Qu'un sang impur abreuve nos sillons

"Un prédateur est un organisme vivant qui met à mort des proies pour s'en nourrir ou pour alimenter sa progéniture. La prédation est très courante dans la nature où les prédateurs jouent un rôle essentiel dans le maintien des équilibres écologiques. En général les prédateurs s'en prennent aux animaux faibles ou malades." et "Un berger est une personne chargée de guider et de prendre soin des troupeaux de moutons." (Définitions Wikipédia)

Une cause, des effets très variés

Une cause, la présence des grands prédateurs aurait des effets dévastateurs très variés. Voyons quels sont les effets prévus par les opposants à la présence de l'ours et du loup en France. Cela va du retour des bandits de grands chemins, de l'arrivée des loups dans Paris, de la mort d'hommes pour cause d'encéphalite à tiques, à la pendémie de grippe aviaire, à la multiplication des avalanches en passant par la radioactivité des ours, la bave empoisonnée des loups, les incendies de forêt, et la fermeture des écoles..., bref un peu de tout.

Il y en a un peu plus encore, je vous les mets quand même, ma bonne dame?

Le syllogisme pastoral est simple :

  1. Les prédateurs sont responsables de la fin du pastoralisme,
  2. Or le pastoralisme entretient la biodiversité en montagne,
  3. Donc les grands prédateurs sont nuisibles à la conservation de la biodiversité.

Quelques exemples du genre?

Jean Lassalle nous a enseigné que la conséquence d’un rédécoupage qui mettra fin à une surreprésentation massive du monde rural, sera “Nous allons ramener les bandits de grand chemin sur nos territoires ruraux”.

Nous savons maintenant que “la fin du cumul entre un mandat parlementaire et une fonction éxécutive locale va entrainer le retour des loups à Paris.” Du moins si on en croit Nicolas Dhuicq, député UP de l’Aube.

Louis Dollo nous a appris que “l'importation d'ours de Slovénie a permis d'importer en même temps l'encéphalite à tiques qui est mortelle pour l'homme. Ca tu ne le savais peut-être pas parceque les autorités françaises se sont bien gardées de le dire. (...) A priori, selon l'intitut Pasteur, il n'existe pas de vaccin efficace. le résultat, c'est la mort. C'est ce qui se passe en Slovénie." 

Augustin Bonrepaux s'était figuré mettre des batons dans les roues du renforcement de la population d'ours dans les Pyrénées en mettant en garde le premier ministre en évoquant le risque de transfert du virus Influenza H5N1 hautement pathogène, souche asiatique, lors du déplacement de cinq ours bruns depuis la Slovénie jusque dans les Pyrénées françaises. L’ours ne serait-il pas porteur de la grippe aviaire ? L’ours serait-il un volatile?  

«Nous sommes dans une impasse, la cohabitation (avec les prédateurs) est impossible et les effets collatéraux de leur présence seront dévastateurs dans les vingt ans à venir», a affirmé Jean-Marc Guigue, président de la FDSEA de Savoie. « Le manque d'entretien des alpages en raison de la présence de loups faisant reculer l'agropastoralisme peut par exemple conduire à une multiplication des avalanches », a expliqué Patrice Jacquin sur Pleinchamp.com

« La montagne doit être gérée par ceux qui en vivent et y vivent et non par les citadins des grandes villes notament les Parisiens qu'ils soient chanteur ou ministre. Les bergers veulent protéger leurs moutons (fruit de leur travail et leur gagne pain) ce qui est tout à fait normal. Pourquoi ne pas écouter leurs revendications ? Au lieu de les provoquer en introduisant des ours radioactifs sur leur territoire. De plus de par la multiplication des ours il y aura de plus en plus de moutons tués. Si les bergers lassés pointent au chômage il n'y aura plus de moutons et les ours se tourneront vers les humains et commenceront par les plus faibles, enfants, femmes, personnes âgées qu'ils dévorreront. Donc Messieurs les berbers ne vous laissez pas faire faites parler la poudre, creusez des piéges à ours avec pieus, empoisonnez les. »  (Jean-Claude Lagarde)

À propos d’une nouvelle attaque, un éleveur de la Fédération des "acteurs ruraux" : "C'est effectivement du harcèlement.  De plus, la plupart des bêtes blessées, et ce quelle que soit la gravité de leurs blessures, meurent dans les deux mois qui suivent. C'est une énigme pour les vétérinaires, à croire que la bave des loups est un véritable poison." (yéti05)

Voilà pour les plus anciennes que j'ai retrouvé, il doit y en avoir bien d'autres. Dernièrement, un éleveur du Haut-Diois écrit sur le même site pastoral anti nature de la FAR :

Les solutions de défenses ont été prises, plus de poney , plus de brebis sur l'estive qui va s'ensauvager et pouvoir brûler sans qu'on puisse y accéder car le chemin qui y conduit ne sera plus entretenu et peut être plus d'éleveur, plus d'enfant d'éleveur a l'école du village qui pourra fermer, merci les défenseurs de la nature par procuration. Dans nos village nous la protégeons et la défendons depuis des millénaires cette nature que nous partageons avec vous!” puis sur le sien : “Ce métier fait partie des activités vitales pour l’indépendance d’un pays et l'entretien des paysages ouverts que nous partageons avec vous !

