aussi syndiqué que ses maîtres? A moins qu'il ne soit devenu fanatique "durable" de mouton? Quoi que, d'un autre côté c'est cohérent: il y en a bien qui prennent des assistés ruraux pour des "acteurs ruraux". 

On comprend pourquoi la Dépêche du Midi n’a pas écrit :

« (…) Alors que les agriculteurs essayent, tant bien que mal, de sauver leur exploitation après les importants dégâts liés aux inondations, il semblerait que des chiens profitent de leur absence sur les estives pour « croquer en libre-service les troupeaux ».  Un chien se serait ainsi emparé de plusieurs bêtes au cours des derniers jours. »

Remplacez "chien(s)" par "ours" et vous aurez mot pour mot un extrait du discours de Marie-Lise Broueilh dans la Dépèche du Midi du 24/06/2013 "Après les inondations, l’ours s’en prend aux élevages de mouton dans les Hautes-Pyrénées".

C’est dans ce même article que Bruno Besche-Commenge, porte-parole de "l'ADDIP ecology" (Association pour le Développement Durable de l'Identité pyrénéenne) qui regroupe les opposants à la réintroduction d'ours dans les Pyrénées avait, a quant à lui, lancé un ultimatum au préfet : « Vous retirez les ours dans les 48 heures ou nous les tuerons » en passant « discrètement à l’action ».

Va t-il lancer des boulettes de strichnine au chien de sa copine du GAEC Mindyolle? Entre présidents d'associations, cela ne se fait pas!

A propos de GAEC Mindyolle en question, puisque c'est d'actualité et que les aides aux groupements sont désormais publiques: le GAEC Mindyolle de Sylvain et Marie-Lise Broueilh à Luz-Saint-Sauveur a touché :

  • 108.718,13 € d’aides du 16 octobre 2011 au 15 octobre 2012 et
  • 116.952,56 € l’année précédente,

soit 225.670,69€ en deux ans, 9.403 € par mois en moyenne, 8,4 fois le smic quand même, une paille. De quoi rendre "durable" le pastoralisme chroniquement déficitaire et "l'identité pyrénéenne".

Plus d'ours, plus d'aides. Faudra que le loup arrive vite pour continuer à traire la vache...

(*) Ludwig Josef Johann Wittgenstein (philosophe autrichien, 1889-1951). Autri"chien", si cela n'est pas une coïncidence!

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