Boycott: Mettre le doigt là où ça fait mal

" Chacun s'expose inévitablement et sciemment à un examen attentif de ses actes "

Le boycott est le refus systématique de consommer les produits ou services d'une entreprise, d’une filière ou d'une nation. 

Rétrospectives des actualités loups en France 2013

Le boycott est un phénomène que les entreprises doivent prendre en compte pour ne pas être pénalisées par une baisse de demande.

Le boycott est d'autant plus efficace que l'entreprise a de grands frais fixes, et qu'une baisse de juste 5 % de la demande pourrait par exemple faire baisser son bénéfice de plus de moitié. L'appel au boycott peut donc avoir un énorme impact. Il peut être la goutte d’eau qui va définitivement déstabiliser un marché s’il est déjà en difficulté...

La légalité du boycott en France est ambigüe, en effet il peut constituer une discrimination envers une personne morale s'il réunit les conditions définies aux articles 225-1 et 225-27 du code pénal, c'est-à-dire si le boycott est effectué

« en fonction de l'origine, du sexe, de la situation de famille, de l'apparence physique, du patronyme, de l'état de santé, du handicap, des caractéristiques génétiques, des mœurs, de l'orientation ou identité sexuelle, de l'âge, des opinions politiques, des activités syndicales, de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée des membres ou de certains membres de ces personnes morales ».

Néanmoins, il reste légal tant qu'il s'agit, individuellement ou sous l'appel d'une organisation légalement constituée, de ne pas consommer les produits provenant d'une certaine marque affiliée à un groupe industriel.

Les fabricants, les producteurs, les entreprises, mais aussi les éleveurs "s'exposent inévitablement et sciemment à un examen attentif de leurs actes".

Devenir acteur de la consommation (consomm’acteur) conduit à se poser la question de savoir ce que l'on cautionne à travers son acte d'achat. Le boycott en est l'une des conséquences.

La décision de consommer est un choix individuel. Chacun a la possibilité, la liberté, le droit (et je rajouterais, le devoir) de choisir à qui il va donner son argent. Bien qu'il soit insignifiant à l'échelle individuelle, le pouvoir d'acheter ou non tel ou tel produit est considérable lorsqu'il est démultiplié par des milliers ou des dizaines de milliers de consommateurs déterminés.

Les motivations du boycott peuvent être multiples :
•    écologique (contre un produit, une entreprise polluante),
•    éthique (contre une entreprise qui réalise sa production dans des pays où l'on fait travailler des enfants, où l'on exploite les ouvriers),
•    morale (contre un pays qui déclenche une guerre)...

Cependant le boycott est une arme difficile à manier. Le choix de la cible est déterminant. En outre, l'action de boycott ne doit gêner que la cible et nuire le moins possible aux autres acteurs de l'économie.

Le boycott souligne aussi paradoxalement les limites d'une politique de communication trop élaborée et trop « bourrage de crâne » des entreprises, obnubilées à l'excès par des notions telles que «la marque doit faire partie du consommateur, une relation de connivence doit être établie en permanence, etc. ».

La marque fait dorénavant partie de la vie du consommateur. Elle en subit donc les avantages… et les inconvénients…

Il suffirait que les gens arrêtent d’en acheter pour que ça ne se vende pas” (Coluche).

"Mettre le doigt là où ça fait mal"

Est-il utile d’en dire plus ?

BoycottSi oui : Je me moque bien "de l'origine, du sexe, de la situation de famille, de l'apparence physique, du patronyme, de l'état de santé, du handicap, des caractéristiques génétiques, des mœurs, de l'orientation ou identité sexuelle, de l'âge, des opinions politiques, des activités syndicales, de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée des membres ou de certains membres" des associations qui veulent éradiquer les prédateurs, des chambres d'agriculture, des différents syndicats agricoles et des politiciens qui soutiennent ces éleveurs,  des régions ou départements qui les financent. 

Suis-je clair ?

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