Essaie-t-il de "nous" faire peur ?

“Les solutions de défenses ont été prises, plus de poney , plus de brebis sur l'estive qui va s'ensauvager”
Plus de brebis sur l’estive? A la bonne heure! L’estive va s’ensauvager? Un gros mot pour lui, du petit lait pour moi. J’assume ma part de sauvage, je suis en partie un sauvage! Je préfère une forêt conquérante qu’un gazon brûlé par les crottes de brebis et l’azote de leur urine. Le respect du sauvage, c’est le respect de la Nature, le partage, la conscience de notre responsabilité et des dommages que nous causons par nos activités à visée purement économique.

Le sauvage disparaît, la biodiversité s’écroule, malmenés, par la chasse "à la française", par sa ruralité d’extréme droite, type CPNT, par son "agriculture traditionnelle" ou le pulvérisateur est la machine la plus utilisée, par ses éleveurs qui utilisent les antibiotiques “par précaution”, qui hurlent parce que les prédateurs doivent disparaître allant même jusqu’à nier le rôle de la prédation (pour les autres, car pour eux qui dézinguent tout ce qui les empêche leurs animaux de ruminer en rond, par les préfêts qui participent à la “gestion des nuisibles” à coup de décret , ce qui conduit à éliminer artificiellement (pièges, poisons) ensemble prédateurs et proies, renards et campagnols…

"l'estive va pouvoir brûler sans qu'on puisse y accéder car le chemin qui y conduit ne sera plus entretenu"
Chaque année, une part importante des feux de forêt a pour origine un feu paysan qui a mal tourné, un écobuage qui dérape. “Il faut faire la montagne propre”, détruire “les ronces et les ligneux, les génévriers et les bouleaux”, d’autres mots qui pour eux tombent dans le sac dangereux du “sauvage”. Il faut différencier mauvaises herbes, de plantes cultivées, nuisibles de bétail ou gibier, l’ensauvagement ou la biodiversité à visage humain... Le monde est noir ou blanc, sans nuance. Entre les deux, le vide?

Selon la Direction de la Sécurité Civile: "Environ 2.000 hectares ont été brûlés par des incendies de forêts en France depuis le 1er janvier 2013 soit une surface historiquement basse depuis que l'on tient des statistiques (donc depuis le milieu des années 70).  Environ 1.100 hectares ont brûlé en zone Méditerranée pour une moyenne de 12.500 sur la même période (janvier - début septembre) au cours des 10 dernières années. Dans le Sud-Ouest, le bilan fait état d'environ 900 hectares partis en fumée au lieu de 3.000 en moyenne. Nous sommes donc loin des pires années (88.300 ha en 1976 (NDLB: 17 ans avant le retour du loup en France) et 73.300 ha en 2003)". Et cela alors que selon les mêmes, la population de loups explose! Plus de loups, moins d'incendie, le syllogisme est boiteux.

Plus d’accès par le chemin ? Ce n’est pas grave, il y aura moins de détritus, moins de touristes, moins que pick-ups, de 4X4 et de quads, plus de fleurs et d’insectes. On prendra les sentes des animaux, on marchera dans les pas du chevreuil ou du sanglier, du blaireau ou de la biche, en silence, à admirer, sans avoir à passer de fils en travers, sans s’enfoncer dans la boue autour des abreuvoirs, sans voir des ruisseaux pollués, sans bêtes crevées abandonnées.

Plus d’entretien ? La bonne affaire !

