Du lindane dans le pelage de l'ours Papillon

L'ours papillon : " Ni les plombs trouvés dans son cou, ni les traces de lindane toxique retrouvées dans son pelage, n'avaient réussi à lui faire la peau".

Du Lindane dans le pelage de l'ours Papillon ? c'est une information que je ne connaissais pas ! 

"Ils ont trouvé ta dépouille, le 25 juillet dernier, au cœur de l’été, en haute vallée de Luz-Saint-Sauveur. L’autopsie vient de confirmer que tu es mort de vieillesse, une de tes prémolaires dénonçant vingt-huit ou vingt- neuf ans d’âge. Cataracte à l’œil gauche, toutes tes dents très usées, insuffisance rénale chronique, queue cassée, arthrose aux vertèbres et, surtout, une hémorragie dans la vessie... : tu ne pesais plus que quatre-vingt-quatorze kilos, soit quelque vingt-cinq de moins qu’en avril. Pas d’empoisonnement, ni blessure, même si des plombs étaient enkystés depuis très longtemps dans le gras de ton encolure."
(Rêveur d'ours, Antoine Peillon)

Ours: la peau et les os

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par Stéphane Thépot

Le Muséum de Toulouse les a réuni pour l'éternité. Près de dix ans après leur disparition, Cannelle et Papillon sont présentés dans deux vitrines séparées d'une exposition qui ouvre ses portes au public le 11 octobre 2013. Ces deux ours emblématiques des Pyrénées ont disparu de leurs montagnes natales à quelques mois d'intervalles, durant l'année 2004.

Les vieux os de Papillon

Papillon, le grand mâle qui régnait depuis des décennies sur les vallées d'Aspe et d'Ossau (Pyrénées Atlantiques), a été retrouvé mort dans le département voisin des Hautes-Pyrénées. Perclus de rhumatisme, les dents usées, le vieil ours de 29 ans ne pesait plus que 90 kilos lorsque sa dépouille fut découverte le 25 juillet 2004.

Ni les plombs trouvés dans son cou, ni les traces de lindane toxique retrouvées dans son pelage, n'avaient réussi à lui faire la peau. Les concepteurs de l'exposition ont toutefois renoncé à naturaliser l'animal, préférant présenter ses vieux os dans une attitude « dynamique » à la manière du « mur des squelettes », l'une des principales attractions du Muséum toulousain depuis sa rénovation en 2008.

Papillon, qui ne se déplaçait pratiquement plus dans ses derniers jours, est présenté en train de courir. Délogé de son domaine béarnais par un ours plus jeune, rejeton des ours slovènes réintroduits dans les Pyrénées Centrales quelques années plus tôt, le vénérable plantigrade n'était plus que l'ombre de lui-même. Clochardisé, l'animal jadis si prudent ne s'attaquait plus qu'aux troupeaux de moutons sans bergers de la vallée de Luz Saint-Sauveur pour tenter de s'alimenter facilement. « Il ne mâchait même plus la viande, il l'aspirait », rapporte Gaëlle Cap-Jedikian, chef de projet de l'exposition.

La peau trouée de Cannelle

Cannelle, dernière femelle des ours autochtones du Béarn, était accompagnée de son ourson de l'année quand sa route a croisé celle de René Marquèze, le 1er novembre 2004. Ce chasseur d'Urdos de 68 ans a tué en ce jour de Toussaint la dernière chance des ours locaux de se reproduire. Son nom est pudiquement passé sous silence dans la courte notice présentant la dépouille reconstituée de Cannelle au public.

Le Muséum préfère mettre l'accent sur le travail son taxidermiste-maison qui a déployé des trésors d'inventivité pour reconstituer la fourrure de l'animal, endommagée par la balle du chasseur, les becs des vautours et les scalpels des vétérinaires-légistes. « J'ai été obligé d'utiliser un œil et la fourrure d'une autre ourse pour combler les trous », explique Brian Aiello.

L'ourse est exposée dans une vitrine, blanche comme une salle d'autopsie, en compagnie d'une ourse slovène et d'un ourson décédés de mort naturelle dans la montagne. Cette présentation, quasi-clinique, tranche avec les autres ours du monde entier présentés dans leur environnement naturel. Voudrait-on suggérer que les Pyrénées, singulièrement absentes de cette exposition, ne sont plus que le tombeau d'une espèce qui n'aurait plus sa place que dans un musée ?

Source : Journaliste sans papier

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