"Il est vrai que l'abandon des terres est doté' d'une charge émotionnelle fortement négative, associée au malheur des hommes, à la fin d'un savoir paysan ancestral. 
Lorsque la nature reprend le dessus, on la juge désordonnée, foisonnante, non valorisée. Encore aujourd'hui, elle n'apporte aucune image de marque aux paysages des sociétés occidentales dont l'idéal est le profit, l'innovation, et le dynamisme actif. En raison du poids des idées reçues, cette nature spontanée, qui pourrait être assimilée à un espace
"féral" (NDLB: se dit d'un animal domestique qui est retourné à l'état sauvage), n'a pas non plus la reconnaissance des scientifiques soucieux de biologie de la conservation, ni des gestionnaires d'espaces protégés." 
(La France des friches : De la ruralité à la féralité)

"Pour moi, il n’y a pas de mauvaises herbes. Il n’y a que des plantes qui expriment la vitalité de la nature malgré l’homme et son désir de favoriser telle ou telle espèce à tel endroit aux dépens des autres. Dans ce choc frontal, les armes que le jardinier utilise sont de plus en plus lourdes et de plus en plus destructrices : tondeuses,  débroussailleuses, tronçonneuses, herbicides, lance-flamme, ce qui n’empêche pas certaines de ces herbes folles, les plus résistantes, de revenir sans cesse à  l’assaut. Je préfère, dans la droite ligne de la philosophie du judo, utiliser cette force vitale de la nature plutôt que m’y opposer : consommer les herbes folles comestibles, faire des tisanes pour me soigner avec les espèces médicinales, mieux comprendre mon sol en sachant quelles plantes poussent dans mon jardin, faire des purins pour soigner mes cultures, mais aussi apprécier le spectacle de ces  fleurs souvent très jolies et des nombreux insectes et autres animaux qu’elles attirent au jardin." 
(Vincent Albouy : Plaidoyer pour les herbes folles - Laissez faire la nature – Le plaisir de la friche)

Laissez faire la nature !

"...et peut être plus d'éleveur..."
L’éleveur sera retraité, parti ou en faillite? Mais c’est ce qui se passe depuis des années avec ou sans prédateurs, en montagne comme en plaine!

"En 1955, la France comptait 2,3 millions d'exploitations agricoles. En 2003, elles ne sont plus que 590.000, dont 62,2 % sont considérées comme professionnelles. Deux millions de personnes vivaient sur ces exploitations en 2000, soit quatre fois moins qu'en 1955. La population active agricole, familiale et salariée, atteignait 6,2 millions de personnes en 1955, soit 31 % de l'emploi total en France. En 2000, cette part est tombée à 4,8 % avec 1,3 million de personnes.

Depuis cinquante ans, la part de l'agriculture dans l'économie nationale a fortement diminué. La dégradation des prix agricoles réels a provoqué une baisse du revenu global. Le revenu agricole ainsi que sa composition ont connu des fluctuations très liées aux évolutions de la politique agricole commune. Si le revenu moyen par actif a progressé en termes réels depuis cinquante ans, c'est essentiellement du fait de la fortebaisse du nombre d'actifs employés dans l'agriculture." (L'agriculture française depuis cinquante ans : des petites exploitations familiales aux droits à paiement unique, Maurice Desriers)

"...et plus d'enfant d'éleveur a l'école du village qui pourra fermer, merci les défenseurs de la nature par procuration."

«Nos enfants [et les brebis], c’est pareil» affirmait un berger à Marine Jobert, journaliste au journal de l'environnement dans "Le loup, entre problème de santé publique et casus belli politique." Qu'advient-ils des agneaux qui naissent chaque année et qui ne rentrent pas dans l'élevage, quelle est leur destination finale? L'abattoir. Les enfants et les agneaux, ce n'est pas pareil, du moins je l'espère.

"Les statistiques de l'éducation nationale le disent : 40 % de l'ensemble des écoles publiques françaises comptent trois classes ou moins. L'image d'Épinal du modeste établissement de village où les enfants de tous âges se mélangent dans une ou deux salles de cours n'est donc pas totalement jaunie. Mais elle pourrait bien se racornir peu à peu. Depuis une dizaine d'années, la tendance est à la suppression des toutes petites structures, regroupées avec d'autres suivant le principe « moins d'écoles, plus de classes ». (La Croix, les écoles craignent pour leur survie)

Evolution-du-nombre-d-ecoles

(NDLB: -60% d'écoles à classe unique avant le retour du loup!)

"Aujourd’hui, 30% des communes françaises n’ont pas d’écoles, et ce pourcentage monte à plus de 50% dans les douze départements les plus ruraux. Il varie considérablement d’un sous-espace à l’autre : les pôles ruraux sont équipés à 96 % (taux comparable à celui des zones urbaines). Le rural isolé, qui regroupe 36% des élèves ruraux, se distingue par son faible taux d’équipement, et surtout par une décroissance continue du nombre d’élèves, à un rythme deux fois supérieur à la moyenne nationale. Globalement, le poids de l’école rurale dans le système éducatif français décroît, mais reste encore important aujourd’hui : l’espace à dominante rurale2 accueillait encore 21% des élèves à la rentrée 2002 (enseignement public seul), pour 31% des écoles. Les effectifs baissent, le nombre de classes diminue aussi, et le nombre d’écoles encore davantage, du fait de la disparition des écoles à classe unique en dix ans. (…) A l’évidence, la baisse très rapide de leur nombre affecte principalement les zones rurales, et tout particulièrement le rural isolé, où elles représentaient encore, en 2001, 50% des écoles - ce qui explique la baisse du nombre de communes possédant une école évoqué ci-dessus." (Enseigner dans le rural, un métier à part)

Combien le loup a t-il mangé d’école alors qu’il n’était pas encore revenu? Combien l’ours a t-il lacéré d’école « et comme souvent ni griffure ni morsure permettant d'incriminer l'ours avec certitude » alors qu’il était entrain de disparaître à la vitesse vé-vé prime?

Dans un communiqué de l'ADDIP de février 2010 («Ours ; stop aux mensonges »), on peut lire:

"Sans ces femmes, ces hommes, ces troupeaux, le pays serait un désert envahi de broussailles : enfrichement, ensauvagement, fermeture du milieu, ce paysage accueillant et ouvert aux activités de loisir deviendrait une porte close." (...) "Le choix est pourtant simple : Ensauvagement du massif et populations d'ours réellement viables OU Beauté des paysages humanisés, production alimentaire durable et de qualité, cadre somptueux pour vos loisirs. L'élevage extensif est la clé qui ouvre toutes ces portes, un patrimoine à conserver et continuer... Ce second choix est notre vie et notre engagement, une promesse d'avenir dans le droit fil de toute l'histoire des Pyrénées."

Un institut agricole des Pyrénées a écrit sur sa carte de voeux 2002 le texte suivant :

"La beauté des montagnes est autant le résultat de la tectonique, de la faune et de la flore, que du travail séculaire des hommes. Une montagne sans paysans n'est plus qu'une friche hirsute, un jardin à l'adandon, un squelette décharné, sans âme, sans passé ni avenir".

Jean-Claude Génot répond à la question : "Mais est-ce que le rapport homme-nature est plus harmonieux en montagne qu'ailleurs ?"

"Oui, oui vous avez bien lu, il ne s'agit pas d'un vieux texte des années pétainistes où l'attachement à la terre et la valeur du paysan étaient glorifiés dans une envolée lyrique d'un autre temps. Il est bien question dans ce texte des valeurs véhiculées par une partie du monde agricole du XXIème siècle. Idéologie ancestrale qui n'a pas vieilli d'un pouce et prêterait à sourire si elle ne symbolisait pas, encore et toujours, la haine de la nature sauvage. Certes je conçois très bien que le travail des hommes en montagne puisse générer des paysages originaux dont certains ont une valeur esthétique évidente comme les terrasses ou encore les prébois. Mais l'esthétique est subjective et un complexe pétrochimique de nuit avec tous ses éclairages peut être également très photogénique. La déclaration de guerre contre la nature sauvage, dans la seconde partie, utilise des mots forts chargés d'une symbolique particulière. La friche a déjà une connotation négative pour beaucoup de ruraux mais la qualifier d'hirsute rajoute à l'infamie. Si encore ces herbes folles poussaient de façon harmonieuse, mais non, elles se développent de manière hérissée, touffue et surtout, pire que tout, inculte. L'image du jardin à l'abandon est également très péjorative et peut cacher un sens religieux, l'eden perdu que l'homme ne sait plus entretenir."

L'ourse Franska, morte sur la route qui longe le gave de PauIl ne manquerait plus que les prédateurs viennent jusque dans vos bras, égorger vos fils et vos compagnes...
ça va venir!

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons...

Quoi ces cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers! Quoi! ces phalanges mercenaires terrasseraient nos fils guerriers! Grand Dieu! par des mains enchaînées, nos fronts sous le joug se ploieraient, de vils despotes deviendraient les maîtres des destinées ?

" Dans 8 jours, il faut que la montagne soit libre!"

Menaces toujours, en juillet dernier, un responsable de l’élevage du canton de Luz (Hautes-Pyrénées) avait intimé l’ordre comminatoire au préfet de retirer un plantigrade de leur secteur dans les 48 heures. «Passé ce délai, tout sera mis en œuvre pour l’abattre», menaçait-il.

Les Pyrénées fonctionnent comme cela, c'est à celui qui gueule le plus fort. Alors comme le gouvernement cherche surtout à éviter ennuis et remous, il est urgent de ne rien faire, quitte à ce que les lois ne soient plus respectées. Certain appelent cela le Komingistan.

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